Le grand retour des lumières

Il est difficile pour un libéral en France d’écrire sur l’Etat tant on attend de lui une condamnation sans appel  et sans nuances de ce que sont devenus nos Etats modernes.

En fait, les libéraux français se sont laissés enfermer depuis des décennies dans une espèce de jeu de rôle ou on les fait monter sur la scène pendant très , très peu de temps, en espérant qu’ils  sortiront quelques énormités qui  permettront de renvoyer la pauvre victime  vers le néant des « ultra libéraux », jusqu’ ‘au jour  bien sur ou on aura besoin de lui a nouveau pour discréditer derechef la pensée libérale.

Or, pour les penseurs du XVIII siècle le Libéralisme n’était que la traduction dans le domaine de la production et de la vente de principes généraux qui inspiraient leurs réflexions dans les  autres domaines.

Ils savaient en particulier et fort bien, que la Liberté de chacun peut s’exercer dans trois domaines essentiels a l’épanouissement de chacun.

  • La liberté politique  (droit de vote, élections libres, protection des minorités, sécurité juridique  contre l’Etat,…)
  • La liberté sociale (pas de religion d’Etat, liberté religieuse, liberté d’association droit de manifester, liberté de la presse…)
  • La liberté économique : chacun est libre de vendre son travail au prix ou il le souhaite et d’en utiliser les revenus comme il l’entend. Chaque homme est unique propriétaire des fruits de son travail et l’esclavage ne peut exister.. Ce qui nous amène directement au progrès technique comme solution unique à la demande d’une hausse du niveau de vie qui est bien ce que cherchaient les Lumières «  Le bonheur est une idée neuve en Europe (Saint Just).

Toute notre architecture intellectuelle, sociale, politique, diplomatique, juridique. Économique  vient de ce qu’il est convenu d’appeler les penseurs des Lumières qui créèrent ce foisonnement intellectuel incroyable en France, en Ecosse, en  Angleterre, aux USA  dans le courant du XV111 eme et XIX eme siècles et c’est de cette source que sortent toutes nos institutions et toutes nos Constitutions.

Nous sommes cependant en  France  devant paradoxe extraordinaire : Toute notre société politique et sociale se veut organisée selon les principes des Lumières, et s’en réclame sans cesse,   et pourtant nous rejetons avec violence la simple idée que ces principes puissent être appliquées dans le domaine de l’économie, c’est-à-dire que nous amputons les Lumières de toute la réflexion économique que ces génies ont mené a bien.

Et c’est la une contradiction totale.

Les philosophes de cette époque savaient et l’ont dit et redit que sans le droit de propriété, tous les autres droits ne peuvent exister. Le droit de propriété est pour eux antérieur et supérieur à l’Etat. On prétend donc en France sacrifier sur l’autel des lumières, mais on en refuse tout le fondement économique, en prétendant que l’Etat est supérieur à tout. Nous sommes en pleine schizophrénie intellectuelle et tous ceux qui le soulignent se font immédiatement anathématiser.

Le but de mon livre «  l’Etat est mort, vive l’état » est simplement d’essayer de comprendre pourquoi notre pays présente cette dislocation intellectuelle qui surprend toujours les étrangers mais dont les français en général n’ont même pas conscience.

Certes, je pourrai dire comme Raymond Boudon que les élites intellectuelles françaises n’aiment pas le libéralisme en économie parce que s’il existait en France, elles seraient payées à leur vrai valeur, mais il s’git la d’une boutade. L’explication que je donne est plus inquiétante. Le but de nos grands ancêtres était de faire sortir de l’Etat les religions organisées ou elles n’avaient rien à faire.

Le but ultime était donc un Etat neutre et laïc, exerçant avec majesté et impartialité ses fonctions Régaliennes de Justice, Diplomatie, Défense, Police et Administration du territoire.

Hélas, une nouvelle hérésie de l’ancienne religion qui avait été écarté non sans difficultés des sphères sociales et politiques vit le jour au XIX eme, sous le nom de Socialisme et elle revendiqua bruyamment son droit à réinvestir l’Etat, au nom de la justice sociale, remplaçant dans les consciences le salut éternel, par cette justice que seuls les clercs de la nouvelle religion pouvaient définir, bien entendu.

