Indispensable Modestie…Article à paraitre de Charles Gave

Dans une des pièces de Shakespeare (Hamlet ?), on trouve la fameuse phrase, que je cite de mémoire. « Mon cher Horatio, il y a sous la surface des choses visibles bien des choses que nous ignorons » .

Quand je considère les marchés financiers et les commentaires que je peux en faire, ce rappel a la modestie me revient souvent a l’esprit

Considérons la position que j’ai sur l’EuroLand depuis plusieurs années.

L’euro était (d’après moi) un Frankenstein financier qui nous amenait tout droit a la plus mauvaise allocation  dans l’histoire de l’Europe de ce bien rare entre tous qu’est le capital.

Pour des raisons que j’ai longuement expliqué dans mes livres ou mes articles, il allait nous amener a un surendettement des états les plus faibles et a trop de maisons en Espagne, trop d’usines en Allemagne, trop de fonctionnaires en Grèce ou en France , chacun se spécialisant la ou il avait un avantage comparatif.

Les conclusions que j’en tirai étaient simples : éviter toutes les obligations des états les plus faibles, éviter les financières partout en Europe puisqu’elles sont le lien entre les marchés et les états faibles et concentrer ses placements actions en Europe sur les sociétés qui avaient plus de 50 % de leur chiffre d’affaire en dehors d’Europe et ne pas hésiter a avoir une part importante de ses actions dans des sociétés  cotées en Suède, a Singapour, a Hong-Kong, au Canada, aux USA. Tout ceci était fort logique et dans le fonds assez conforme a ce qui s’est passé . Dix ans après le début de l’euro, trois états européens sont en faillite, deux autres vacillent et le budget de l’état français est dans une situation tellement critique qu’il est a peu prés certain que le prochain Président en France entamera son quinquennat accompagnée par une dégradation de la note de la dette française. Les bourses de l’Euroland de leur coté  ont fait beaucoup moins bien depuis quelques années que les marchés mentionnés plus haut et les valeurs exportatrices ont surperformé massivement les bancaires ou les valeurs domestiques en Europe.

Pourquoi  donc suis en train de ressentir  ce besoin irrépressible et soudain d’être modeste alors que dans le fonds les conseils ont été convenables.

Simplement a cause du taux de change Dollar Euro.

Si j’avais dit au lecteur il y a trois ans que trois états seraient en faillite, que la BCE avait été obligée de financer les déficits budgétaires (monétisation de la dette publique par la banque centrale), ce qui était formellement interdit par les traites européens, que les systèmes bancaires étaient au tapis en Irlande, au Portugal, en Allemagne, en Belgique et que je lui avais demandé ou a son avis serait le cours de change euro /dollar , il m’aurait sans doute dit aux alentours de 1 euro par dollar et c’et ce a quoi je me serai attendu aussi.

Point du tout, nous sommes au dessus de 1.43 dollar par euro  et je suis vexé…

Devant une telle erreur il y a trois attitudes possibles

1.       Les marchés ont tort et j’ai raison, ce qui est la façon la plus rapide de se ruiner.

2.       Je n’y comprends rien et je pars en vacances, c’est ce que recommande Warren Buffer, « quand je ne comprends pas, je ne joue pas »

3.       Admettre que l’analyse de départ n’était pas parfaite et recommencer a réfléchir, ce qui suppose une certaine modestie (voir plus haut), ce que j’essaye de pratiquer le plus souvent possible, mais il est difficile de savoir ou commence le caractère et ou finit l’entêtement.

La question lancinante est donc simple : qu’est que j’ai loupé dans ma réflexion ?

A l’évidence, peu sur l’Europe puisqu’a peu prés tout ce a quoi je m’attendais s’est produit, ce n’est donc pas du cote européen qu’il faut chercher mon erreur de réflexions.

C’est donc du coté Américain.

« Bon sang, mais c’est bien sur » va me dire le lecteur.

La réalité c’est que la politique monétaire de la Fed  a l’heure actuelle atteint des niveaux d’irresponsabilité que je considérais il y a un an ou dix huit mois comme inenvisageable et pourtant c’est-ce qui s’est passé . Je n’avais aucune confiance dans l’administration Obama, mais je gardais une certaine tendresse pour la Fed. Apparemment j’ai eu tort.

