Après le Printemps Arabe, l’été Européen ?

Nous venons d’avoir, dans les pays arabes, une série de révoltes et de révolutions qui ont amené a des changements politiques que la plupart des experts considéraient il y a encore quelques mois comme inenvisageables.

A l’origine de ces bouleversements une réalité toute simple : les pays en question étaient gérés en dépit du bon sens, au profit exclusif d’une caste de profiteurs toujours très proches du pouvoir, les élections étaient une farce, les jeunes malgré des études parfois fort longues ne trouvaient aucun travail, l’économie était écrasée par le poids des fonctionnaires (45 % en Egypte par exemple), le niveau de vie s’écroulait avec le prix des matières premières qui s’envolait, l’endettement tant intérieur qu’extérieur ne faisait que monter, non pas pour payer des dépenses d’investissements mais pour régler les dépenses de fonctionnements …

Bref, pour tous ceux qui ont vingt ans aujourd’hui dans ces pays là, le futur apparaissait quelque peu bouché, et la solution était de se retrouver dans la rue pour organiser un énorme monôme et demander le départ des dirigeants incompétents.

Ici ou la , ils y réussirent et il reste bien sur à espérer que les nouveaux dirigeants ne vont pas être pires que ceux qui viennent d’être chassés du pouvoir, ce que le futur nous dira.

Place à l’Europe de l’Euroland

Qu’y voyons nous ?

A Madrid, à Athènes , à Lisbonne, des foules gigantesques défilent dans les rues pour manifester contre la baisse de leur niveau de vie.

En Espagne, le taux de chômage des moins de trente ans dépasse 40 %.

En Irlande, en Espagne , en Grèce, les jeunes s’exilent et de ce fait les populations baissent.

L’endettement des Etats atteint des niveaux cataclysmiques et trois pays Européens sont en faillite déclarée, le FMI ou l’Allemagne leur dictant la politique économique qu’ils doivent suivre. Ils ont donc perdu toute Souveraineté.

Nous voyons des systèmes bancaires a la dérive dans ces mêmes pays, mais aussi dans d’autres qui essaient de faire croire qu’ils sont a l’abri. Si l’Allemagne a accumulé mille milliards d’euro d’excédent commerciaux en suivant depuis dix ans une politique stupidement mercantiliste (voir mes articles précédents), eh bien cela veut dire que les banques allemandes ont mille milliards de papiers émis par les Grecs, les Irlandais, les Espagnols, les Français ou les Italiens dans leurs bilans. Qui préfériez vous être ? Le Grec qui a la Mercedes ou la banque qui détient la promesse de payer du Grec ? Le système bancaire Allemand a 450 billions de fonds propres pour 10000 milliards de prêts bancaires, soit un coefficient de Réserves de 4.5 % alors que le minimum d’après Bale 2 devrait être de 8 % Et ainsi de suite…

Nous voyons une banque centrale Européenne en quasi faillite puisque son bilan est chargé de papiers qui ne valent pas grand-chose : Un exemple entre mille : la BCE détient 70 milliards d’obligations Grecques achetées a l’émission (c’est-à-dire a 100) et qui valent au mieux 50, ce qui se traduit par une perte de 35 Milliards d’Euro alors que son capital n’est que de 10 milliards

Nous voyons les déficits extérieurs de la France se creuser régulièrement sous l’effet de la perte de compétitivité que subit notre pays tant pour des raisons internes qu’externes

Nous voyons l’Italie n’avoir aucune croissance depuis plus de 10 ans

A l’origine de tous ces désastres, un élément et un seul : ce monstre financier qu’est l’Euro, dernière grande construction technocratique du xx siècle finissant, après le communisme, le fascisme, le nazisme, le programme commun… ultime manifestation de ce qu’Hayek appelait la « présomption fatale », c’est-à-dire l’idée qu’une idée qui a germé dans la tète d’un technocrate et qui n’a aucun rapport avec la réalité pourrait marcher.

Mais ce que je trouve de plus atterrant, c’est la réaction de la classe politique ou financière dans son ensemble. On a l’impression que tout ce petit monde est un peu comme un lapin pris dans des lumières des phares de voitures. Ils ont bâti un système qui ne peut pas marcher (ce que chacun peut voir) et dont on ne peut pas sortir (ce que chacun commence a déplorer), et ils se sentent faits comme des rats, tout politicien, banquiers central ministres des finances qu’ils soient. L Euro qui était censée amener a la convergence des économies, a la résorption des déficits budgétaires, a une harmonie Européenne parfaite nous a amené exactement aux résultats inverses de ceux qui étaient annoncés par ses thuriféraires. Et pour comble d’embarrassement, ce sont eux , les responsables du désastre qui doivent le régler… et ca , ca me fiat plutôt sourire.

Dans un livre paru en 2003 (Des Lions menés par des Anes), j’avais expliqué pourquoi l’Euro allait échouer, et j’avais décrit les mécanismes qui allaient amener a son échec. Je tiens a assurer le lecteur que je ne tire aucune satisfaction de ce que mes analyses se soient révélées convenables tant les souffrances créées par ce désastre ont été immenses et vont continuer a l’être pendant encore quelques temps

Mais par contre, je suis très satisfait de voir que cette imbécillité économique va disparaitre tant elle était une machine a fabriquer de la croissance étatique (c’est a dire de la stagnation économique) et a favoriser les mauvais investissements.

Dans un système de prix libres, les investissements se font en fonction de la rentabilité marginale du capital investi.

Dans le monde de l’ Euro, comme l’idée de base était que la productivité en Allemagne était la même qu’en Grèce, ce qui n’était pas vrai dans les secteurs concurrentiels , ils se faisaient dans les secteurs concurrentiels en Allemagne et dans l’immobilier en Espagne. Comme je l’avais écrit a l’époque, tout cela va nous amener a trop de maisons en Espagne, trop d’usines en Allemagne et trop de fonctionnaires en France…

La fin de l’Euro qui se profile est donc une extraordinairement bonne nouvelle. Chaque fois qu’une institution dont le but annonce est de réduire ma Liberté disparait, je me réjouis et j’achète des actions

Je prends donc un pari : si l’Euro venait a disparaitre, ce qui parait de plus en plus probable, les marchés des actions baisseraient pendant 15 jours et monteraient pendant 15 ans, ce qui n’aurait rien d’étonnant puisque les actions sous performent les obligations depuis la création de l’euro.

Un point pour conclure : je refuse depuis des années d’acheter des financières européennes et tout ce qui de prés ou de loin dépend des états en Europe, car nous arrivons à la fin non seulement de l’euro mais de ce que j’ai appelle le social clientélisme. Aujourd’hui les banques sont devenues des machines à financer les déficits budgétaires et donc je n y touche pas

Et si quelqu’un a du cash il peut le garder en obligations courtes allemandes ou Suédoises, ou en dollars US s’il partage ma conviction que la bas aussi le social clientélisme touche à sa fin

Une chose est sure : quand le mur de Berlin est tombé , je me suis réjouis. Vivement que ce nouveau mur tombe egalement.

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A propos IDLibertés

L ‘Institut des Libertés est un think tank indépendant. Constitué sous la forme d’un fonds de dotation (loi du 4 août 2008), l’Institut des Libertés est enregistré auprès de la préfecture de Paris. Notre souhait aujourd’hui au travers de l’Institut des Libertés est de tenter de proposer des pistes de réflexions libérales, sur des sujets aussi vaste que l’Economie, la Finance, les Sciences , la Littérature ou la politique. Sans tenter de professer un catéchisme ni d’influer politiquement, L'institut des Libertés se propose comme une plateforme de parole alternative ou tout un chacun serait libre de venir contribuer institutdeslibertes@gmail.com. Redonner enfin au libéralisme son vrai visage; non pas celui d’une finance sans foi ni loi mais bien celui du siècle des lumières, profondément humaniste et fervent défenseur des libertés individuelles.
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73 commentaires pour Après le Printemps Arabe, l’été Européen ?

  1. Houdan Michel dit :

    Bravo excellent billet !

