Article paru dans les Echos « L’Etat est mort, vive l’état »

8/11/10 | 07:00 | Yves Bourdillon

La faillite du « social-clientélisme » français

ECRIT PAR
Yves BOURDILLON

Yves BOURDILLON
Journaliste

La faillite du « social-clientélisme » français

Le propos. L’Etat providence à la française n’a plus équilibré un budget depuis… 1973. Il est passé d’un endettement quasi nul en 1980 à la troisième dette publique mondiale. Une « performance » sans équivalent en temps de paix et un scandale antidémocratique ; hors dépenses d’infrastructures ou de formation, la dette revient à une taxation des générations futures. L’Etat a été « capturé » par des groupes sociaux rentiers (administration, transports, éducation, santé) qu’il protège de la concurrence. Mais, bonne nouvelle, ce « social-clientélisme »

va disparaître. Bien que notée AAA par des agences de notation qui n’avaient pas prévu Lehman Brohters, la dette française s’approche du niveau (90 % du PIB dans deux ans) à partir duquel, au vu des antécédents historiques, une chute de la croissance structurelle

et une déconfiture financière sont inéluctables. Ce sera douloureux, mais l’occasion de rétablir l’Etat impartial et de réhabiliter l’entrepreneur.

L’intérêt. Sept mois après la crise grecque, un fantôme hante l’Europe : la dette publique. L’essai de l’économiste Charles Gave, sur le ton d’une conversation non dénuée d’humour, offre une grille d’analyse décapante sur le dévoiement d’une intervention publique pavée, comme l’enfer, de bonnes intentions. Inspiré de l’école du libre choix de Gary Becker, de la « destruction créative » de Schumpeter, ou des grands penseurs libéraux (Frédéric Bastiat, Friedrich Hayek), cet essai, argumenté et illustré de graphiques implacables, propose

des solutions pour libérer le capital humain de notre pays. Faute de quoi, ce sera (dans cinq-sept ans ?) une faillite dont il décrit les prémices et les conséquences.

La citation. «  On vit très bien en France, où la génération la plus stupide de l’Histoire (…) a déjà dépensé toute l’épargne accumulée par les générations précédentes pour ensuite emprunter l’épargne future de ses enfants. »

Y. B.

« L’Etat est mort, vive l’Etat », par Charles Gave, François Bourin Editeur, 162 pages, 19 euros.

http://www.lesechos.fr/opinions/livres/020907327311.htm

 

 

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3 commentaires pour Article paru dans les Echos « L’Etat est mort, vive l’état »

  1. Eric dit :

    Bonjour Charles,
    Je crois que malheureusement, comme on dit en Auvergne, dans le rugby: C’est plié.
    Depuis quelques temps, il ya quelque chose qui me tracasse et dont je voudrais vous soumettre:
    Lorsqu’ un pays a une croissance du PNB quasi nul sur plusieurs années, nous en concluons qu’il est rentré en stagflation.
    Mais si ce pays en contrepartie développe des activités à fortes marges au détriment des activités à faibles marges, nous pourrions si nous ne comparions pas des CA ou des PNB, mais des marges ou des valeurs ajoutées, avoir peut être une autre image de celui-ci.
    En conclusion, prenons nous toujours les bons outils statistiques, et ne devrions-nous pas tout simplement comparer la valeur ajoutée d’un pays au lieu du CA qui ne veut pas dire grand chose.
    Dans une entreprise, c’est bien la marge qui compte, car du chiffre qui ne rapporte rien, moi, personnellement, je le laisse au concurrent.
    Cordialement,
    Eric.

  2. Cher Monsieur
    Je suis absolument d’accord avec vous, et els autorites egalement
    Le PNB est la somme des valeurs ajoutees dans une economie
    Ce qui me gene, c’est que pres de 50 % du PNB est aujourd;hui d’origine etatique et que j’ai beaucoup de mal a savoir comment est calculee la valeur ajoutee dans un systeme ou il n y a pas de prix libre
    Apparament, ils prennent les salaires et introduisent -ou pas- une hypothese de productivite
    Donc si l’Etat embauche plus de gratte papier, le PNB monte
    Avec ce genre de raisonnement, on comprend mal pourquoi l’Union Sovietique a saute
    C’est pour cela que dans mon livre j’ai bien distingue entre le PNB marchand et le PNB etatique
    La difference entre les deux taux de croissance depuis trente ans donne froid dans le dos
    Et comme le PNB non marchand finance sa croissance par la dette, on est ramene au probleme de depart…
    Amicalement
    CG

  3. Eric dit :

    « Apparament, ils prennent les salaires et introduisent -ou pas- une hypothese de productivite »
    « La difference entre les deux taux de croissance depuis trente ans donne froid dans le dos »
    Malheureusement, vous avez raison, ça ressemble au type qui magouille son bilan pour faire bonne figure. Nous savons aussi comment ça se termine.
    LA FAILLITE…
    Donc en conclusion, comme personne ne peut prédire l’avenir avec certitude, je dirais que celle-ci est de plus en plus probable.
    Amicalement.
    Eric

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