Une banque centrale opère  de fait avec 4 niveaux de taux

1.       Restrictif : taux courts au dessus du taux de croissance du PNB

2.       Neutre : taux courts légèrement en dessous du PNB

3.       Stimulative : Taux courts 200 points de base en dessous du PNB

4.       Panique : quand le système local bancaire est en danger taux réels négatifs, infusion massive de liquidités, la banque centrale achetant des obligations d’état (imprimant de l’argent)

L’économie Américaine est sorti de la récession il y a prés de deux ans, le PNB nominal est en hausse de plus de 4 % année sur année et non seulement les taux courts sont encore a zéro mais la  banque centrale s’est crue obligée de suivre une politique dite de » quantitative easing «  en achetant 60 % du gigantesque déficit budgétaire américain depuis 6 mois.  Nous aurions du sortir du mode panique , il ya 9 mois, et en fait la Fed a envoyé encore plus d’huile sur le feu. Ce faux prix sur les taux courts américains  et cette infusion massive de liquidités ont déclenché  une haïsse des matières premières en général et des prix du pétrole  et de l’or en particulier et bien sur une baisse du dollar contre les monnaies sérieuses du type dollar Canadien ou dollar Australien et bien sur de l’euro.  Les actions bien naturellement montent aussi. Faire paraitre l’euro cette construction complètement artificielle,  comme une monnaie plus sérieuse que le dollar  est la gageure que la Fed a réussie a relever

Mais que le lecteur ne s’y trompe pas.

Pour l’instant il y a plus d’argent que de gogos en raison des manœuvres de la Fed (et de la banque du Japon injectant d’immenses liquidités dans le système financier mondial après le tremblement de terre et le Tsunami)

Ces hausses fondées sur un excédent de liquidités, dans mon expérience,  se terminent toujours mal.

Ma recommandation aux lecteurs est de commencer a acheter des options de vente sur le CAC et/ou le SP 500 , « out of the money » pour protéger leurs portefeuilles existant

Quand l’’inflation des prix de détail qui est la conséquence inéluctable de ces folies monétaires se manifestera, le réveil sera rude et l’ajustement brutal.

Pour la première fois depuis longtemps, je commence a avoir peur tant la politique Obama, Bernanke me rappelle celle de Carter, Miller en 1978/1979

Les taux longs sont a la veille d’une très forte hausse, partout.

Remplacer les obligations par du cash

CG

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34 commentaires pour Indispensable Modestie…Article à paraitre de Charles Gave

  1. Gilles dit :

    Cher Monsieur

    Articles toujours aussi revigorant bien que ce soit dans le sens d’un bain glacé au vu des perspectives. Merci à vous

    Je résume ce que je ferais si j’ai bien compris votre analyse et la précédente :
    privilégier les actions des sociétés exportatrices
    exclure les actions des banques
    exclure les obligations de banques et d’état
    acheter toujours du dollar (via des actions par ex)
    ou
    garder ses liquidités voire en augmenter la proportion pour attendre la correction des marchés
    en achetant quand même du dollar parce que à 1,44 $, l’euro est quand même très cher et ça ne va pas durer

  2. William dit :

    Bonjour Charles,

    Si je comprends bien vous suggérez que :

    1- L’inflation va revenir en force dans les prochaines années. Les QE et le maintien des tx bas ont donc réussi à contrecarrer les poussées déflationnistes liées au désendettement massif des entreprises et des citoyens américains. Personnellement, je ne crois pas que la FED a réussi à éviter la déflation, cependant je partage votre point de vu « il y a sous la surface des choses visibles bien des choses que nous ignorons ».

    2- Les niveaux atteints sur le CAC ou le SP 500 ainsi que sur les obligations ne sont pas tenables, il vaut donc mieux sortir de ces placements au profit d’un placement CASH.

    3- L’immobilier en France a atteint des prix excessifs (spécialement à Paris). Cependant, je pense que le marché Parisien est caractérisé par une offre très limitée qui le « décorréle » quelque peu du reste du marché. De plus, si l’inflation repart comme vous le suggérez, les loyers suivront à la hausse ce qui aura pour effet de limiter la baisse du marché Parisien lié à la remontée des taux.