    N’est-ce pas la faute aux élections qui reviennent trop souvent ?

    Explication lu sur le net:

    Le sentiment de sécurité a progressé chez tous les opérateurs qui étaient de plus en plus confiants, constatant autour d’eux un environnement économique de plus en plus stable et tranquille.
    De cette confiance naît l’euphorie et la perte de conscience du risque…Les générations qui ont toujours vécu dans cet environnement « tranquille » et sont arrivées au sommet de la hiérarchie sociale ont porté aussi au sommet cette euphorie.

    La cause racine de la crise, c’est cela, et rien d’autre. Tous les échelons de la société ont été touchés par cette excès de confiance. Sans distinction, et sans qu’un échelon soit « plus » ou « moins » responsable qu’un autre.
    Dans une société démocratique, le gouvernement n’est d’ailleurs que l’expression de la « foule ultime ».

    Une dynamique de foule est quelque chose d’extraordinairement puissant dans une société, capable de balayer toutes les règlementations et les « garde-fous » établis au cours des crises précédentes…plus les acteurs occupent une place élevée dans la société, plus la pression de cette dynamique de foule sur eux est forte.

    Pour un simple individu (comme moi ou la plupart d’entre vous), qui n’a pas un rôle de décision important dans la société, il est encore possible de ne pas suivre la foule quand elle fonce dans le mur. La pression est faible, et nous sommes libres de nos actes.

    Mais imaginez que vous êtes le directeur de la filiale d’un grand groupe bancaire pour disons…la Floride, en 2005, au plus fort de la bulle immobilière.
    Vous décidez d’être raisonnable, de ne pas faire courir de risques excessifs à votre banque, et de refuser de délivrer des crédits à risque à des clients ayant une capacité de remboursement insuffisante…Vous avez entièrement raison.
    Seul problème : au bout de 6 mois, les résultats de votre filiale indiquent une croissance de seulement 8% de vos bénéfices, là où les dirigeants des autres filiales ont obtenu 20% par le développement de nouvelles catégories de prêts à risque.
    Le PDG de votre banque vous convoque alors dans son bureau, pour vous informer qu’il vous remplace par Mr Swap, qui a réussi une croissance de 35% de ses résultats en développant une nouvelle activité « dérivés de crédit » qui semble très rentable. Vous n’avez pas suivi le sentiment de foule dominant…Dommage pour vous !

    Imaginez ensuite (on peut rêver) que vous êtes président des USA en 1992. Vous vous rendez compte à votre arrivée au pouvoir qu’une bulle de crédit commence à se développer au-delà des limites normales dans votre pays. Vous décidez à juste titre de « serrer la vis » : hausse des taux, règlementation stricte du crédit bancaire, pas de « plans de relance de la consommation », mais des investissements de l’état dans la recherche, les infrastructures, la formation et le développement industriel.

    Vous préparez l’avenir à long terme de votre pays en tuant dans l’œuf une bulle naissante et choisissez d’empêcher une crise géante plus tard en provoquant volontairement une petite récession et en ralentissant la machine quand il est encore temps.

    Seul problème : D’autres pays autour de vous se lancent dans la fuite en avant dans le crédit. Ils réussissent d’ailleurs à obtenir une croissance très dynamique grâce à l’expansion anarchique de leur dette et de leurs déficits, pendant que votre politique déclenche une récession. L’opposition se déchaîne contre votre « incompétence » et plusieurs députés de votre parti demandent un changement immédiat de politique économique. Vous perdez lourdement aux élections suivantes…Vous n’avez pas respecté l’état d’esprit de votre époque.

    C’est cela la psychologie des foules : Une force contre laquelle il est quasiment impossible de lutter.

    Extrait de Loïc Abadie 19/10/2008 de son blog

    • VGAREZ dit :

      J’abonde dans votre sens, ce qui m’avait incité à dire dans ces lignes que nos hommes politiques peuvent difficilement exister sans endetter l’Etat qu’il dirigent et ce, sous la pression du système démocratique tel qu’il s’organise actuellement (être déraisonnable ou disparaître du paysage).
      Ce à quoi on énonce la possibilité de rendre anticonstitutionnel l’endettement démesuré mais même l’Allemagne qui a fait ce choix, n’est pas épargnée. Alors … ?

    • Cher Monsieur
      Certes, certes
      Mais c’est pour ca que nous avons besoin de banquiers centraux competents, independants et en concurrence les uns avec les autres
      Comme le disiat Mc Chesney Martin, le grand banquier central ameriacin des annees 50, dans une soiree, c’est quand on commence a s’amuser qu’il faut cesser de servir de l’alcool
      C’est ce que faisait la BundesBank avec enormement de talent…
      Il n’y a pas eu de crise immobiliere ou bancaire en Suede en Australie, au Canada… c’est a dire partout ou les banquiers centraux et les regulateurs ont fait leur travail convenablement
      Amicalement
      cg

  2. Bastiat dit :

    Un billet de qualité
    Ce qui me heurte c’est que nos politicards du social-clientélisme prennent des décisions économiques de travioles menant systématiquement à l’échec. Prenons Aubry ! « je vais créer des emplois » ah bon ! depuis quand les politicards créent des emplois à part des emplois non marchands ? « 300.000 » pourquoi ce nombre ? alors qu’il faut y ajouter deux zéros pour atteindre le chiffre officiel de ceux qui pointent dans une case parmi les 7 ou plus (j’ai pas suivi) des sans emplois ! « Combien ça coûte 300.000 emplois ? 4 milliards » Outre le fait qu’on a l’impression d’être derrière le zinc du café du commerce, ce montant ne tient pas compte des charges sociales pour atteindre légèrement plus qu’un smic net. Qui financera les charges ? mystère et si la question est posée on est stigmatisé comme fascho, et autre syllogismes. Enfin, « Où trouver 4 milliars ? c’est simple on les a ! l’ISF ou l’exonération des charges des heures sup » Ainsi le peuple est flagorné et la rougeaude de Lille à fait son show. Pauvres, au sens premier, français, ils ont les dirigeants qu’ils méritent.

    • Cavalier Ponzi dit :

      Vous devriez corriger vous aurez l’air moins péremptoire en sachant de quoi vous parlez, il y a belle lurette qu’il n’y a plus de charges (ou si peu) sur les salaires niveau smic et jusqu’à 1.3 fois.
      Un patron de zinc

  3. VGAREZ dit :

    Monsieur GAVE,
    que pensez-vous des toutes dernières positions d’Emmanuel TODD concernant l’avenir de l’Euro, opinion qu’il semble partager avec vous mais pour des raisons plus anthropologiques et culturelles, et qui préconise un protectionisme organisé entre européens contre le reste du monde ?
    Evidemment, bien qu’il semble avoir vu juste il y quelques années sur l’évolution de certains territoires, cela ne préjuge pas qu’il ait raison aujourd’hui, mais son approche est intéressante.

  4. BA dit :

    Mercredi 25 mai 2011 :

    Union Européenne : la commissaire grecque évoque le risque que son pays quitte l’euro.

    La commissaire européenne grecque Maria Damanaki a mis en garde mercredi contre un risque de sortie de son pays de la zone euro s’il n’arrivait pas à faire les efforts nécessaires pour réduire son énorme dette.

    “Le scénario d’un éloignement de la Grèce de l’euro est désormais sur la table”, a-t-elle indiqué dans un communiqué publié sur son site internet grec.

    “Je suis obligée de parler clairement”, a-t-elle poursuivi, évoquant un “dilemne : soit nous tombons d’accord avec nos bailleurs de fonds sur un programme de durs sacrifices apportant des résultats en prenant nos responsabilités pour notre passé, soit nous retournons à la drachme”.

    http://www.lesechos.fr/economie-politique/monde/actu/afp_00347014-ue-la-commissaire-grecque-evoque-le-risque-que-son-pays-quitte-l-euro-168337.php

  5. le constat du fait que l’Euroland ne soit pas une zone monetaire optimale est recevable, et partagé.
    Neanmoins, l’UE veut etre un pays fédéral pour des raisons politiques (l’Union fait la force) qui pour le moment sont loin d’etre atteintes.
    Alors que l’Euro soit un instrument couteux au service d’une cause non économique, c’était prévu. Ce qui n’était pas prévu, c’était les fraudes comptables des Grecs + l’incapacité des pays membres à réduire le nombre de fonctionnaires.

