PERDUS ? Article à paraitre dans le JDF de Charles Gave

Les lecteurs  doivent se sentir un peu perdus. Par définition, le lectorat de ce blog est constitué de gens qui s’intéressent à la finance et qui veulent gérer leur épargne de la  façon la plus rationnelle possible.Cette épargne, toujours par définition, est mesurée dans la monnaie qui a cours légal en France, c’est à dire l’Euro aujourd’hui.

Or cet Euro, on leur dit qu’il pourrait disparaitre. Que faire quand l’étalon de valeur avec lequel vous mesurez votre portefeuille devient suspect? Telle est la question.

Pourtant, on leur avait garanti que l’Euro allait nous assurer une convergence des économies européennes, une croissance plus forte qu’auparavant, une protection contre les folies monétaires trouvant leur origine outre Atlantique, une baisse du taux du chômage, des déficits budgétaires sous contrôle et j’en oublie sans aucun doute. Bref, les génies qui nous gouvernent avaient trouvé la pierre philosophale qui allait transformer le plomb  des dépenses étatiques Grecques ou Françaises  en or de prospérité perpétuelle.

Hélas, à l’évidence, il n’en est rien. Comme le disait Saint Paul : pourquoi faut-il que mes actions arrivent toujours au but inverse de celui que j’ai recherché? » C’est la seule Loi en économie qui fonctionne toujours et partout, la loi des conséquences inattendues… En fait, les créateurs de l’Euro ne se sont pas rendu compte qu’ils créaient ce que Rueff appelait des « faux prix » partout et que ces faux prix avaient déclenché des flux de capitaux gigantesques qui ont été se coller dans des endroits où ce capital est en voie de destruction, puisqu’investi sur un faux prix.

L’exemple parfait est, bien sûr, l’immobilier Irlandais ou Espagnol financés par des emprunts que nul ne peut rembourser, ce qui fout en l’air tous les systèmes bancaires européens. Les banques allemandes auraient, parait-il, 190 milliards d’Euro de prêts sur les banques Irlandaises, qui ont elles mêmes prêté à l’immobilier Irlandais, lequel à baissé de moitié. De même pour l’Espagne.Les banques allemandes ont en fait prêté massivement à l’immobilier Irlandais, sans même le savoir.Comme le disait Stuart Mill, le grand logicien anglais du XIX siècle : « ce qui déclenche un crash, ce n’est pas la perte de l’argent, c’est la réalisation que l’argent à été perdu il y a longtemps déjà ».

Nous y sommes.

Je n’ai pas la moindre idée de la façon dont tout ce désordre va être résolu.Je ne suis même pas sur qu’il existe des solutions techniques à ce qui est un problème fondamental.On ne peut pas faire coexister dans un système de taux de changes fixes des pays qui ont des productivités différentes.Qu’une réalité aussi simple n’ait pas été perçue par les créateurs de l’Euro dépasse l’entendement…Devant ce désastre inéluctable, mon seul  but dans tous les articles  que j’ai consacré à l’inévitable crise à venir de l’Euro a toujours été le même: aider les lecteurs à se bâtir un portefeuille qui passerait au travers de cette crise sans trop de dégâts.

Et ce portefeuille est resté le même depuis longtemps.

Pour les actions.

En Europe :

Eviter tout ce qui est proche des Etats: obligations, banques, compagnies d’assurance, services publics d’électricité

Acheter tout ce qui a au moins 50% de son chiffre d’affaires en dehors d’Europe

En dehors de la zone euro :

Avoir une part importante de ses actifs en actions à  Singapour ou HK ou dans les belles valeurs technologique US.

Pour le revenu fixe :

Conserver son cash en couronne Suédoise, en Franc Suisse, en dollar Canadien, voir en Dollar US, surtout depuis la dernière élection

Pour les obligations, ne les avoir qu’en Asie, plutôt a 5 ans ou en dessous ou a la rigueur en Suède, en Suisse ou encore au Canada et éviter tous les risques souverains du sud de l’Europe.

Un portefeuille qui aurait eu 50% de valeurs exportatrices européennes, 30%. D’obligations Suédoises ou Suisse et 20 % de cash en couronne suédoise ou en FS serait en hausse sensible cette année.