    Dans ce contexte politique, économique très chaotique ne serait-il pas plus sage (et simple) d’arbitrer de l’Equity (actuellement survalorisé) au profit d’un placement immobilier Parisien ? Certes l’Equity sur le long terme (minimum 15 ans) aura surement une performance bien meilleure, mais un placement immobilier à Paris à l’avantage d’être un placement simple et rassurant offrant un rendement locatif brut d’environ 4,5% (qui plus est « hedge » contre l’inflation). Merci pour votre avis.

    Best regards,

  3. viard dit :

    bonjour Horatio à la place de Iago cordialement

  4. Libéral dit :

    Je crains que bientot tout ce cirque va cesser car la zone euro va imploser sous le poids de la pression populaire et des populismes de toute sorte . Il y existe donc de ce fait un risque hyper-inflationiste et un risque de soviétisation de tous les pays concernés . Ou de Russification à la Poutine , lequel est le pire ?

  5. Yann G. dit :

    Merci Monsieur Gave pour votre franchise (au delà de la modestie), c’est la marque des plus grands.
    Je me souviens de notre brève discussion à la Sorbonne l’année dernière au cours de laquelle nous avons échangé quelques propos sur l’évolution du dollar et la prise de pouvoir probable des républicains. Comme vous, je partageais l’idée que le dollar ne pouvait que se renforcer avec le mouvement tea party et une chambre majoritairement républicaine. Vous nous aviez parlé de calls USDx out of money, et de calls SP500, échéance fév 2011 si ma mémoire ne me trahit pas. Vous n’avez donc pas globalement perdu. Je me souviens aussi que beaucoup autour de la table s’étaient étonnés de votre thèse d’un corrélation positive SP500 / USD, alors que depuis un certain temps, nous avons une corrélation négative.

    Compte-tenu de votre dernier article, dont je partage l’analyse, et en tout cas le désarroi, je me demande si nous ne pouvons pas avoir une annonce de resserrement au prochain FOMC ou en tout cas un message plus hawkish de la Fed qui préparerait à un resserrement pour le FOMC de juin ?

    Vu la frénésie haussière à laquelle se prépare la BCE, on parle de 2,25% pour juillet, est-il possible que la Fed laisse filer complètement le dollar ?

    J’avoue ne pas comprendre non plus l’intérêt de Trichet à vouloir faire monter l’euro si vite et si haut. Il doit quand même pas être totalement stupide au point de penser que cela ne fera que freiner l’inflation. Cela va hausser heurter les ventes de Mercedès et d’Audi avant de creuser un peu plus la tombe des PIIGSF.

    Au moins la bonne nouvelle dans tout ça, est que la remontée des taux, ne peut que faire éclater (enfin) la bulle immobilière française.

    Et ça, c’est une bonne nouvelle !

    Bien cordialement,
    YG

    • CharlesM dit :

      Yann G, concernant la fed je crois que, hélas , il ne faut pas rêver. Tous les communiqués de la majorité de ses membres tournent autour des affirmations du style :
      -Il n’y a pas d inflation
      – Un peu d’inflation serait bénéfique
      – Nous savons controler l inflation
      – il y a un peu d inflation mais c est totalement transitoire
      – 2% d inflation ce n’est pas assez…….
      Je ne vois hélas rien à court terme qui provoquerait la révocation de BB et l’ arrivée d’un Volker ( et j aimerais tant me tromper ). Les détenteurs de dollars vont devoir s’armer de patience ..ou se couper une main. A suivre..
      Cdlt,

  6. Guillaume dit :

    Si les taux longs augmentent, les yields ne vont pas augmenter?