    Si l’Euro disparaissait, les peuples Européens n’auraient ni plus ni moins de moyens de controle et de levier sur leurs gouvernants qu’ils n’en ont maintenant. La preuve ? Euro ou pas, nos députés votent depuis 30 ans des budgets en deficit, sans que cela les dérangent plus que ca.

    • Balthazar dit :

      On cherche toujours de boucs emissaires. Ici c’est l’euro. Les USA, la Suisse, l’Allemagne, le Canada, prouvent que des états fédérés peuvent avoir une monnaie commune sans avoir un gouvernement monolitique et une politque sociale identique. L’imcompétence et la mauvaise gestion des gouvernants, la dette des Etats, les crédits à taux variables accordés de façon laxiste, les politiques de contructions de batiments vides, est-ce la faute de l’euro ??? Aux USA personne de remet en cause l’existence meme du dollar. Par contre on s’interroge sur la politique monétaire qui a été menée. Aux USA on est plus lucide : on remet en question les hommes c’est à dire la politique fédérale, l’honneté des banquiers, la complaisance des organismes de notation … S’attaquer à l’Euro revient à s’attaquer à un icone pour conjurer le mauvais sort …

      • Balthazar dit :

        @ Le Parisien Liberal

        Et comme vous le soulignez très justement. Le retour à des anciennes monnaies ne résoudra rien ! Au contraire. Le Franc n’a jamais empêché l’inflation démente, la faillite des banques (souvenez vous du LCL …) , les devaluations monstrueuses destructices de pouvoir d’achat, ni la speculation sur les monnaies (bien au contraire …).

        L’Euro est une belle création. De meme que la liberté de circulation des personnes et des biens au sein de l’Europe. Ce sont des vrais gages d’indépendance et de liberté . Ce n’est pas l’euro le probleme, mais les gouvernements qui le dénoncent alors qu’ils sont les responsables de la politique menée par le passée … contrairement à l’Euro qui n’est qu’un moyen de paiement (faut-il le rappeler).

  6. Lekkerman dit :

    M. Gave,

    Merci pour ce billet. Je vais essayer de me faire l’avocat du diable bien que je ne sois pas convaincu de l’innocence de mon client : l’Euro.

    Premier Arguement, l’Euro a permis à un marché unique de faire jour. Aujourd’hui, je le vois autour de moi, nombre de multinationales gèrent l’Europe comme un seul terrain de jeu, créant de plus en plus des directions à l’échelle européenne, réalisant des lancements de produits, des études marketing, des plans de production à l’échelle européenne. Le fait de partager une monnaie unique facilite les comparaisons, les transferts de capitaux et permet de faire fi du risque de changes. J’y vois là malgré tout un progrès et une liberté.

    Mon deuxième argument prend le contrepied de la thèse que vous développez dans votre dernier livre (et peut-être initialement développé dans « Des lions menés par des ânes » que je n’ai pas lu). Vous partez du principe que la création de l’Euro est un « machin » (pour reprendre une expression de De Gaulle) imposé au peuple par quelques technocrates européens incompétents. Ne peut-il peut pas être vu comme un antidote aux démagogues ?

    Je m’entends : l’Europe en tant qu’institution a toujours promu le marché et en même fait le ferment de sa création. C’est aussi à l’Europe que nous devons la dérégulation des télécoms, du gaz, de La Poste, des transports, de l’électricité etc… autant de mesures qui a permis à nos politiques d’appliquer un peu de libéralisme en montrant du doigt l’Europe (« je ne veux pas déréguler les télécoms, mais c’est Bruxelles qui m’y oblige »).

    Si on prend le pari d’une Europe fondamentalement libérale, ne peut-on pas dire que l’Euro a été le moyen utilisé par nos technocrates pour leur enlever des mains le jouet qu’était la monnaie ? En créant, l’Euro et une BCE indépendante du pouvoir politique, ils interdisent à nos politiques (en particulier en France, en Italie et en Espagne) deux armes qui poussaient nos peuples à la paresse : faire des dévaluations compétitives ET de l’inflation.

    L’Euro nous oblige à l’effort, à un effort de productivité : il nous est aujourd’hui impossible de résoudre nos problèmes de dettes par l’inflation ou améliorer notre compétitivité par une dévaluation. A l’ère de l’Euro, le trop plein de dette ne se résous pas par l’euthanasie des rentiers, ni l’erreur des 35 heures par une dévaluation du franc. Le seul moyen de nous en sortir est de retrousser nos manches, de privatiser, d’être efficace.

    Oui nos choix sont contraints, mais cette contrainte ne nous empêche-t-elle pas les sorties de crise faciles et la fainéantise ? N’oblige-elle pas nos politiques à proposer de vrais solutions au lieu de s’enfermer dans des solutions populistes ?

    • Cher Monsieur,
      Ce que vous rappelez avec beaucoup de talent c’est l’argumentaire de ceux qui nous ont vendu l euro.
      Rien ne s’est passe comme ils l’avaient annnce, RIEN
      Dans » Liberal mais non coupable », j explique pourquoi cet echec etait inevitable
      Puis je vous demander de le lire et de revenir vers moi apres?
      Amicalement
      Cg

      • Saku dit :

        Bonjour à tous

        Ces remarques m’interrogent sur deux points :

        La dévaluation, que vous présentez dans les circonstances actuelles comme une issue aux faillites qui s’annoncent et à la sortie de l’Euro, et plus généralement comme un « levier » à la disposition des gouvernements pour relancer la productivité/croissance, n’est-elle pas aussi une sanction pour le peuple du pays concerné ?
        C’est en effet, sauf erreur de ma part, un appauvrissement de ce peuple par rapport aux pays du reste du monde.
        Elle n’a pas d’impact sur le prix de la baguette de pain (je la paierai toujours au même prix), mais sur tous les coûts « internationaux » (produits importés, essence, ou billets d’avions) qu’en est-il ? Les prix n’explosent-ils pas ?(puisque calculés par rapport au dollar)
        Excusez cette question qui relève du B A- BA de l’économie surement, je n’ai personnellement jamais vécu de dévaluation (enfin, j’avais 4 ans …)

        Le deuxième point, c’est que le problème finalement n’est pas l’Euro en soi, mais le fait qu’il soit plaqué sur plusieurs économies à législation, productivité, croissances variables, si je vous suis bien.
        Mais le problème de fond n’est-il pas que les pays Euopéens sont mal gérés ? Je veux dire, si l’ensemble des pays avaient eu une gestion à la suédoise, l’Euro n’aurai-il pas été un succès ?

        Hors sujet : merci du temps que vous passez à écrire/répondre sur ce blog !

      • chani dit :

        @Saku
        le prix de la baguette de pain évolue forcément (matières premieres, prix du transport..) même si on considère des productions locales (le tracteur a besoin de pieces détachées acheminées par avion et etc…)
        Nous sommes en économie globalisée : La dévaluation de la monnaie aura un impact à tous niveau dans le pays.

        Oui, à condition de nier l’identité des peuples; un allemand financerait les retraites des grecs sans sourciller, sans la moindre pensée comme quoi il finance à ses dépends la rente d’un étranger… Là oui, l’euro pourrait fonctionner car il y aurait une masse homogène de population sur le territoire européen. En réalité, il y a des peuples, avec leurs identités, leur histoire.
        A titre indicatif, les romains, napoleon et hitler avaient voulu imposer une monnaie, une culture et une uniformité sur leur territoire. L’histoire montre que les peuples s’y sont opposés. heureusement.

  7. optimiste dit :

    Ainsi résumé !! Bravo !!!

    Je présume que ce grand cataclysme va nous péter à la face durant ou après les grandes vacances ??

    Et après ?? Devrons nous rester sans rien faire ?? Je ne le pense pas et j’invite tout le monde à descendre dans la rue !!!