Honnêtement, il commence à y avoir beaucoup d’actions pas chères dans les secteurs proches des Etats, mais je n’ai pas le courage de les recommander.

Il s’agit d’une spéculation, et non d’un investissement et je ne sais pas spéculer.

Le but pour le lecteur  reste le même: préserver son capital dans une période qui risque d’être très troublée pour pouvoir le déployer plus agressivement lorsque le moment sera venu.

Pour l’instant, j’attends avec ma poudre bien sèche…

Je laisse les génies qui ont monte ce système trouver une solution autre que la disparition de ce que j’ai appelé un Frankenstein financier.

Mais honnêtement, j’ai mes doutes.

 

C.G

 

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A propos IDLibertés

L ‘Institut des Libertés est un think tank indépendant. Constitué sous la forme d’un fonds de dotation (loi du 4 août 2008), l’Institut des Libertés est enregistré auprès de la préfecture de Paris. Notre souhait aujourd’hui au travers de l’Institut des Libertés est de tenter de proposer des pistes de réflexions libérales, sur des sujets aussi vaste que l’Economie, la Finance, les Sciences , la Littérature ou la politique. Sans tenter de professer un catéchisme ni d’influer politiquement, L'institut des Libertés se propose comme une plateforme de parole alternative ou tout un chacun serait libre de venir contribuer institutdeslibertes@gmail.com. Redonner enfin au libéralisme son vrai visage; non pas celui d’une finance sans foi ni loi mais bien celui du siècle des lumières, profondément humaniste et fervent défenseur des libertés individuelles.
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17 commentaires pour PERDUS ? Article à paraitre dans le JDF de Charles Gave

  1. BA dit :

    Le Portugal emprunte des milliards d’euros sur les marchés internationaux.

    Mercredi 20 octobre 2010 : pour un emprunt à un an, le Portugal a dû payer un taux d’intérêt de 2,886 %.

    Deux semaines plus tard, mercredi 3 novembre 2010 : pour un emprunt à un an, le Portugal a dû payer un taux d’intérêt de 3,260 %.

    Quatre semaines plus tard, mercredi 17 novembre : pour un emprunt à un an, le Portugal a dû payer un taux d’intérêt de 4,813 % !

    Six semaines plus tard, mercredi 1er décembre : le Portugal a dû payer un taux d’intérêt de … 5,281 % !

    (Par comparaison, pour un emprunt à un an, la France doit payer un taux d’intérêt d’environ 0,848 %, l’Allemagne doit payer un taux d’intérêt d’environ 0,686 %.)

    Plus les jours passent, plus le Portugal emprunte à des taux d’intérêt de plus en plus exorbitants.

    Plus les jours passent, plus le Portugal se surendette.

    Plus les jours passent, plus le Portugal se rapproche du défaut de paiement.

  2. Aurelienr dit :

    Wow, quel billet ! Merci de partager vos opinions avec nous.

    Vous ne parlez pas du zloty, pensez-vous que tout ce que l’on a pu lire et entendre au sujet de la Pologne est erroné?

  3. Bonsoir, vous pensiez à quoi…. je traine assez peu sur les marchés d’Europe de l’est, bien que je porte une grande tendresse de coeur à ce pauvre pays qui a tant souffert au travers des âges et qui nous a donné un Pape qui a le force de sa volonté a fait s’effondrer les muraille du communisme.

    La Pologne, pauvre d’elle, est un peu comme la philosophie. Embrumée, nébuleuse et les allemands passent leurs temps à vouloir l’envahir :-))

  4. BA dit :

    L’Espagne emprunte des milliards d’euros sur les marchés internationaux.

    Jeudi 7 octobre 2010, l’Espagne avait lancé un emprunt à trois ans. L’Espagne avait dû payer un taux d’intérêt de 2,527 %.

    Deux mois plus tard, jeudi 2 décembre 2010, l’Espagne a dû payer un taux d’intérêt de … 3,717 % !

    (Par comparaison, pour un emprunt à trois ans, la France doit payer un taux d’intérêt d’environ 1,272 %, l’Allemagne doit payer un taux d’intérêt d’environ 1,069 %.)

    Plus les jours passent, plus l’Espagne emprunte à des taux d’intérêt de plus en plus exorbitants.

    Plus les jours passent, plus l’Espagne se surendette.