  7. Gilles dit :

    Bonjour M. Gave,
    En rapport avec ce que vous dites; au jour d’aujourd’hui tiendriez vous le même discours et surtout les mêmes recommandations que dans votre billet du 3 février dernier:
    http://lafaillitedeletat.com/2011/02/03/incomprehension-ou-quand-la-fed-cree-des-«-faux-prix-»-de-charles-gave-a-paraitre-dans-investir/
    Enfin, deuxième question: Si les taux longs sont amenés à monter très fortement comme vous le dites, n’est-il pas opportun d’acheter maintenant de l’immobilier?
    Cordialement,
    Gilles

  8. Yann G. dit :

    Bonne nouvelle, les démocrates ont fini par céder aux républicains. Le budget va baisser de 39 milliards USD.

    Bravo Boehner !!!

    Reste maintenant à virer le keynésien furtif B2…

  9. Alexandre dit :

    Monsieur Gave,

    Vous évoquez la spécialisation de chaque pays relativement aux avantages comparatifs dans la cadre d’une mauvaise allocation des actifs que vous imputez à l’euro.

    Cette mauvaise allocation des actifs seraient ainsi due à un taux d’intérêt trop faible dans les pays du Sud, mais s’il est trop faible dans les pays du Sud (on construit trop de maisons en Espagne car les taux sont trop bas), pourquoi n’est-il pas en contrepartie trop élevé en Allemagne et dans les pays du Nord de la zone Euro; puisqu’on y construit trop d’usines (mauvaise allocation des actifs), c’est donc que les taux seraient trop bas et non trop haut, même pour l’Allemagne ?

    A moins que les taux en Allemagne soient plus haut que les taux en Espagne mais toujours, malgré tout trop bas pour l’Allemagne ?

    (j’ai commandé l’ensemble de vos livres).

  10. Dan dit :

    Un proverbe (biblique): « sage celui qui voyant le malheur (arriver) se cache. » Pensez aussi au franc suisse placé là-bas.

  11. goufio dit :

    William a dit le 08-04-2011, je cite : « Les QE et le maintien des tx bas ont donc réussi à contrecarrer les poussées déflationnistes liées au désendettement massif des entreprises et des citoyens américains. »
    Si la première partie est momentanément exacte, la seconde est malheureusement erronée puisque la publication de la dette totale des USA d’après le Réserve fédérale accuse un recul de 0.17% seulement depuis son plus haut soit le modique somme de 91,8 Mds. Le détail de la dette est donné sur son site Internet ci-dessous. Ce désendettement massif n’a pas eu lieu. D’où tenez-vous cette information ?
    http://www.federalreserve.gov/releases/z1/Current/z1r-4.pdf

    60 Z.1, March 10, 2011
    L.1 Credit Market Debt Outstanding (1)
    Billions of dollars; amounts outstanding end of period, not seasonally adjusted

    2006 2007 2008 2009 2010
    Q3 Q2 Q1 Q0 Q1 Q2 Q3 Q4
    1 Total credit market debt owed by: 45352.4 50042.9 52433.2 52728.0 52489.6 52311.1 52260.8 51923.7 51937.9 52265.6 52636.2

    • William dit :

      Je n’ai pas vérifié ce chiffre de 0,17%. Mon analyse ce base sur les chiffres du « Credit Market Borrowing by Households, Business, State and local governments, Federal governments, etc » publiés sur le site de la FED (http://www.federalreserve.gov/releases/z1/Current/z1r-2.pdf).

      On s’aperçoit que la fuite en avant effrénée du gouvernement US a été incapable d’enrayer la contraction du crédit des autres secteurs :

      Households :
      2006 : 1186,6
      2007 : 873,7
      2008 : -7,0
      2009 : -234,5
      2010 : -239,0

      Business :
      2006 : 889,9
      2007 : 1212,3
      2008 : 618,0
      2009 : -300,3
      2010 : 164,1

      Federal governments
      2006 : 183,4
      2007 : 237,1
      2008 : 1239,2
      2009 : 1443,9
      2010 : 1580,2

      Conclusion : la contraction du crédit se poursuit de façon régulière. Le désendettement est à mes yeux massifs. La FED essaye de contrer l’implosion de cette bulle de crédit en en substituant au désendettement des Households & Business. La FED n’a de toute façon pas d’autre choix car le moteur de la croissance des USA tient uniquement dans une hausse exponentielle de la dette, à la fois privée et publique. Bref ca passe ou ca casse ! Malheureusement, je bien peur que la capacité d’endettement de la FED est en train d’atteindre ses limites.