    Cela suffit !!!!! Abreuvés par les politicards de tout poil, leurs valets et servants, il est grand temps de brandir la trique !!

    Devenons tous des chasseurs de guignol !!!

    Charles a raison !!! chassons les !!! depuis le temps qu’ils nous amusent tous !!

    J’appelle à la RÉVOLUTION car nous en avons RAS LE BOL du Nabot, de la Titine, du DSK, FMI, FED, de

  8. optimiste dit :

    Descendons dans la RUE avec ceux qui ‘n’auront rien demain ou plus rien !!!!

    C’est l’hallali !!! pour eux et ceux qui sont derrière !!

    Assez de passivité !! à croire à un sauveur ou une sauveur providentiel nous sortira de là !!!!

    Ils va nous falloir être radicaux sans violence exagérée mais DÉTERMINÉ !!

    Ils ne doivent plus avoir aucun pouvoir !!! JAMAIS !!!

    MOI JE SUIS PRÊT !!! ET VOUS ????????

    • Bastiat dit :

      Les révolutions sont toujours d’origine bourgeoise, les révolutions du « peuple » n’existent que dans les livres d’histoire.
      « Qui a fait la révolution ? La vanité, la liberté n’étant qu’un prétexte ! » Napoléon. Je n’apprécie pas ce personnage mais sa qualité indéniable est le réalisme d’où sa bonne appréciation des hommes et des situations qui lui permettent de passer pour un génie pour certains. Alors euro, pas euro, socialiste utopique contre libéral, laissons faire l’histoire qui finalement est un long fleuve tranquille avec des débordements cycliques à certaines époques.

  9. <Ils ont donc perdu toute Souveraineté…
    Et, à propos des citoyens, quel souveraineté réelle ? On a l'impression que tous sont fait comme des rats, ou comme des lapins dans les feux d'une voiture. C'est plutôt à mon sens ceux-ci -les citoyens- qui sont dans cette position… Les autres, zozautorités, escrocs dans l'âme (qui n'avoueront donc JAMAIS leurs erreurs, errements) pensent, que par une pirouette, ils arriveront toujours à s'en sortir. Ils tiendront donc autant qu'il leur sera possible de tenir.

  10. Olivier dit :

    J’ai une question un peu naîve, mais comme je ne trouve pas la réponse, je me permets de vous la poser: quelle est la différence fondamentale entre l’euro et la dollar? Autrement dit, pourquoi le dollar serait une bonne chose pour les américains et l’euro une mauvaise chose pour les européens?
    Après tout, l’état fédéral américain contient aussi des états autonomes aux profils économiques très différents (quoi de commun entre la Louisiane et la Californie par exemple, et pourtant ils ont la même monnaie…)

    • Cher Monsieur,
      La reponse est toute simple.
      Les Etats Unis sont une nation et l’Europe ne l’est pas.
      Les Etats Unis ont un systeme social commun qui permet à chacun de bouger librement d’un etat a l’autre et ont un ministere des finances commun.
      Vous taxez la Californie et vous transférez des fonds vers la Lousiane et ça ne choque personne, tandis que les habitants de la nouvelle orleans vont chercher du boulot à Los Angeles. Meme langue, meme systeme social et d’imposition, meme systeme d’education, meme marche du travail, meme legislation
      Rien de tout cela n’existe en Europe et les electorats se sentent allemands, finlandais, grecs ou francais avant que de se sentir européens.
      Il n’y pas de nation européenne.
      Vous n’allez pas taxer les allemands pour que les Grecs puissent prendre leurs retraites a 58 ans!
      L’impot n’est accepté et acceptable que dans le cadre de la solidarite nationale
      Amicalement,
      cg

      • Balthazar dit :

        Je vous assure qu’un Texan se sent Texan et qu’un Californien de San Francisco ne se confond pas avec un Red Neck. Les taxes diffèrent fortement, plus qu’en Europe : vous payez par exemple le double en Californie qu’au Nevada pour l’essence. Il n’y a qu’un langue, mais vous entendez de l’Espagnol à tous les coins de rue et en Europe je n’ai jamais eu de difficulté à me faire comprendre avec l’anglais sauf à l’est où les anciens parlent le Russe.
        Vous avez également des Etats en faillite (Californie) comme chez nous en Grece. Quant au systeme social américain il est assez réduit. Et le notre le sera également vu que nos gouvernants s’acharnent à le plomber (35h, retraite à 60 ans, préretraites, etc ..). Où est la différence ??

  11. Guy dit :

    Bonjour M. Gave
    Est-il temps de passer dès à présent à l’achat sur les actions ou bien faut-il mieux patienter encore un peu avec des obligations courtes allemandes ou suédoises et revenir sur les actions plus tard?
    Cordialement,
    Guy

  12. PETRONE dit :

    A propos de la différence entre le dollar et l’Euro,

    je dirais tout simplement, à mon sens, que la grosse différence entre ces deux monnaies se situe tout simplement sur la confiance que l’on lui porte.

    Un américain sera toujours fier de son drapeaux, de son pays (tous les états réunis), de ses droits…

    Un européen sera toujours fier de son pays à lui (un seul état européen ).

    Il en va de même pour la monnaie. Le dollar représente la liberté, le pays, une culture.

    L’euro représente une contrainte, une administration lointaine, une monnaie qui fait perdre du pouvoir d’achat en plus…

    Voilà fondamentalement la grosse différence il me semble.

    Après, il y a fort à parier que le quidam international moyen, sentant que le monde s’écroule à ses pieds achètera du dollar plutôt que de l’Euro…. question de confiance!

  13. Enfin, si l’on doit se demander pourquoi ne se sent-on pas européens?

    Peut être justement à cause d’une création plus artificielle que voulue, la création ex nihilo d’un Frankestein financier, tiré et poussé par Trichet et consors.

    La politique monétaire de la France depuis 1984 n’a pas été élaboré en fonctions des besoins de l’economie française mais en fonction de ce projet politique qu’est l’euro;
    L’unique but de M.Trichet a toujours été d’empêcher les taux d’intérêt de suivre les taux naturels, le but étant de maintenir la parité Francs/deutsche Mark. Cette politique monétaire totalement inadaptée est la principale cause de la faiblesse de la croissance française, le coût du capital étant supérieur à sa rentabilité à cause d’un simple diktat de la banque centrale.En fait, M.Trichet est le principale responsable de la crise de la dette dans laquelle s’enfonce la France.

    C.G

  14. L’euro est la monnaie de plusieurs pays. Cette constatation implique que les taux d’intérêt de marché soient identiques dans tous les pays, ce qui suppose que ces derniers aient le même taux naturel de croissance.
    Or il n’en est rien.De ce fait, le système ne peut fonctionner. En conséquence, nous avons trop de maisons en Espagne, trop d’usines en Allemagne, trop de dette en Espagne, trop d’épargne allemande investie dans des actifs espagnols puisque personne n’a émis de dettes en Allemagne.

    C.G

    • Balthazar dit :

      Je ne suis pas du tout d’accord avec vos propos.
      Regardez l’Allemagne. Cela fait 15 ans qu’ils se serrent la ceinture, reforment intelligemment dans le consensus. Les états du sud ne connaissent pas le consensus. Les latins font tout dans l’exces. Ainsi l’Etat français dépense tout (mais pas les français qui ne sont pas aussi betes que leurs gouvernants) . En Grece ils ne produisent rien (connaissez vous le nom d’une firme Grecque ?) mais s’endettent sans compter. Et l’Etat espagnol a laissé les banques prêter aux jeunes sur 50 ans à taux variables pour acheter des immeubles qu’il savait trop nombreux … C’est ça les véritables causes, pas l’Euro. Et ça n’a rien à voir avec la croissance . Croissance espagnole réelle qui probablement pas si mauvaise. L’Espagne a une economie réelle et sait exporter. Laissons les remettre un peu d’ordre , ils se redresseront très vite. Occupons nous de nous, nous avons également beaucoup de problemes à régler. Et ils ne sont pas dus à l’Euro. Et le Franc n’arrangera rien.