Le socialisme et les socialistes se virent octroyer le droit d’intervenir dans tous les domaines régaliens et l’Etat laïc disparut

Ma thèse est simple : un nouveau clergé a pris le contrôle de nos états. Comme presque toujours,  ce clergé nous explique que si nous l’entretenons suffisamment bien, il va nous faire connaître le Paradis  sur terre, dont nous ne bénéficions pas simplement parce que les méchants et les infidèles (définis comme toujours comme ceux qui ne croient pas eux) les en empêchent. D’où le goulag ou l’impôt progressif…

La ficelle est grosse, mais elle marche hélas et a chaque fois…

Le diagnostique du problème est donc posé : Une nouvelle religion a vu le jour et son personnel s’est infiltré partout ou l’ancienne religion avait sa place, c’est-à-dire auprès des pouvoirs politiques et sociaux, mais aussi dans l’enseignement et les services de santé, qui sont devenus de vrais fiefs ou nul ne peut espérer faire carrière s’il n’a pas au préalable   fait pas allégeance a nouvelle foi.

Et comme cette religion a colonisé l’Etat, elle dispose du monopole de la violence  dont ce dernier dispose pour lever les fonds nécessaires a l’entretien du clergé.

Les manants n’ont plus qu’a payer la Dime et la Gabelle…

Tout le monde se souvient de la gravure dans nos livres d’histoire d’un tiers état portant sur son dos le clergé et la noblesse. Nous y sommes a nouveau, le tiers état porte a nouveau le clergé et la noblesse sur son dos et on me demande pourquoi ça va mal. Demandez le a Montesquieu…

En effet, tous ces gens coutent très cher,  ne produisent rien, et le clergé socialiste ou étatique ne peut survivre que s’il continue à distribuer des prébendes  aux ordres mineurs, faute de quoi, il pourrait être renvoyé par les électeurs…

Que faire  pour garder le pouvoir? Continuer à acheter les votes de la majorité avec l’argent de la minorité, ce qui veut dire augmenter les impôts.

Embêtant à nouveau car au bout d’un certain temps trop d’impôts tue l’impôt.

Comment ne fâcher personne et rester au pouvoir ?

La réponse est simple : s’endetter puisque, contrôlant l’Etat, je contrôle sa faculté d’endettement. Autrefois, le seul moment ou un Etat pouvait s’endetter c’était pendant les guerres, puisque la survie de la Nation était en jeu. Rien de semblable bien sur depuis 1973, dernier budget en équilibre présenté par un premier ministre français mais un désir irrépressible d’acheter les voix des électeurs force a l’endettement.

J’ai appelé ce processus le « social clientélisme » tant il rappelle les pratiques ayant cours en Sicile…

Et plus l’Etat s’endette et croit, plus la croissance ralentit, et plus la croissance ralentit, plus les taux d’intérêt baissent et moins cela coûte de s’endetter. Merveilleux.  Le capitalisme finance à bon compte celui qui va le détruire.

La dette a en effet triplé depuis 1994 et le service de la dette (la seule chose qui figure dans le budget de l’Etat) est lui resté le même..

Hélas tout a une fin

Le deuxième but de ce livre est  en effet de montrer que nous arrivons a la fin de ce processus, que dans deux ans tout au plus une crise de la dette similaire à celles qui frappent la Grèce, l’Irlande, l’Espagne, l’Italie va submerger notre pays et que la seule solution sera de sortir ce clergé parasitaire de l’Etat, de rendre à nouveau ce dernier laïc et respectable, et que cela devra se faire par une redistribution massive a la population des biens d’église comme cela s’était passée au moment de la Révolution, les biens d’église étant constitués aujourd’hui comme chacun le sait par les secteurs de l’enseignement, des transports, de l’énergie, de la santé et des institutions de prévoyance (retraites), dont il va falloir rendre le contrôle aux français.