      Dans ces conditions, le marché obligataire devrait s’écrouler et le marché action connaitre une forte volatilité. Cependant, je pense que cette crise sera bénéfique pour le marché action car les fonds qui fuiront le marché obligataire devront être réinvestis… probablement dans les monnaies (réévaluation) mais aussi dans les marchés actions (le marché financier est en vase clos… le malheur d’une asset fait le bonheur d’une autre). Idem pour l’immobilier Parisien qui malgré les prix atteint est caractérisé par une offre très limitée qui le « décorréle » quelque peu du reste du marché. Je suis quelque peu biaisé sur l’immo à Paris car je vais prochainement acheter ma résidence principale… et j’essaye de me rassurer… 🙂 le rendement locatif brut atteint environ 4,5% (je me rassure en me disant que j’achète à un très bon prix, par rapport au marché, mais ma conscience et surtout mon analyse du marché me disent de ne surtout pas y aller, d’autant plus que mon apport perso est conséquent!). Bref je suis paumé… vos avis m’aideront surement à faire le bon choix 🙂

  12. goufio dit :

    J’avais transféré un tableau excel, dommage !

    Vous pouvez utiliser l’adresse e-mail de la FED. Cette statistique est dipsonible chaque trimestre vers le 15 du mois suivant.

  13. Michel dit :

    Bonsoir M. Gave,
    J’avoue que je sens poindre en moi une pointe de désespoir.
    Pourtant fidèle lecteur de vos livres et billets, je me sens perdu et désemparé avec tous ces atermoiements de l’économie et changements de recommandations.
    Que préconisez-vous donc pour un particulier vivant en France, désireux de ne pas se faire plumer dans les années à venir?
    Cordialement,
    Michel

    • clement dit :

      Bonjour,

      je pense que la réponse ne tient que par le bon sens :
      Premièrement, pour pouvoir avoir quelquechose à protéger, il faut encore avoir quelque chose à posséder.
      Si les économies personnelles résultent en 2000 euros sur un livret A, je pense que rien ne sert de jouer au financier hors pair.
      Ceux qui auront investit dans l’immobilier avec des emprunts longue durée fixes en dessous de 4% annuels seront des gagnants en terme de facilité de remboursement. En revanche, il faut garder à l’esprit que le prix est fixé entre un vendeur et un acheteur. Si personne ne peut acheter, et qu’on a besoin de vendre, le prix baisse très vite. D’où l’investissement immbolier ciblé sur des biens qui auront toujours une demande.
      Ensuite, je pense qu’il faut dédramatiser un peu; certes en vivant en France, on ne bénéficiera pas de l’effet de levier que bénéficieront les Allemands en quittant l’Euro. Mais les placements sur des niches en France ou des placements sécurisés à l’étranger seront toujours existantes. Ce qui est clair, c’est que rien ne tombera du ciel.

  14. BA dit :

    Le Fonds Monétaire International a compris qu’il allait devoir payer pour sauver plusieurs Etats européens en faillite : Grèce, Irlande, Portugal, Espagne, Italie, Belgique, France, etc, etc (liste non exhaustive).

    Le FMI a compris que plusieurs Etats européens allaient continuer à s’effondrer, les uns après les autres, comme des dominos.

    Problème : le FMI n’a plus assez d’argent pour sauver tous ces Etats européens. Le FMI ne dispose que de 671 milliards de dollars. C’est très insuffisant pour sauver tous les Etats européens en faillite.

    Pourtant, de 2009 à 2011, les 187 Etats membres du FMI avaient triplé les ressources du FMI. Malgré ce triplement, le FMI n’arrive plus à sauver de la faillite les Etats qui s’effondrent les uns après les autres. Les sommes nécessaires deviennent trop énormes.

    Conclusion : jeudi 7 avril 2011, le FMI a demandé à pouvoir emprunter directement des dizaines de milliards sur les marchés financiers.

    Conclusion numéro 2 : les Etats européens sont en faillite. Ils sont écrasés sous des montagnes de dettes. Le FMI va donc s’endetter lui-aussi ! Le FMI va rajouter des montagnes de dettes par-dessus les montagnes de dettes déjà existantes !