      • Nicolas dit :

        « Les états du sud ne connaissent pas le consensus. Les latins font tout dans l’excès. » <=== ceci est archi-faux, au moins pour l'Italie et l'Espagne : au contraire, on y a une culture du consensus très forte et, au final, peu de manifestations (les "indignés" ont surpris et fait parler d'eux car ils étaient justement des ovnis dans une politique espagnole globalement très pacifiée). Gare aux clichés sur les méchants Latins inférieurs aux puissants Germaniques, on a déjà entendu cette ritournelle quelque part… Et que je sache, ni la Grèce, ni l'Irlande ne sont des pays "latins".
        En revanche, entièrement d'accord avec vous : il y a beaucoup d'atouts en Espagne que le pays devrait pouvoir rapidement mettre en valeur.

      • Nicolas dit :

        « Les états du sud ne connaissent pas le consensus. Les latins font tout dans l’excès. » <=== ceci est archi-faux, au moins pour le Portugal et l'Espagne : au contraire, on y a une culture du consensus très forte et, au final, peu de manifestations (les "indignés" ont surpris et fait parler d'eux car ils étaient justement des ovnis dans une politique espagnole globalement très pacifiée). Gare aux clichés sur les méchants Latins inférieurs aux puissants Germaniques, on a déjà entendu cette ritournelle quelque part… Et que je sache, ni la Grèce, ni l'Irlande ne sont des pays "latins".
        En revanche, entièrement d'accord avec vous : il y a beaucoup d'atouts en Espagne que le pays devrait pouvoir rapidement mettre en valeur.

  15. Michel dit :

    Bonjour à tous,
    1- Quelqu’un sait-il comment un particulier peut acheter des obligations courtes allemandes ou suédoise, tel que le conseil M. Gave.
    2- Est-il possible d’acheter du dollar d’une manière ou d’une autre (titres, etc…) sans passer nécessairement par un taux de change élevé des banques.
    Merci
    Michel

    • Cher Monsieur
      A mon avis, les banques allemandes ou suedoises doivent avoir des fonds de tresoreries que vous pouvez acheter a partir de votre banque
      En ce qui concerne le dollar, chaque banque francaise a des fonds de tresoreries en dollars ou les frais sont tres bas
      Amicalement
      cg

      • Guy dit :

        D’après ma banque (HSBC) on ne peut accéder qu’au marché secondaire pour choisir des obligations privées ou d’état.

      • Michel dit :

        Merci M. Gave,
        Mais y a t-il une différence entre fonds de trésoreries et obligations, ou bien est-ce la même chose?
        Cordialement,
        Michel

  16. Anne dit :

    Bonjour M. Gave,
    Je suis mère célibataire, je travaille dur pour élever mes enfants et essayer de leurs payer des études qui leur permettront je l’espère de découvrir d’autres horizons que le mien qui me parait bien bouché, surtout selon vos prévisions.
    Pour ce faire j’ai réussi à faire quelques économies que je ne souhaite pas voir disparaitre avec l’euro!
    Je n’ai pas non plus vos compétences ni votre talent et vos conseils semblent destinés à des gens avertis, dont je ne fais pas partie malheureusement.
    Comment puis-je donc placer cette épargne de façon assez simple?, car je ne pense pas que les conseils de mon banquier me soient d’un grand secours, au contraire.
    Merci de votre gentillesse
    Anne

    • Oui c’est vrai que l’on semble bien ignorant pour se protéger comme le dit cette mère… C’est grâce à vos ouvrages que j’ai commencé à m’intéresser à l’économie… mais quand à avoir une pratique en la matière, c’est une autre paire de manche.

    • clement dit :

      Bonjour
      @Anne

      c’est assez simple :
      Acheter des devises étrangères : Aller dans un bureau de change voire dans le pays en question s’il n’est pas loin
      Acheter de la dette d’un état : Demander à son banquier d’acheter des obligations de l’état X pour une durée de remboursement de Y mois. On peut passer l’ordre directement sur boursorama ou ing.
      Investir dans une entreprise cotée sur la bourse : Demander à son banquier d’acheter l’action Z pour un montant W indiqué.
      Investir dans un fond d’investissement : Soit contacter le fond directement pour placer ses économies, soit demander à son banquier d’investir dans le fond d’investissement par le biais de sa banque. Chaque banque propose des produits dans les fonds d’investissements principaux. Sinon, changez de banque. 😉
      Vous noterez qu’à chaque fois, votre banquier doit avoir un role d’executant; vous devez systématiquement choisir et demander par vous même les produits dans lesquels vous investissez.
      Pour info, j’avais travaillé tout un été pour commencer à investir en bourse. Je n’y connaissais rien à l’époque. Mon banquier m’a alors parlé d’un placement « sans risque » : Natixis, grande banque qui voulait s’introduire en bourse. J’y ai mis aveuglement mon pécule. Regardez la performance du titre depuis son introduction en bourse… Depuis, je n’écoute plus mes banquiers….

      Cdt
      Clément

  17. Yann dit :

    Bonjour Mr GAVE,

    Encore merci pour vos analyses et surtout pour votre style didactique et accessible à tous. Cependant j’ai une question sur votre regard de l’economie allemande que vous qualifiez de « mercantiliste ». Pourquoi ce qualificatif, est ce un comprotement négatif d’etre travailleur, bon gestionnaire, ou d’avoir investi dans les industries à fort potenciel d’exportation.

    Merci pour votre réponse..

    • sélectionner ce mot « mercantilisme », puis clic droit avec votre souris, choisir l’option Recherche Google pour mercantilisme et vous avez un début de réponse.

    • Mon cher Yann
      Certes non. Il est bon d’etre travailleur et de bien investir
      le probleme est que le gouvernement allemand a refuse plus ‘dune fois de dereglementer les secteurs ou l’Allemagne n’etait pa concurrentiel tout en reclamant a corps et a cri la libre concurrence
      Favoriser les exportations, brider les importations, cela s’appele du mercantilisme
      Amicalement
      CG

  18. THIBAUDIER dit :

    Monsieur GAVE

    Comme vous je me réjouis de la déconfiture prochaine de l’Euro et de la fin de l’état providence. Par contre, je ne partage pas votre optimisme quant au laps de temps pendant lequel les marchés financiers (surtout les actions, pour les obligations comme vous l’avez démontré la messe est dite) vont baisser.
    Ma crainte est que la chute ou l’implosion de l’euro n’ait des répercussions sur le dollar un peu comme les répliques qui suivent un tremblement de terre.
    Je vous laisse imaginer la pagaille quand l’euro et le dollar auront été dévalués. Je pense qu’il vaut mieux (pour le moment) se détourner des actions et revenir vers des placements physiques (or et pierre).

    Par la suite, il sera pertinent de revenir vers les actions. Nous serons alors dans un nouvel ordre mondial (avec la suprématie du yuan?) ou le dollar aura perdu sa suprématie. Le libéralisme ayant reconquis du terrain les actions monteront. En ce qui me concerne je pense que ce mauvais moment va au moins durer deux ans (à partir du jour de la chute de l’euro).

    Cordialement

    • her Monsieur
      J’ai toujours ete surpris par la rapidite d’adaptation des marches financiers en particulier uax bonnes nouvelles
      Le scenario que nous attendons est un desastre pour les banques, mais absiolument pas pour le reste de l’economie
      Nous verrons bien…
      Amicalement
      cg

      • Will dit :

        Le desastre attendu sur les banques aura forcement un impact sur les marches financiers car ces dernieres devront liquider rapidement leurs participations sur les marches. Hors, comme vous le precisez bien, les marches actions sont valorises a la marge, la vente simultanee des participations des banques provoquera une baisse prononcee ces marches. Le choc pourrait etre de courte duree car fondamentallement le reste de l economie devrait etre epargne par ce desastre bancaire creant ainsi des opportunites majeur d investissement « once in a life time ».