Tous ces secteurs ont été privatisés en Suède depuis 1992, après la faillite de l’Etat social-démocrate et la Suède croit depuis de 3 % paru, n’a plus de chômage ni de déficit budgétaire, les retraites sont capitalisées et prises a la carte et pas un Suédois ne veut revenir a l’ordre ancien

La même chose s’est passée au Canada à partir de 1994, la aussi quand le pays était au bord de la faillite.

Et je ne peux pas m’empêcher de penser « Vivement la faillite ! » pour que notre Etat redevienne laic.

Le plus tôt sera le mieux.

 

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A propos IDLibertés

L ‘Institut des Libertés est un think tank indépendant. Constitué sous la forme d’un fonds de dotation (loi du 4 août 2008), l’Institut des Libertés est enregistré auprès de la préfecture de Paris. Notre souhait aujourd’hui au travers de l’Institut des Libertés est de tenter de proposer des pistes de réflexions libérales, sur des sujets aussi vaste que l’Economie, la Finance, les Sciences , la Littérature ou la politique. Sans tenter de professer un catéchisme ni d’influer politiquement, L'institut des Libertés se propose comme une plateforme de parole alternative ou tout un chacun serait libre de venir contribuer institutdeslibertes@gmail.com. Redonner enfin au libéralisme son vrai visage; non pas celui d’une finance sans foi ni loi mais bien celui du siècle des lumières, profondément humaniste et fervent défenseur des libertés individuelles.
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24 commentaires pour Le grand retour des lumières

  1. Marc dit :

    je ne peux qu’être d’accord avec vous!….Mais je pense que ces dérives tiennent aussi au fait que les politiques, de droite comme de gauche, sont tous devenus des carriéristes (fini les politiques de conviction ) et que dans une démocratie, pour se faire réélire, il faut satisfaire la majorité des corporatismes et promettre aux électeurs le beurre et l’argent du beurre!..Je mettrais cependant un bémol au libéralisme, voyez ce qui se passe aux USA où les financiers de Wall-Street sont à nouveau devenus fous par cupidité (salaires et bonus à nouveau extravagants etc ) alors que l’état a pourtant sauvé (temporairement ! ) leurs banques et leurs Ets Financiers en faisant fonctionner la planche à billets à tout-va!…Hélicopter-Ben s’en donne à coeur-joie, devenant le « faux-moneyeur » le plus illustre de la planète !….il y a un socialisme fou mais aussi un capitalisme fou !….Pas facile de trouver le juste milieu !
    Bien cordialement .

    • Cher Monsieur
      Ce qui s’est produit a Wall Street n’a rien a voir avec le liberalisme
      Une caste financiere (Rubin) a pris le controle de l’Etat, et le trait, un peu comme chez nous les enarques
      C’est une maladie et les electeurs americains sont en train d’y mettre bon ordre
      Amicalement
      CG

  2. H20 dit :

    Bonsoir,

    Non, je ne suis pas d’accord avec le commentaire de Marc : il n’y a pas de libéralisme fou, il y a libéralisme point barre. Le libéralisme ne s’occupe pas de ce que gagne les traders en bonus ou salaires, ce qui l’inquiéterait d’avantage c’est si cela sortait de la poche du contribuable, or ce n’est pas le cas.

    Mais , M Gave, je vous trouve très optimiste : vous avez l’air de penser que la France, face à une faillite, sera dans l’obligation d’opter pour le libéralisme,
    mais enfin, admettons que le PS gagne 2012, ou le FN, ou même l’UMP tiens, admettons une panique générale face à une faillite, pourquoi ne pas opter alors pour économie encore plus administrée ?
    Hein ? Restructuration de la dette et centralisation à tout va, 75% des français seraient pour (avant qu’ils ne rendent enfin compte de la ruine générale et surtout de la leur) puisque que les français ont l’air d’avoir envie de toujours plus d’Etat, en tout cas, ceux à qui on pose la question ….
    Qu’en dites vous ??
    Vous avez diagnostiqué libéralisme , moi je parie sur communisme,
    De profundis
    😦

  3. Cher Monsieur
    La solution a laquelle vous pensez implique la fin de l’Europe politique, la disparition de toute influence etrangere pour la France, une chute du niveau de vie des fnctionnaires sans precedent dans l’histoire
    Rien n’est impossible, mais se suicider parceque l’on attrape un rhum me paraiit curieux
    Le chemin de la reforme n’est pas aussi difficile a emprunter qu l’on veut bien nous le dire
    La Suede, le Canada et bien d’autres ont fait ce qu’il faut
    pourquoi pas nous?
    il y faut un peu de courage sans plus
    cg

  4. JR dit :

    @H20 : Marc ne parle pas de « libéralisme fou » mais de « capitalisme fou », il y a une nuance mais elle est importante.