    Conclusion numéro 3 : le système financier international est mort.

    Lisez cet article :

    Le FMI prêt à aller emprunter directement aux banques.

    http://www.lexpress.fr/actualites/1/economie/le-fmi-pret-a-aller-emprunter-directement-aux-banques_980692.html

  15. lemoine dit :

    La réponse à l’euro fort versus le $ est sur le blog de l’excellentisime JPC chevallier.
    En résumé éviter la fuite des capitaux de l’europe par un euro fort :http://www.jpchevallier.com/

  16. Kun dit :

    Mr Gave ,
    Excellent billet , comme d’habitude j’ai envie de dire.
    Vous dites : « Remplacer les obligations par du cash »
    Qu’est ce que vous appelez le cash ?
    Salutations

  17. christophe dit :

    Dans tous les cas, seuls les gens intelligents sont capables de dire qu’ils ont eu tord, et plutôt que d’en rougir, seulement, de remettre sur le métier leur ouvrage.
    Donc bravo à vous.

    J’avais il y a 2 mois environ écrit un commentaire sous la forme de « et si ».

    Et si la FED avait raison d’agir comme elle le fait ?

    J’attirais votre attention sur ce point fondamental. Pourquoi maintenir les taux sous l’eau alors que (c’était encore votre discours) la croissance était revenue ? Vous étiez très optimiste sur les actions des entreprises US.

    Vous avez fait la moitié du chemin. Mais vous continuez à ne pas comprendre, si j’ose dire, en répétant que la croissance est là.

    « L’économie Américaine est sorti de la récession il y a prés de deux ans, le PNB nominal est en hausse de plus de 4 % année sur année ».

    Et donc, en bonne logique, les actions de la FED vous paraissent parfaitement illogiques.

    Encore une fois, vous devriez accepter (pari de pascal) d’envisager le cas où la FED serait parfaitement… rationnelle.

    La « croissance » US est une fiction. Qui a commencé au printemps 2009 (eh oui 2 ans déjà) avec les fameux « greenshots » d’Obama…. Souvenez vous.

    Que voit on ? Le chômage n’a pas reculé, au contraire (des cohortes de chômeurs sortent des stats). L’immo continue de baisser, le nombre d’Américains bénéficiant des « food stamps » augmentent etc.

    Voilà la « réalité », le mur de la réalité par opposition à la fiction de la « recovery » (tout juste financière et banquière, avec des profits découplés de l’économie réelle réalisés sur des quantités phénoménales de liquidités).

    La FED ne peut pas augmenter ses taux. CQFD.

    Interrogez vous pourquoi. Allez jusqu’au bout de la réflexion, n’ayez pas peur (même si franchement nous devrions…). 😉

    A la fiction de la recovery, il faut bien sûr ajouter le problème des QE et du rachat direct du papier US. C’est un argument supplémentaire pour maintenir les taux dans les cuvette.

    Bref, pour résumer mon propre pari de Pascal : la FED est rationnelle. Follement (insanely) rationnelle. Mais rationnelle.

    Bien sûr, ce jeu -totalement suicidaire et idiot- ne peut que mal se finir. Mais j’ajouterai : derrière les actions de la FED, et des gouvernments en général, on ne voit qu’un seul objectif, un seul plus petit dénominateur commun : gagner du temps.

    La question fondamentale demeure un mystère (et là je suis comme vous, totalement aveugle). Pourquoi ?

    Pourquoi serait-il rationnel de vouloir gagner quelques mois ?

  18. Petrone dit :

    Quand je ne sais plus….. je regarde mes livres d’histoires.

    Aujourd’hui, ce sera the rise and fall of the occidental roman empire de Sir E. GIBBON.

    Que dit il?

    Qu’une grosse machine vit sur sa dynamique. Une fois le moteur cassé, la dynamique entraine d’elle même la machine sur sa lancée… mais jusqu’à un certain point.

    Bref, transposé à maintenant, notre système est tellement gros qu’il ne s’arrête pas d’un seul coup mais continu sa course encore un petit peu. Nous sommes à un point ou notre force d’inertie s’essouffle (le moteur étant cassé depuis que tout le monde se rend compte que le crédit nous tue, depuis grosso modo 4 ans en fait).