    • misskapoo dit :

      Qui de l’Euro ou du Dollar va tomber le 1er ?????
      Ce n’est cetainement pas en $ que je placerais quoi que ce soit, il y a d’autres monnaies plus sérieuses et moins connues telles que la couronne Norvégienne, pas la Suéduoise, et même la Roupie en laquelle j’ai plus confiance qu’au $ malgré une dévaluation réelle.
      Mais je suis surpris que C.G propose le $ alors qu’il va s’écrouler, quand ???, fin du QE2 ou fin du QE3 et alors la chute sera encore plus sérieuse.
      Pour moi surtout pas de $, plus grave encore que l’Euro, les US sont en faillite déclarée et profonde.

  19. CANDIDE dit :

    Bonjour Monsieur GAVE,
    J’allais justement participer à la conversation en évoquant la possible fédération des Etats Européens…Mais je vois qu’il y a eu plus rapide que moi. Mais je vous soumets néanmoins ma réflexion :
    Je suis heureux que vous ayiez fait référence à l’Histoire. Pour ma part, lorsqu’en 1989 le Mur de Berlin est tombé, je me suis fait cette réflexion : « « La classe ouvrière va connaître la fin de la période dorée et elle va être ramenée à ce que était en vigueur au début du XXème voire même au XIXème siècle. » » Seulement, il fallait un phénomène majeur (politique ou économique) pour provoquer cet effondrement ; mais lequel ?…Les années ont passé.
    Dans le même temps, quelqu’un estimait au contraire que nous allions connaître la Fin de l’Histoire. Bien piètre erreur, après coup, car nous ressentons aujourd’hui, au contraire, un emballement de l’Histoire car les événements qui surviennent aujourd’hui ne résultent pas de la confrontation simpliste de deux blocs mais par l’imbrication des économies devenues multipolaires.
    Or, il me semble que nous y sommes arrivés précisément, à cet événement majeur, avec la crise de notre monnaie commune : l’Euro. Nous voyons déjà se profiler dans notre pays les premières lézardes qui semblent devoir mettre fin à l’âge d’or : Réforme des retraites (allongement du temps de travail à l’échelle de la vie humaine, accroissement du nombre de contrats précaires voire même multiplication des stages non rémunérés alias « travail ex-illégal »…).
    Mais ces exemples ne sont là, à mon humble avis, que la manifestation de l’écume des vagues car c’est la seule chose que nous sommes en mesure de percevoir ou qu’on nous laisse entrevoir. Le mouvement de fond est ailleurs et c’est la lecture du livre de Annie Lacroix Riz « LE CHOIX DE LA DEFAITE – Les élites françaises dans les années 1930 » (Editeur Armand Colin) qui me fait penser ainsi, ouvrage – richement documenté de références d’Archives – que je considère comme étant un prolongement de l’écrit de Marc Bloch auquel le titre a été attribué de manière posthume : « L’ETRANGE DEFAITE ».
    Quelques points de repères, qui me sont personnels, m’inclinent à penser ainsi, et détrompez-moi, je vous prie, si vous pensez que je suis dans l’erreur :
    – Tout d’abord, la politique économique tout comme la politique étrangère au niveau des pays ne s’exerce pas au jour le jour. Je ne pense pas que les chancelleries ou que les banques centrales soient des salles de trading, prenant leurs décisions de fond au jour le jour ? Ainsi, pour le cas qui nous préoccupe, il convient non pas de regarder ce qui se passe aujourd’hui en plein milieu de la crise de l’Euro, mais interrogeons-nous plutôt sur les décisions qui ont présidé à la création de l’Euro et avant même cela, à la création de l’Unité Européenne ; c’est à dire tentons de discerner les grandes lignes directrices qui nous ont conduit là où nous sommes. Ensuite, examinons les différentes hypothèses qui ont été évaluées à ces points de départ et les choix mis en œuvre. Regardons si l’hypothèse de la déficience d’un Etat ou de plusieurs avait été évoquée et si oui, vérifions si les conséquences avaient été correctement évaluées et quelles méthodes ont été analysées pour en corriger les effets ? Nous y trouverions peut-être là ou seulement une partie de la réponse à nos interrogations actuelles. Gouverner, c’est prévoir, n’est-ce pas ?
    – Je ne peux admettre ensuite que la situation que nous connaissons actuellement résulte du seul concours de malheureuses circonstances ou d’imprévus. De même, certains ne devraient-il pas se battre la coulpe de n’avoir pas vu qu’en associant certains pays à l’Euro, ils entreprenaient un passage en force scandaleux attribuant ensuite aux méchants spéculateurs les coups de boutoir successifs que subit cette monnaie à cause du comportement irresponsable de certains gouvernants incapables d’inculquer la vertu économique à leurs citoyens, allant jusqu’à donner sans aucune élégance un surnom d’animal de basse-cour à ces pays ?
    – Lors de son discours d’adieu à l’Assemblée Européenne à STRABOURG, je me souviens que le Président de la République, François MITTERRAND, a prononcé cette phrase : « « Le nationalisme, c’est la guerre !… » ». On peut ne pas aimer cette personne, son action, sa pensée, chacun est libre. Mais pour ma part, je ne peux refuser de porter à son crédit, ce jour là, cette parole sensée, même si je n’épouse pas ses idées.
    – Le traité établissant une Constitution pour l’Europe qui a eu lieu le 29 Mai 2005 a été rejeté en France, par référendum alors qu’il avait été adopté le 19 juin 2004 par les 25 chefs d’état et de gouvernement des pays membres. Qu’à cela ne tienne, les dispositions seront reprises dans le Traité de Lisbonne qui sera ratifié par le Congrès français le 07 février 2008. De manière plus triviale, les citoyens français sont donc immatures et ne distinguent pas où se trouvent leurs vrais intérêts ; donc, il convient d’agir sans eux, comme les parents avec les enfants : « on demande ce que veulent les enfants, mais finalement ce sont les parents qui décident ! » Cela est certes vrai par humour mais malheureusement « non démocratiquement » vrai également.
    Donc, ces repères me conduisent à penser qu’envisager la sortie d’un pays ou de plusieurs pays de l’Euro n’est pas envisageable. C’est certainement un des chemins de la facilité, le plus radical et le plus rapide, mais ses conséquences centripètes pour l’Europe aurait des effets incommensurables. Un ministre de l’économie italien avait fait le rapprochement entre le traité de Wesphalie en 1648 qui mettait fin à la guerre de Trente Ans et le traité de Maastricht. L’inconscient populaire garde en mémoire les terribles conséquences de cette guerre de Trente Ans (L’arbre aux pendus de Jacques Callot 1643) et plus près de nous, l’Anschluss, la Seconde Guerre Mondiale. Non, le repli pour ne pas dire le retrait d’un seul Etat aurait des conséquences incalculables et irréversibles ! Quelles seraient les nouvelles relations entre la Grèce et la Turquie, avec la question chypriote, toujours pendante ? Quelles seraient les relations entre l’Allemagne et la Pologne avec la question des territoires pris par la Pologne sur l’Allemagne à la fin de la guerre ? Ceux ne sont là que des exemples. Toutes les questions pouvant conduire à des situations belliqueuses, même celles qui semblaient à jamais oubliées pourraient réapparaître !
    Non, l’Euro n’est pas un simple jeu d’écriture comptable. Si d’aucun ramène la question de l’Europe à la seule dimension de sa monnaie chancelante, il se trompe gravement. Tel est mon sentiment. Comme dans une famille, c’est dans la difficulté que l’on éprouve ses liens et nous arrivons à un carrefour où un choix devra être opéré : Ou nous tombons chacun de notre côté, cherchant petitement des alliances à droite ou à gauche au gré de nos intérêts du moment et nous seront, quoi que l’on fit, balayés par le vent de l’Histoire ou alors nous nous rassemblons encore davantage, abandonnant les derniers oripeaux de la vielle Europe pour réaliser Un véritable Etat Européen digne de ce nom (le fédéralisme ?)
    N’est ce pas un Président de la République Française, le Général De Gaulle, qui évoquait une Europe, de l’Atlantique à l’Oural ?
    L’expérience est une lanterne qui n’éclaire que le passé et le futur est l’écriture de tous les possibles. Avec cette crise, oserons nous franchir ce Rubicon ?
    Bien amicalement.