    Néanmoins, je partage votre point de vue pessimiste : je pense que les politiques chercheront avant tout à préserver l’Etat et leur pouvoir avant d’envisager des mesures drastiques de réduction « du mamouth ». On a pu voir la résistance de la classe politique la disparition des conseils généraux qui assurent des positions avantageuses à des Barons (Archevêques ?) locaux.

    En somme, je pense que la France adoptera comme premières mesures une augmentation forte des impôts :
    – augmentation de la CSG et élargissement de son assiette
    – augmentation des droits de successions
    – augmentation de la TVA d’un à deux points
    – etc…

    Cela retardera l’échéance… mais ne l’évitera pas (et rendra encore plus difficile la voie de la réforme profonde).

    • Jean Benoît dit :

      Sans parler des « grosses fortunes »…

      Je m’adresse aux Socialistes et à certains Centristes :

      Taxer de nouveau TOUS les français qui laissent quelques biens à leurs enfants ou/et à leur époux(se) survivant(e), après qu’ils aient payé des taxes et impôts toute leur vie, ce serait revenir sur un « droit social acquit ». Tandis que les riches peuvent payer ces droits de successions !

      Un appartement il y a 15 ans était exonéré de droits de succession en ligne directe en dessous de 300.000 Fr, un appartement dans l’ancien type F2 correspondait à cette somme. En 2010 avec cette somme, environ 45.000 euros, vous avez une ruine de 30m² à St pipi le Borgne…

      En réajustant à 150.000 euros la valeur non imposable en droit de succession, le pouvoir en place, (bien qu’il soit hautement contesté avec raisons), n’a fait que réajuster la valeur immobilière des droits de succession. Il est vrai que certains socialistes se foutent éperdument des gens qui ont bossé toute une vie, pour avoir leur appartement qui doit revenir à leurs enfants ou\et à leur conjoint survivant, sans que l’État vienne racketter les héritiers. Il est vrai également que Mr Bayrou, propriétaire de chevaux de courses considère que les héritiers sont des nantis …

      Imposer tout le monde sur la « Grande fortune » : Les Socialistes devraient rougir de honte s’ils font cela.

      Or les grosses successions sont toujours taxées, en dépit de la loi TEPA. Alors pourquoi envisager de faire éventuellement payer des droits de succession sur le malheureux pavillon, ou l’appartement que des parents laisse en mourant ? Ce serait une vilaine conception du socialisme !

      Quand on promet de donner « aux pauvres » il ne faut pas créer d’autres « pauvres » !

      Rassurez-moi, rassurez-nous ; vous ne prévoyez pas de mettre en place cette « injustice sociale » ?

      J’ai 72 ans et j’ai toujours travaillé, en partant très rarement en vacances. Je me suis privé toute ma vie pour économiser, pendant que d’autres vivaient au dessus de leurs moyens. Maintenant je possède un petit appartement, ainsi que deux studios. Si je décède avant la personne qui partage ma vie depuis presque trente années ; cette personne, (plus jeune que moi), n’aura que les revenus de ces habitations pour pouvoir survivre très modestement, (dont environ 50 pour 100 partiront dans les impôts, les taxes et les diverses charges, ect…). Elle ne pourra pas payer des droits de succession. Car pour cela elle devrait vendre un studio et ce qu’il lui resterait en locations, ne suffirait plus pour lui permettre de survivre comme nous l’avons prévu. Elle perdrait ce qui lui ferait un « minimum vital ». Sans cela elle se retrouverait à devoir vendre le studio restant, puis l’appartement et quelques années après, lorsque l’argent aura fondu ; elle dépendra complètement de l’état, comme une pauvre misérable, ou elle finira dans la rue ! (Je n’exagère rien).