    Il n’y a donc rien de rationnel a gagner du temps. C’est juste que le système poursuit sa lancée sans pouvoir dire tout haut que tout va sauter!

    Bref, préparons la poudre mais pour d’autres raisons que le rachat de ce qui ne sera pas cher dans quelques temps.

    Bon courage à nous tous.

  19. Lekkerman dit :

    J’ai une question : je ne comprends pas le lien dollar faible -> hausse des matières premières… quelqu’un aurait-il l’amabilité de m’expliquer ? D’avance merci 🙂

  20. BA dit :

    Avec la crise financière, “les banques ont cherché à élever à la fois la qualité et la quantité de leurs fonds propres, mais les progrès ont été inégaux, les banques européennes étant généralement en retard sur les américaines”, a rappelé le Fonds Monétaire International.

    “Les faiblesses et vulnérabilités structurelles subsistant dans la zone euro constituent toujours des risques importants s’ils ne sont pas résolus de manière globale”, a-t-il poursuivi.

    Selon lui, “dans les quelques mois à venir, le défi le plus urgent est le financement des banques et des Etats, en particulier dans certains pays vulnérables de la zone euro”.

    L’Europe n’échappera pas, d’après les experts du FMI, à une restructuration des banques qui ne sont pas viables, et une recapitalisation de celles qui le sont.

    Or “il est probable qu’il faudra qu’une partie de ce capital vienne de sources publiques”, ont-ils avancé.

    http://www.boursorama.com/infos/actualites/detail_actu_marches.phtml?num=7e83a88b0faa5bcfe6b813f6e6e4a522

    En clair : CONtribuables européens, préparez-vous à payer.

    CONtribuables européens, vous allez encore devoir payer pour sauver les banques de la faillite.

  21. BA dit :

    A propos de la faillite de l’Etat grec :

    Jeudi 14 avril 2011 :

    Les investisseurs internationaux ont compris que la Grèce allait se déclarer en défaut de paiement : les obligations de l’Etat grec sont en train de pulvériser leurs records.

    Grèce : taux des obligations à 2 ans : 17,829 %.

    Grèce : taux des obligations à 5 ans : 15,361 %.

    Grèce : taux des obligations à 10 ans : 13,274 %.

    http://www.bloomberg.com/apps/quote?ticker=GGGB10YR:IND

  22. BA dit :

    A propos de la faillite de l’Etat irlandais :

    Vendredi 15 avril 2011 :

    Moody’s abaisse de deux crans la note de l’Irlande.

    L’agence de notation Moody’s Investors Service a abaissé vendredi de deux crans la note de l’Irlande de « Baa1 » à « Baa3 », reléguant l’île au plus bas niveau possible pour les emprunteurs fiables, en raison de la dégradation des perspectives économiques du pays.

    La perspective d’évolution de cette note est « négative », ce qui veut dire que Moody’s n’exclut pas de la dégrader encore à moyen terme.

    Etat Irlandais : taux des obligations à 10 ans : 9,484 %.

    http://www.bloomberg.com/apps/quote?ticker=GIGB10YR:IND

  23. franck dit :

    Tout comme avec les subprimes, qui etaient couverts par des cds, ce sont les contre partie des cds comme AIG qui se sont retrouves en defaut envers les banques.
    Il existe des instruments de couverture des obligations, si un krach obligataire se produit, savez vous quelles sont les contre partie des instruments de couverture sur les obligations?

  24. BA dit :

    A propos de la faillite de l’Etat portugais :

    Lundi 18 avril 2011 :

    La percée eurosceptique en Finlande brouille la donne portugaise.

    Les électeurs finlandais ont mis du sable dans les rouages du plan européen de renflouement financier du Portugal en confiant dimanche au “Parti des Vrais Finlandais”, formation populiste et eurosceptique, un rôle crucial au Parlement, peut-être même au gouvernement.