    • Gilles dit :

      Ces derniers mois, tant de choses « impossibles » ou « inenvisageables » se sont pourtant produites!….Alors, la ou les sorties de pays de l’Euro…..
      La « belle mécanique technocratique » s’est emballée, l’heure n’est plus à se demander quelles seront les conséquences, bonnes ou mauvaises. Lorsqu’on ne maîtrise plus rien, cela devient un luxe que de continuer à argumenter…
      Bonne soirée,
      Gilles

    • prime dit :

      il me semble discerner un amalgame entre l’euro et l’europe. l’euro est une monnaie, rien de plus.

    • Cher Candide
      Qu’il faille se debarasser de nos elites actuelles, c’est evident
      Que cela coincide avec une periode difficile , c’est probable
      Que le pire soit certain, je ne le crois pas du tout
      Mon experience avec la Suede ; le Canada et bien d’autres avant est que quand la Liberte qui avait ete vendue pour un plat de lentilles revient, les choses s;ameliorent
      AMICALEMENT

    • Balthazar dit :

      Bravo pour votre commentaire. Juste dans le raisonnement et beau dans la pensée. Je suis entièrement d’accord. Vive l’Europe.

  20. BA dit :

    Jeudi 26 mai 2011 :

    Si jamais le Fonds monétaire international (FMI) décidait de ne pas verser la prochaine tranche à la Grèce dans le cadre d’un plan d’aide de 110 milliards d’euros pour le pays, alors il est attendu des pays européens qu’ils interviennent, a déclaré Jean-Claude Juncker.

    « Si les Européens apprennent que les fonds que doit débloquer le FMI le 29 juin ne peuvent l’être, alors le FMI attend des Européens qu’ils prennent le relais et assurent la part FMI du financement de la Grèce », a déclaré jeudi le président de l’Eurogroupe.

    « Mais ceci ne sera pas faisable en raison de la réticence de certains parlements – en Allemagne, en Finlande, aux Pays-Bas et ailleurs – à intervenir de la sorte », a-t-il poursuivi lors d’une conférence de presse.

    http://www.lefigaro.fr/flash-eco/2011/05/26/97002-20110526FILWWW00606-l-ue-doit-aider-la-grece-si.php

  21. Vincent dit :

    cher M. Gave,
    c’est tres simple :
    allons jusqu’au bout et harmonisons tout en Europe : fiscalité, impots, age de la retraite, etc etc. Alors là oui le systeme serait viable ! La pression va aller crescendo dans les prochaines semaines, on y arrivera peut etre ?
    amicalement
    Vincent

    • prime dit :

      vincent, le mode d’emploi s’il vous plait, merci.

    • Cher Vincent
      Mais pourquoi faudrait il faire cela
      La richesse de l’Europe est dans sa diversite
      Laissons chacun se gerer comme il veut et faire des experiences dans un cadre juridique partage
      Pas besoin de recreer l’URSS
      Amicalement
      cg

    • Anonyme2 dit :

      Et les peuples ont peut-être leur mot à dire, non? Faire pression sur les peuples pour leurs faire accepter des réformes dont ils ne veulent pas me semble être peu démocratique.
      Vous n’êtes quand même pas de ceux qui aime la démocratie seulement quand elle va dans leur sens?

  22. Francis dit :

    Bonjour M. Gave,

    Bravo pour ce billet auquel j’adhère pleinement. Les marchés, pourtant libres, ne semblent pas aller dans la même direction. Avec des CDS et des rendements de titres grecs qui sont montés aux étoiles, mais un euro qui se tient plus que bien et des bourses européennes résistantes, les marchés paraissent croire plus à un défaut « géré » de la Grèce qu’à un bouleversement qui porterait à un éclatement ou à une redéfinition du système euro. Il est vrai que les marchés peuvent évoluer très vite, mais cela fait toujours peur d’avoir raison (contre les marchés) trop tôt.
    Amicalement,
    FC

    • prime dit :

      oui, francis, je ressens comme vous, mais est ce que l’explication de la bonne tenue de l’euro ne serait pas que les marchés anticipent un euro réservé aux seuls pays « solides », allemagne, pays-bas et scandinaves….?? les autres ayant quitté l’euro.

  23. Politicien dit :

    Je prends moi aussi un pari : dans 15 ans l’Euro sera encore là !

    « Effet de manche »

  24. jacques dit :

    Cher Mr Gave, petite question qui me turlupine. Si la Grèce sort de l’Euro et dévalue son drachme , cela va encore gonfler sa dette libellée en euros . Ne va-t-on pas vers quelque chose qui rappelle l’emprunt russe de mes grand-parents et qui va tapisser les sous-couches de papier-peint des halls des banques ?

    • Steve dit :

      @Jacques
      Non car les emprunts doivent être remboursés dans la monnaie nationale! S’il reviennent à la Drachme, ça sera beaucoup plus facile pour eux de rembourser! (après dévaluation de 50pcs par exemple)
      Et tant pis pour les créditeurs!

    • Cher Monsieur
      La dette Grecque est emise dans la monnaie qui a cours legal dans l’Etat Souverain de Grece, tel que cela est defini par le Parlement Grec
      Si demain la Grece quitte l’Euro, la dette Grecque deviendra de jure une dette en DRACHME
      Amicalement
      cg

    • Balthazar dit :

      Si la Grece quittait l’Euro elle devrait rembourser en monnaie locale. Bien évidemment, l’Etat qui aura promis monts et merveilles à son peuple, le tout sans rien réformer, utilisera la planche à billets pour rembourser. La monnaie locale ne vaudra plus un kopeck. Ils vont connaitre un bonne baisse de niveau de vie puisque tous les produits importés vont monter (pétrole, vehicules, matières premières, etc ..). Franchement je leur souhaite bonne chance.

      Mais ce n’est pas la dette le probleme. C’est l’economie du pays. La dette pourrait etre (et sera) reduite facilement par défaut de paiement ou par l’inflation, éventuellement en se retirant de l’euro.

      Si la monnaie devient locale et que l’Etat rembourse en emettant de la monnaie, cette dernière va s’effondrer et elle ne se redressera pas tant que l’economie du pays ne se redressera pas. Et s’ils ne quittent pas l’Euro sans s’acquitter des dettes, plus personne ne leur prétera tant qu’ils n’auront pas fait les réformes nécessaires. Dans tous les cas, la fête est finie.

      • Cher Monsieur
        Le texte du traite stipule que les banques centrales locales peuvent en cas de circonstances exceptionelles prendre des effets de leurs banques commerciales en pension, mais il faut d’abord en demander l’autorisation a la BCE
        Je crois que cela s’est passee une fois en Irelande et les montants etaient minimes
        De Droit, la seule habilitee a prendre des effets en pension est la BCE qui de ce fait est la seule en risque s’il ya default
        Techniquement, la BCE est une filiale des autres banques centrales
        Si il y avait default de la grece, il faudrait recapitaliser la BCE
        Mais avec quel argent?
        Le FMI va t’il preter de l’argent a la Grece pour que celle ci le file a la banque centrale qui achetera des actions de la BCE pour que celle derniere puisse prendre en pension des effets Grecs?
        On est en plein delire, ce quie st toujours le cas quand on batit un truc mal foutu
        Amicalement
        CG

  25. >doivent être remboursés dans la monnaie nationale
    ?
    Si j’ai prêté des Euros, je tiens à recevoir mes Euros plus les intérêts. Mais si le pays auquel j’ai prêté me dit : « ce seras ma nouvelle monnaie locale ou rien ». Est-ce que j’ai le choix ? Je peux peut-être tenter une action en justice qui prendra des décennies avec l’espoir que durant ce temps ce pays se redresse et redevienne solvable… Pari risqué.
    C’est du moins ce que je peux penser du coin de ma fenêtre, n’ayant aucune expérience en matière financière. Mais en réalité, qu’en es-t-il vraiment ?