      Comprenez ma terrible angoisse, bien que nous ayons toujours votés pour les Socialistes.

  5. prime dit :

    le pire serait une petite réforme, après une petite réforme, après une petite réforme à chaque fois sous la pression des marchés qui semblent se contenter à chaque fois d’un « petit os ». l’évolution se ferait à mimima et s’étalerait indéfiniment sans que soit jamais remise en cause la religion socialiste.
    à votre avis, peut-on envisager ce scénario? si oui avec quelle probabilité?

    • cher monsieur
      Les petites reformes. c’est ce que nous faisons depuis trente ans
      Toute la these de mon livre est que ce temps se termine
      Il va falloir faire des reformes ou faire faillite
      cg

      • YP dit :

        Bonsoir monsieur Gave,

        Pardonnez moi de nuancer votre optimisme, mais concernant la société française, je fais les constats suivant :

        1/ Nous sommes une démocratie (tout du moins, il y a régulièrement des élections, et aucun homme providentiel en vue.)
        2/ Les fonctionnaires et les assistés (donc ceux qui perçoivent leur revenus de l’état et n’ont aucun intérêt dans une réforme) sont majoritaires. J’ajoute que la meilleure presse du monde franco-français étant massivement subventionnée, on peut la considérer comme faisant partie du « secteur communiste », et n’a aucun intérêt dans une réforme.
        3/ Nous disposons dans ce beau pays, de politiciens absolument compétents… Dans le domaine de la promotion de voies alternatives aux efforts (« un autre monde est possible ».) Par ailleurs, le point 2 implique que l’immense majorité des électeurs de ce pays sont particulièrement réceptifs à ce genre de discours « alternatif ».

        J’en déduis que si les français ont l’occasion de faire un choix entre des réformes ou la faillite, ce sera la faillite (et s’ils n’ont pas le temps de faire ce choix, leurs élus, dont le courage est une vertue reconnue, choisirons cette option.)

  6. H20 dit :

    @ JR,
    oui, vous avez raison, Marc parlait bien de capitalisme fou, ce qui m’a un peu perturbé c’est cette phrase « alors que l’état a pourtant sauvé (temporairement ! ) leurs banques et leurs Ets Financiers en faisant fonctionner la planche à billets à tout-va »
    où l’on doit se souvenir que c’est L’Etat qui est directement responsable de la crise des subprimes,
    et que je ne suis pas sure actuellement que la FED fasse marcher à plein la planche à billets, c’est, il me semble plus complexe que cela.

    sinon, pour répondre à M C. Gave et à vous aussi JR,
    M Gave ecrit :
    « Rien n’est impossible, mais se suicider parce que l’on attrape un rhum me parait curieux »
    Et moi j’ai envie de répondre que nous n’avons en France aucun responsable politique suffisamment courageux pour dire la vérité aux français, et donc aucun politique assez courageux pour prendre les mesures qui s’imposeraient .
    Alors bien sur, nous allons avoir des hausses d’impôts , je suis d’accord avec vous JR, mais comme nous sommes déjà plus qu’au max de ce point de vue là, ça va bien entendu faire empirer encore les choses, et ça engendrera toujours des catastrophes.

    Et qui va etre accusé à la fin, quand la faillite sera là ?
    Eh bien amha, le méchant ultralibéralisme mangeurs d’enfants,
    les Français sont amoureux de L’État providence, les syndicats contrôlent la politique en plein accord avec nos médias (merdias),
    je suis désolée, j’admire vos analyses M Gave mais je ne partage pas votre optimisme, je n’y arrive pas,
    et je souhaite vraiment me tromper, ô que oui !

  7. JR dit :

    Nous en parlions… voici donc une taxe sur l’innovation et la productivité : http://www.journaldunet.com/ebusiness/commerce/marc-lolivier-interview-de-marc-lolivier.shtml

    Aussi vaut-il mieux que les entreprises commandent par pigeons voyageurs ?