    Plus les jours passent, plus l’Espagne se rapproche du défaut de paiement.

  5. Jacques dit :

    Un grand merci M. Gave pour prendre le temps de répondre à nos nombreuses questions.

  6. Houdan Michel dit :

    Bonjour,

    Encore merci pour ce billet.

    Comment fait-on pour acheter des obligations en Asie ou au Canada? Y-a-t-il des OPCVM ou trackers? Faut-il changer de banque? Demander au guichet et quoi demander?

    • philippe dit :

      merci pour cet article mais quelle societe ou banque peut organiser un tel portefeuille sur mesure.

      • Cher Monsieur
        A dire vrai, en France je ne sais pas, vivant a Hong-kong
        Allez faire un tour sur le site de la societe que je preside
        www. gavekal.com
        tapez sur l’icone afferante a la gestion
        et vous verrez que nous gerons deux fonds, le premier correspondant aux belLes valeurs technologiques americaines ou europeenes, le second un fonds obligations-actions asiatiques
        Ces deux fonds sont de droit Europeen, aurorise par les autorites boursieres en France et un placement 50 , 50 entre ces deux fonds correspond assez bien a la strategie que je recommande en ce moment
        En aucun cas je ne vous demande cependant d’acheter ces fonds. J’essaie de repondre a votre question qui est legitime.
        Vous devez les analyser pour savoir s’ils correspondent a vos besoins et vous trouvrz tous les elements necessaires sur le site
        Bien sur la decison finale vous appartient
        CG

  7. Ping : Les investisseurs rêvent encore mais TINA n’a plus 20 ans par Geert Noels « le blog a lupus…un regard hagard sur l'écocomics et ses finances….

  8. raphael dit :

    Vus citez le canada, mais que pensez vous de l’australie?

  9. Dollar australien trop cher
    Cg

  10. Dex dit :

    Bonsoir Monsieur Gave,

    Tout d’abord, un grand merci pour… l’ensemble de votre oeuvre.
    Je prends grand plaisir à vous lire une semaine sur deux dans le JDF, et apprécie vos livres, accessibles au profane et agréables à lire.

    Je me rappelle d’un article du mois dernier dans le jdf, ou vous disiez attendre beaucoup des élections US (l’article anticipait la victoire républicaine). Vous le rappelez d’ailleurs dans cet article, vers la fin : « …voir en Dollar US, surtout depuis la dernière élection ».

    L’accord entre le président Obama et les républicains de ces derniers jours, que n’aurait pas renié un Keynes au meilleurs de sa forme (entre 700 et 800 milliards de relance supplémentaire quand même) vous fait-il revoir votre position à court-moyen terme sur les US, ou voyez-vous au contraire, ce à quoi vous vous attendiez dans ces mesures ?

    En vous remerciant par avance.
    Bien cordialement,
    Un fidèle lecteur.

  11. Anonyme dit :

    Bonjour et bravo pour vos livres et votre site.

    Une question concrète : si on veut avoir comme vous le préconisez une partie de son épargne en dollars US ou en Francs suisses, peut-on le faire dans une banque française, (et doit-on le faire alors qu’elle peut éventuellement faire faillite ou être l’objet de mesures de confiscation de l’État français?).

    Par ailleurs, vous avez dit sauf erreur à plusieurs reprises que vous ne croyiez pas à une reprise de l’inflation (qui permettrait de payer les créanciers en monnaie de singe). Avez-vous toujours le même avis? Si la France sort de l’euro (ou l’Allemagne, ce qui revient au même), n’y aura-t-il pas un renchérissement de nos importations et des tendances inflationnistes? Que penser en ce cas d’emprunter à taux fixes (très bas aujourd’hui), pour de l’immobilier par exemple?

    Bonne continuation!

  12. Henri dit :

    La Pologne pauvre ? En 2010 ?

    Et bien, dire que nous avons internet, donc le savoir gratuit sur google.com …

    Comme grand homme, vous êtes mal informé donc peu CREDIBLE.

  13. El oso dit :

    Bonjour,
    A propos du placement préféré des français, après le livret A, l’assurance-vie, je suppose que le fonds en euros est bourré d’obligations d’état, on ne sait trop lesquels, mais on peut supposer qu’il y a bien des européens parmi eux.
    Cela est-il dangereux à quatre ans?

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