  26. Ping : CF » Blog Archive » Le franc suisse dans tout ses Etats

  27. Cavalier Ponzi dit :

    Bonjour Monsieur GAVE,

    Ne pensez-vous pas que si les Bigs Banks européennes s’effondrent, les effets de la contagion ne soient pas susceptibles de toucher les banques américaines, les dettes et contreparties étant entrecroisées, je pense notamment au Shadow banking?

  28. Francis dit :

    Bonjour M. Gave,

    Je me permets de vous poser la question qui suit dans l’espoir qu’elle puisse intéresser d’autres lecteurs et que vous ayez le temps d’y répondre.
    Plusieurs articles de presse récents dont un aujourd’hui dans le FT (art. De Martin Wolf) ont mis en évidence le rôle joué par les banques centrales européennes nationales dans l’application de la politique décidée au niveau du comité directeur de la BCE. Il en ressort que le re-financement des banques des différents pays se fait non pas directement avec la BCE mais par l’intermédiaire de leur banque centrale nationale respective.
    La question est de savoir si le mécanisme du SEBC fonctionne suivant le schéma 1 ou le schéma 2 ci-dessous ou un autre encore:
    Schéma 1: les banques centrales nationales se limitent à détenir une partie du capital de la BCE et d’y déposer leurs réserves. À partir de cette base, elle prêtent à leur système bancaire nationale comme le ferait, un cran en-dessous, une banque commerciale qui maintiendrait ses réserves auprès de la banque centrale du pays et prêterait aux entreprises et au public. Donc avec un effet multiplicateur.
    Schéma 2: les banques centrales nationales ne sont que des courroies de transmission et toutes les opérations sont re-financées à l’euro près auprès de la BCE.
    Autrement dit le passif de la BCE vis-à-vis des banques centrales se limite-t-il au capital et aux réserves déposées auprès de celle-ci ou contient-il toutes les opérations de refinancement effectuées par les banques centrales européennes (c’est-à-dire – côté passif – tous les titres d’État pris en collatéral par ces dernières)? Dans ce cas le prix auquel sont comptabilisés ces titres (avec hair-cut ou pas) est significatif.

    Mon hypothèse est qu’officiellement le bilan de la BCE n’est pas la consolidation des bilans des BCN.

  29. Si le système bancaire ne change pas, rien ne changera.

    Vous pourrez mettre les hommes les plus intègre qui soient à la tête des Etats et de l’Europe, tant que les monstres bancaire dirigent et dictent aux gouvernements ce qu’ils doivent faire ou non, l’avenir restera sombre, une minorité deviendra toujours plus riche et l’énorme majorité continuera de s’appauvrir.

    Nous somme dans un véhicule qui puise le sang de nos veines pour avancer, on aura beau limiter la vitesse, la mort est assurée.

    • misskapoo dit :

      Le système bancaire n’est nullement responsable de qui se passe, seuls les politicards depuis 40 ans doivent en assumer la responsabilité.
      Les banques n’ont fait que prêter NOTRE argent aux états incapables de gérer leurs pays.
      Si une banque fait faillilite, c’est NOTRE argent qui disparaît, une petite recherche sur ce qui s’est passé en Argentine il n’y a pas si longtemps vous renseignera mieux que des mots, vous verrez ce qu’il adviendra de votre compte en banque.
      Certes les banques montrent les dents aujoud’hui et tiennent les poticards, mais elles doivent retrouver leurs fonds car il s’agit de NOS fonds.

  30. ALBIN dit :

    Cher Monsieur,
    Tout ce que vous publiez est on ne peut plus rationnel.
    Donc sans influence sur la multitude.
    Des hommes politiques, au nom d’une « idéalité » du nom de l’Euro ont « emberlificoté » des peuples.
    Mais derrière cette « idéalité » se trouve une aspiration commune aux peuples de l’Europe: la paix intra-communautaire.
    C’est aux peuples de l’Europe de payer le prix de leur propre paix. Des jeunes américains par milliers ont payé de leur vie par 2 fois en 1 siècle la liberté des européens. Cette jeunesse hors d’Europe n’a pas à payer le prix de la paix pour des peuples européens décadents qui attendent tout des autres (et donc de politiques/ fonctionnaires irresponsables).
    La faillite annoncée de l’Euro est une grande chance donnée aux peuples de l’Europe de construire une entente économique face aux blocs des BRIC -Japon – USA.
    Concernant cette idée, relire Gustave Lebon:
    « Pour un avenir dont la distance échappe encore, les prévisions sont moins
    sombres parce que le monde verra se développer progressivement un nouveau facteur de paix : l’interdépendance financière et industrielle des peuples. Au milieu des
    motifs de collisions : haines ethniques, ambitions, rivalités industrielles, etc. il
    représente l’unique aurore d’apaisement. Trop de dissemblances mentales séparent
    certaines races pour qu’elles puissent arriver à sympathiser, mais la communauté des
    intérêts économiques les obligera sans doute à se supporter.
    Gustave Le Bon, Premières conséquences de la guerre. (1916)
    Alors, VIVE la faillite de l’Euro !
    MERCI à tous nos hommes politiques démago.
    Ils feront peut être sans le vouloir ce qu’ils n’avaient même pas oser penser pouvoir faire !

    • Cher Monsieur
      C’est une vielle lubie des francais que de croire que les USA sont au bord de l’effondrement.
      Tocqueville le siganalait deja en son temps
      Le Dollar est la monnaie d’un pays puissant mais mal gere, qui a montre plusieurs fois dasn son histoire qu’il savait fort bien virer les incompetents du type Carter et se reformer, ce qu’il a commence a faire
      L’euro n’est pas une monnaie, mais une construction technocratique qui ne peut pas ne pas s’effondrer tant ses contradictions internes sont flagrantes
      Le dollar est aujourd’hui deux ecarts types sous evalue en parite des pouvoirs d’achat, et les USA, hors petrole et Chine sont en excedent exterieur
      Qui plus est les societes americaines dominent comme jamais dans l’histoire tous les secteurs d’avenir en particulier le secteur de la connaissance et de la nourriture
      Je ne me fais pas beaucoup de soucis pour le dollar, mais j’ai surement tort.
      il se trouve cependant que dans ma vie financiere, j’ai eu beaucoup plus souvent raison que tort, ce qui m’a permis de gagner beaucoup d’argent en suivant mes idees plutot que ce que disait Attali ou Alternatives Economiques qui reussit dans son titre a cumuer un non sens, une faute d’orthographe et une faute de Francais, tout ca en 2 mots
      Amicalement

      • ALBIN dit :

        Exactement comme G. Lebon disait des USA ! Pas d’inquiétude pour les USA !
        La question n’est pas de savoir quelle place occupera la France par rapport aux USA ni même si les USA ont toutes probabilité de voir l’Alaska devenir un pays indépendant au nom de la libre détermination de ses Inuits….qui reluquent pétrole et droit de passage…..
        La question est de savoir quelle place pour la France dans une Europe où la vision technocrato/socialiste (le riche – mais pas le fonctionnaire CEE – paye pour le pauvre au nom de la solidarité). Cette vision va disparaître

  31. ALBIN dit :

    Ce qui est remarquable, c’est que nos arrière- grand-pères, toutes classes sociales confondues, ont donné sans hésiter leur vie pour la liberté de leur descendance.
    Qu’en 1962 De Gaulle (mentalité du 19 ème siècle) a fini par rembourser les dernières dettes de la France pour ne pas faire supporter aux générations futures une fiscalité qui ne les concernait pas.
    Mais que depuis 1970 environ les élites politiques et économiques ont tiré sans vergogne une traite sur les générations suivantes non seulement du point de vue fiscal, mais surtout écologique et santé publique (radioactivité et mutations génétiques).
    Que jusqu’en 2008, les élites, dans les crises graves, ont payé pour le peuple , mais que désormais le peuple devra payer pour lui même. Les élites, c’est à dire la fraction de 5 % de ceux qui possèdent la fortune, la culture, la santé, l’éducation, des raisons de vivre (engagement dans ONG par exemple), etc…. quittent les « enfers » sociaux pour des paradis plus calmes (Suisse).

  32. ALBIN dit :

    Exactement comme G. Lebon !

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