  8. CANDIDE dit :

    Nous avons depuis longtemps abandonné le Siècle des Lumières pour entrer dans celui des Sirènes et cela pour une raison à mon sens extrêmement simple : c’est que le peuple français est maintenu dans une inculture économique affligeante.
    Quel est l’élève du secondaire qui, ayant acquis ses Humanités, connaît les rouages du monde économique dans lequel il va être plongé ? Guère, je le crains…
    De cette inculture, il en résulte une peur que ceux qui nous gouvernent, de quelques bords qu’ils soient, entretiennent savamment tout en cherchant à nous rassurer par d’habiles promesses ; sans avouer, bien sûr, qu’elles ne pourront jamais être tenues. (C’est la faute à …et vous mettez ce que vous voulez derrière.)
    J’ai lu avec beaucoup d’intérêt votre livre « L’Etat est mort, Vive l’état » et écouté vos interventions sur le Net. Toutefois, je ne suis aussi « optimiste » que vous. Je serais plutôt de l’avis de Jacques RAIMAN que vous devez connaître et qui disait lors de la réunion du 27 Octobre 2010 à l’Institut Turgot : « que de toutes manières, l’épargnant sera ruiné ». En effet, si aujourd’hui, nous, Tiers-Etat, croulons sous le poids « d’un clergé parasitaire de l’Etat », en nous libérant de son joug – si jamais on y arrive ? – nous ne pourrons rien attendre de la distribution des biens de cette église, car il n’y aura rien à partager sinon des dettes et qu’il faudra repartir de zéro.
    Les Temps à venir seront durs et cruels.
    Je m’interroge tout de même sur un point : Pourquoi, alors que la médiocrité pour ne pas dire la nullité envahit les médias, il n’est pas ouvert un créneau sur le petit écran, pour une formation économique intelligente, loin des invectives habituelles ?

  9. ERIC dit :

    Bien sur, les temps vont devenir durs et cruels.
    Mais cela me parait la juste récompense pour un peuple dont les citoyens pensent que l’on peut vivre sur les autres, souvent appelés les riches (personnellement, je ne sais pas qui sont les autres, ou les riches, car je crois qu’on est toujours l’autre ou le riche de quelqu’un).
    Un peuple qui négocie à ce point sa liberté, et qui mets sont destin dans les mains de voleurs ne mérite pas mieux. Les français ont voté à chaque fois non pas pour un président, mais pour un père noël. Leurs comportements ressemblent plus à des enfants gâtés plutôt qu’à des adultes. La génération de 68 comme dit Charles GAVE porte une très lourde responsabilité devant l’histoire.
    Juste pour l’anecdote : De passage à HK, il ya quelques mois, un chinois de Hong Kong (qui se dit chinois de tout temps mais qui n’aime pas les communistes), me dit : Nous ici, les gens qui ne veulent pas travailler, c’est leur problème, nous les regardons pas.

  10. ERIC dit :

    @Charles GAVE
    Le précédent post était un défouloir, ça ne rapporte pas grand-chose, mais çà fait du bien.
    Monsieur GAVE, je voudrais rappeler que depuis de nombreuses années, quant vous développiez la théorie des entreprises plateformes, quant votre livre servait de cours dans les universités américaines (Duke etc.), quant vous expliquiez techniquement que l’euro était inévitablement condamné, il y avait beaucoup de monde à cette époque qui vous trouvez excessif.
    Etant convaincu par votre discours de réflexion technique, et parfois reprenant votre démonstration dans quelques conversations que j’avais avec des chefs d’entreprises ou des politiques, je paraissez pour le type sympa, mais farfelu.( vous n’y pensez pas, remettre en question l’euro! c’était comme remettre en question notre modèle social ) Et bien maintenant, ça m’amuse beaucoup de voir que la vérité finit toujours pas triompher et que les causes produisent toujours les mêmes effets.
    Revenons aux choses sérieuses et aux questions techniques.
    Si nos économies sont toutes imbriquées les unes aux autres, les défauts de certaines banques ou états, ne vont-ils pas entrainer les défauts des autres ?
    Exemple : j’apprends que les banques Australiennes ont beaucoup d’engagements dans les obligations de certains pays européens.
    Pouvons-nous aller vers un chaos économique global par effet de dominos ?

