Quand la musique s’arrête

Reparlons de la Grèce en 2009 un instant.

.

 En quelques semaines, voire quelques jours, les taux sur les emprunts grecs à 10 ans sont passés de 5 % à 11 %, l’écart avec les taux allemands passant de 2% à 8%. Le détenteur d’une obligation grecque a donc vu son principal (son capital) chuter de 100 à 75, soit une perte de 25 %, ce qui est rude pour une obligation d’État. Soit il avait vendu avant, soit il était piégé comme un rat!

Remarquons cependant un phénomène très intéressant. Si nous regardons le graphique du bas qui nous donne l’écart de taux entre la Grèce et l’Allemagne19, on note que cet écart a commencé à augmenter à partir de l’été 2008,c’est-à-dire dix-huit mois avant que la crise ne devienne incontrôlable, ce qui laissait tout le temps nécessaire pour limiter les dégâts et vendre quand c’était encore possible.

Armé de cette nouvelle information, voyons où en est l’écart de taux entre la France et l’Allemagne.

La situation est – un peu – inquiétante.

Le rendement sur les obligations françaises, qui était dans le sillage de celui des obligations allemandes, est en train de s’en écarter lentement mais sûrement. Voilà qui devrait inquiéter Bercy! Cette tendance est symptomatique et montre que les plus prudents des rentiers sont d’ores et déjà en train de réduire leurs positions en France.

Extrait de « L’Etat est mort, Vive l’état! » Chapitre 8

Publicités

A propos IDLibertés

L ‘Institut des Libertés est un think tank indépendant. Constitué sous la forme d’un fonds de dotation (loi du 4 août 2008), l’Institut des Libertés est enregistré auprès de la préfecture de Paris. Notre souhait aujourd’hui au travers de l’Institut des Libertés est de tenter de proposer des pistes de réflexions libérales, sur des sujets aussi vaste que l’Economie, la Finance, les Sciences , la Littérature ou la politique. Sans tenter de professer un catéchisme ni d’influer politiquement, L'institut des Libertés se propose comme une plateforme de parole alternative ou tout un chacun serait libre de venir contribuer institutdeslibertes@gmail.com. Redonner enfin au libéralisme son vrai visage; non pas celui d’une finance sans foi ni loi mais bien celui du siècle des lumières, profondément humaniste et fervent défenseur des libertés individuelles.
Cet article a été publié dans Extraits de "L'Etat est mort ! Vive l'état", Graphiques. Ajoutez ce permalien à vos favoris.

3 commentaires pour Quand la musique s’arrête

  1. Ping : INFORMATION IMPORTANTE : Charles gave donnera une conférence demain le 28 septembre « le blog a lupus…un regard hagard sur l'écocomics et ses finances….

  2. José dit :

    Ce blog s’annonce très intéressant….
    Comment peut-on jouer la baisse des obligations émises par l’état français?

    • Cher Monsieur
      Il y a de nombreuses façons de jouer la baisse des obligations française
      1. Vous pouvez les vendre à découvert en utilisant le MATIF. Risque élevé
      2. Vous pouvez acheter une option de vente sur les obligations (put). Problème, durée limitée et risque de tout perdre. Avantage vous ne pouvez pas perdre plus que la valeur de départ de l’option.
      3. Si vous voulez jouer le risque de signature sur la France, achetez un CDS : Inconvénient, il faut être un spécialiste, vous pouvez être l’objet d’un appel sur marge, vous vous engagez pour 5 ans (en général)
      Ma préférence va a un put. Vous achetez et vous savez des le départ que vous pouvez tout perdre.

      Amicalement
      Charles Gave

Les commentaires sont fermés.