    Le parti de Timo Soini, qui dépassait à peine les 4 % de voix aux élections de 2007, a multiplié son score par près de cinq et, avec 19 % des suffrages exprimés dimanche, talonne désormais le Parti de la Coalition nationale, formation de centre droit arrivé en première position avec 20,4 %, et les Sociaux-démocrates (19,1 %), selon les résultats des législatives diffusés par la télévision publique YLE.

    Le Parlement finlandais, à la différence d’autres pays de la zone euro, a le droit de se prononcer sur les demandes de fonds de financement de plans de sauvetage de l’Union européenne. La nouvelle assemblée pourrait donc retarder l’adoption du plan d’aide au Portugal et ajouter à la nervosité des marchés obligataires.

    Timo Soini a du reste fait savoir qu’il voulait modifier les modalités du plan de sauvetage du Portugal, troisième pays de la zone euro, après la Grèce et l’Irlande, à avoir besoin d’un plan de sauvetage. Il est également hostile à une augmentation de la capacité effective du Fonds européen de stabilité financière (FESF).

    “Ces mesures, je ne pense pas qu’elles seront maintenues”, a-t-il dit à la chaîne YLE. Il a déclaré un peu plus tard à Reuters que son objectif était que la Finlande verse moins d’argent à Bruxelles. “C’est un mauvais accord”, a-t-il dit du plan pour le Portugal.

    La forte poussée de son parti est une nouvelle manifestation des frustrations dans certains pays riches de la zone euro qui marquent des réticences à régler les factures de leurs partenaires lourdement endettés et affaiblis.

    http://www.lexpress.fr/actualites/2/monde/la-percee-eurosceptique-en-finlande-brouille-la-donne-portugaise_983781.html?actu=1

  25. THIBAUDIER dit :

    Je réitère la question de Lekkerman:
    J’ai une question : je ne comprends pas le lien dollar faible -> hausse des matières premières… quelqu’un aurait-il l’amabilité de m’expliquer ? D’avance merci
    Moi non plus, je ne comprend pas bien. A moins que le fait de faire tourner la « planche à billets » ne fasse augmenter la masse monétaire pour une quantité de biens (voitures, maisons, réfrigérateurs, etc.) qui croit beaucoup moins vite. S i le prix des biens est le ratio quantité de biens/masse monétaire alors nous avons de l’inflation.

    • clement dit :

      C’est exactement ceci.
      Les cotations des matières premières se font en dollars. A partir du moment où la planche a billet américaine est en fonctionnement (la FED rachète la dette de l’état par émission de devise), les marchés corrigent la valorisation.
      Il est interessant de voir que l’inflation des matières premières en zone euro vient en réalité de l’inflation du dollars. En somme, même si la BCE augmente ses taux, l’inflation demeurera.

  26. BA dit :

    A propos de la faillite des Etats européens :

    – Emprunt à 3 mois :

    Quand l’Allemagne lance un emprunt à 3 mois, elle paye un taux d’intérêt de 0,830 %.

    Quand la France lance un emprunt à 3 mois, elle paye un taux d’intérêt de 0,872 %.

    Et la Grèce ?

    Mardi 19 avril 2011, la Grèce a lancé un emprunt à 3 mois : la Grèce a dû payer un taux d’intérêt de 4,10 %.

    Les taux sont en hausse : c’était 3,85 % lors de la précédente émission en février 2011.

    http://www.lefigaro.fr/flash-eco/2011/04/19/97002-20110419FILWWW00398-la-grece-emprunte-1625-mds-a-3-mois.php

    Un autre Etat en faillite : l’Espagne.

    L’Espagne emprunte à des taux d’intérêt qui augmentent de plus en plus.

    – Emprunt à 12 mois :

    Lundi 18 avril 2011, l’Espagne a lancé un emprunt à 12 mois : l’Espagne a dû payer un taux d’intérêt de 2,770 %.

    Les taux sont en hausse : c’était 2,128 % lors de la précédente émission en mars 2011.

    – Emprunt à 18 mois :

    Lundi 18 avril 2011, l’Espagne a lancé un emprunt à 18 mois : l’Espagne a dû payer un taux d’intérêt de 3,364 %.

    Les taux sont en hausse : c’était 2,436 % lors de la précédente émission en mars 2011.

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