    • Cher Monsieur
      Merci de vos commentaires.
      Je vois que vous me connaissez bien et que vous me suivez depuis longtemps
      Le vrai probleme aujourd’hui est que nous sommes en train de passer d’une crise de l’endettement des Etats a une crise bancaire
      Je m’explique
      Il n’y a pas un seul directeur financier dans une seule entreprise ou qu’elle soit dans le monde qui va laisser des depots dans une banque en Irlande, Grece, Portugal , Espagne
      Un pays comme le Portugal ne peut fonctionner si ses banques ne reussissent pas a se financer en dehors du pays
      Nous rentrons donc dans des temps tres troubles et il est tres probable que les indices boursiers, en particulier en Europe vont baisser
      A l’interieur de ces indices, va continuer la dispersion entre d’un cote les valeurs proches de l’Etat et que l’on a force a acheter des papiers de mauvaise qualite (Grece etc…) grace a une reglementation qui rendiat equivalente la dette Grecque et la dette Portuguaise et de l’autre les actions de societes non soumises a des reglementations etatiques
      Dans les premieres je mets les financieres et les services publics, de l’autre les grandes valeurs de la cote du style LVMH, Air Liquide, Essilor, Total etc..
      Elles baisseront aussi, mais elles ne sont pas trop cheres et elles representent une vraie valeur, et remonteront quand la poussiere sera retombee.
      Quand l’Argentine a saute, ceux qui avaient des obligations ont tout perdu.
      Ceux qui avaient des actions ont retrouve leur pouvoir d’achat international trois ans plus tard.
      Si vous le pouvez, vous pouvez aussi acheter des protections du style CDS sur la France
      Investir dans un bon hedge fund europeen « long short’ devrait etre tres rentable
      Votre cash doit etre conserve soit en dollar US soit dans une monnaie du sud est asiatique du type dollar de singapour
      Je ne suis pas certain que cette crise soit la crise finale de l’euro.
      Les fous qui nous ont amene dans ce desastre vont essayer par tous les moyens d’empecher que la realite ne l’emporte
      Mais en tout cas, tout le monde sait que l’euro n’est pas viable aujourd’hui, et c’est cette conviction qui doit soustendre vore politique d’investissement
      Amicalement
      CG

      • Cher monsieur
        Je complete ma reponse
        Oui, il va y avaoir un effet de domino, en particulier sur les financieres
        Il faut etre le plus loin possible des finacieres partout et le plus loin possible de l’Europe geographiquement
        Amicalement
        CG

  11. prime dit :

    cher monsieur Gave, ne pensez vous pas que lorsque la crise de la dette sera à son paroxisme, et donc avant que la necessité des réformes n’apparaisse contraignante, nous allons vivre dans un premier temps un effondrement du marché des actions, non seulement dans les pays concernés par la faillite, mais aussi de l’ensemble des indices boursiers?

    • Cher Monsieur
      C’est en effet une hypothese probable, et plus nous mettrons du temps a nous reformer, plus sa probabilite augmente
      Certains actifs baisseront et remonteront ensuite vesr leurs vraies valeurs, certaines qui n’ont de valeur qu’a cause des interventions gouvernmentales ne reonteront jamais
      Il faut bie reflechir, valeur par valeur et n’etre investi que dans les premieres.
      les obligations d’etat font a l’evidence partie des secondes
      Amicalement
      cg

  12. éric dubo dit :

    bonjour.La FED veut absolument que l’inflation reparte (ce qui semble sur le point de réussir)…pensez vous que l’élection de mi mandat va changer cette politique ? est ce la seule solution sinon laquelle ? merci

  13. prime dit :

    cher Monsieur, vous avez un grand don pédagogique, celui d’exposer avec clarté ce que nous ressentons tous, y compris les bénéficiaires du social clientélisme qui doivent confusément ressentir le danger, ce qui expliquerait que les plans très sévères mis en oeuvre en grèce, au portugal, en irlande soient appliqués sans explosions sociales.
    l’espagne aussi fait de gros efforts présentement. pensez vous que toutes ces réformes soient à la hauteur du problème?
    merci à vous, bon courage.

  14. Petrone dit :

    Cher Monsieur GAVE,

    Il me semble que presque tout est dit.

    Peut être devrions nous tous retenir qu’un peuple a les dirigeants qu’il mérite non?

    J’aime mon pays, il m’a tout donner. Je ne peux malheureusement m’empêcher de penser que cela va être dur, très très dur de le relever au niveau auquel il peut légitimement prétendre (lire EZRA SULEIMAN entres autres)

    En discutant autour de moi je constate que la majorité ne veux rien changer, que tout le monde veut voir ses enfants finir fonctionnaire par exemple (vous avez raison il sont intelligent).

    Finalement tout va très bien madame la marquise!!!

    La solution?

    1/Siffler la fin de la récréation (fini la dette, fini les salaires disproportionnés des petits chefs de toutes les administrations….pour un travail fournit somme toute très nul). Ce que le monde financier va faire.

    2/Une fois que la nouvelle religion (bien trouvé by the way!!!) aura été renversée, enseigner véritablement l’économie dans notre pays.

    3/Laisser le privé faire là ou l’Etat n’a pas sa place.

    Cependant quel homme politique va faire cela? Notre peuple en a til seulement envie???

    Ce que je sais c’est que quand l’argent manque les idées viennent très vite. MAintenant, je ne me fais pas trop d’illusion. Il nous manque les meneurs… ou l’envie!

    Je pense que vendeur de poudre me semble un métier d’avenir.

  15. Petrone dit :

    Cher Monsieur GAVE,

    Il me semble que presque tout est dit.

    Peut être devrions nous tous retenir qu’un peuple a les dirigeants qu’il mérite non?

    J’aime mon pays, il m’a tout donner. Je ne peux malheureusement m’empêcher de penser que cela va être dur, très très dur de le relever au niveau auquel il peut légitimement prétendre (lire EZRA SULEIMAN entres autres)

    En discutant autour de moi je constate que la majorité ne veux rien changer, que tout le monde veut voir ses enfants finir fonctionnaire par exemple (vous avez raison il sont intelligent).

    Finalement tout va très bien madame la marquise!!!

    La solution?

    1/Siffler la fin de la récréation (fini la dette, fini les salaires disproportionnés des petits chefs de toutes les administrations….pour un travail fournit somme toute très nul). Ce que le monde financier va faire.

    2/Une fois que la nouvelle religion (bien trouvé by the way!!!) aura été renversée, enseigner véritablement l’économie dans notre pays.

    3/Laisser le privé faire là ou l’Etat n’a pas sa place.

    Cependant quel homme politique va faire cela? Notre peuple en a til seulement envie???

    Ce que je sais c’est que quand l’argent manque les idées viennent très vite. MAintenant, je ne me fais pas trop d’illusion. Il nous manque les meneurs… ou l’envie!

    Je pense que vendeur de poudre me semble un métier d’avenir non?

  16. El oso dit :

    Le grand retour des lumières…
    En France?
    Vous, M. Gave, éclairez notre lanterne, certes, mais quand on considère l’échiquier politique, on ne voit guère quel parti, ou quelle alliance de partis, pourrait mener à bien les réformes nécessaires.
    Nos énarques sont certes très forts, mais ils ne comprendront jamais les réformes de la Suède. Comment pourraient-ils vouloir un état modeste et transparent?
    Quant au bon peuple de France, anesthésié par plus de 60 ans d’état-providence, comment pourrait-il voter pour la responsabilité et les risques de l’entreprise?
    L’exception française existe bel et bien…Cela me rappelle le village d’Astérix et d’Obélix…hélas sans potion magique…

  17. Cher Monsieur
    Bien sur, vous avez raison.
    Mais j’ai vu Margaret Thatcher arriver apres Callaghan , j’ai vu Ronald Reagan arriver apres Jimmy Carter. Les peuples savent se debarassser de leus elites incompetentes quand il le faut.
    En general, cela se passe apres une perte de souverainnete du style le FMI a Londres ou les otages americains en Iran
    Le FMI sera en France dans deux ans, d’ou mon optimisme
    Amicalement
    CG

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