Quand les politiques s’en mêlent ou s’emmêlent?

Comme les lecteurs s’en sont sans aucun doute rendus compte, les marchés financiers depuis plus de 10 ans ont été quelque peu …difficiles.

Les crises ont succédé aux crises, les crashs aux crashs, et bien sur il est de bon ton de rendre responsables de tous ces malheurs la mondialisation, l’ultra libéralisme, l’avidité des financiers ou des banquiers.

Bref, comme dans tous les temps difficiles, la recherche du bouc émissaire bat son plein.

A mon humble avis, toutes ces excuses ne valent pas tripette.

Nous sommes dans une situation difficile parce que nos hommes politiques nous y ont collé alors que personne ne leur demandait rien.

Ces braves gens ont décidé que les investissements dans le monde devaient non pas suivre la rentabilité marginale du capital investi, comme cela avait été le cas de 1980 à 2000 mais les directions obligatoires que dans leur grande sagesse ils savaient être les bonnes.

Pour faire simple, nous sommes en crise parce que nous avons des hommes politiques qui veulent laisser leurs noms dans l’Histoire (à ce propos, quelqu’un connait il le nom d’un homme politique Suisse ? Est ce pour cela qu’ il n’y a pas de crise en Suisse ?…) et  bien sur ils s’y sont tous mis…

  • Les Chinois ont décidé de suivre une politique mercantiliste en sous évaluant systématiquement leur monnaie. Le capital la bas est donc investi  non pas en fonction de la rentabilité du capital dans une économie libre mais en suivant  un « faux prix » (le taux de change est anormalement bas).Tout le monde sait que cette politique n’est pas durable et entraîne de graves déséquilibres à l’échelle du monde. Pour assurer le succès de cette brillante idée, les dirigeants Chinois pratiquent inévitablement  le contrôle des changes et empêchent donc leurs citoyens d’investir  a l’étranger les surplus que leur travail a engendré, ce qui déchaîne l’inflation et la spéculation immobilière chez eux. On se croirait en France en 1981
  • Les Européens pour ne pas être en reste ont créé un monstre  financier sous le  beau nom d’Euro. J’ai écrit il y a 10 ans que ce « machin » comme aurait dit de Gaulle allait amener a plus mauvaise allocation de capital depuis l’invention de l’Union Soviétique et qu’il allait mener  à trop d’usines en Allemagne, trop de maisons en Espagne et trop de fonctionnaires en France , tout cela se terminant par la faillite de certains états lorsque l’Allemagne , selon une tradition bien établie ne voudrait plus payer. Nous y sommes, l’épargne française a été dirigée manu militari vers les obligations d’états européens, tous plus malades les uns que les autres et a donc une valeur « faciale » élevée, mais une valeur réelle douteuse.  La nymphe Europe avait été enlevée par le Dieu Grec Zeus déguisé en taureau, il est à craindre que l Euro ne souffre a nouveau du fait des Grecs. L’histoire se répète.
  • Enfin, aux USA, les Keynésiens qui avaient disparu de la scène après les désastres qu’ils avaient crées dans les années 70 sont revenus au pouvoir et expliquent a qui veut les entendre que la solution pour les USA est de ruiner les épargnants en maintenant  des taux réels négatifs, d’appauvrir le consommateur  en faisant baisser la monnaie et de créer de la richesse en faisant croître le poids de l’état dans l’économie (la base philosophique de toute bonne politique Keynésienne) , ce qui la encore n’incite personne a investir ou a embaucher à la grande surprise des économistes en particulier français convertis depuis longtemps a la religion étatique qui les nourrit .

COMMENT ? la croissance de l’Etat ne nourrit pas la croissance économique? Stupéfaction générale

Cette description est un peu inquiétante, aussi  pour ne pas désespérer non pas Billancourt mais la mythique veuve de Carpentras je me dois de signaler quand même trois très bonnes  nouvelles.

 

La première, comme je ne cesse de le répéter, c’est que parallèlement à ce désastre étatique, jamais les sociétés industrielles ou commerciales  n’ont jamais été aussi bien gérées et profitables.

 

La deuxième, c’est  que  nous arrivons à la fin de ce que j’ai appelé le social clientélisme. Ce qui veut dire que nous avons devant nous non pas une crise économique mais une crise des états, ce qui n’est pas du tout la même chose et ce qui va les forcer à se reformer comme l’avait fait la Grande Bretagne de Mrs Thatcher, la Suède après sa faillite de 1992, le Canada après 1994, la France sous  Pinay il y a hélas  bien trop longtemps déjà.

 

La troisième c’est que tous ces blocages vont sauter un jour ou l’autre, et que quand ils sauteront, ce sera une bonne nouvelle et non pas une mauvaise.

 

La stratégie d’investissement que je préconise est donc fort  simple et n’a pas bougé depuis  plusieurs trimestres :

  • Acheter les sociétés  à cash flow positif qui ne dépendent pas pour leurs chiffres d’affaires de l’un ou l’autre des états endettés.
  • Mettre des limites stupides (à l’achat) sur ces valeurs, en espérant que dans une panique elles seront touchées. Les conserver précieusement ensuite puisqu’elles ont une valeur intrinsèque ce qui n’est pas le cas du reste.
  • N’avoir aucune obligation d’état a l’intérieur de l’euro sauf allemandes: qu’est que vaut une obligation émise dans une monnaie qui ne devrait pas exister  par une Etat qui a vocation à faire faillite ?
  • Pour les plus braves faire du « trading » en achetant au son des canons  quand le marché est bien « survendu » pour vendre aux sons des violons quand il est bien « suracheté »

 

CG

le 9/06/2011

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A propos IDLibertés

L ‘Institut des Libertés est un think tank indépendant. Constitué sous la forme d’un fonds de dotation (loi du 4 août 2008), l’Institut des Libertés est enregistré auprès de la préfecture de Paris. Notre souhait aujourd’hui au travers de l’Institut des Libertés est de tenter de proposer des pistes de réflexions libérales, sur des sujets aussi vaste que l’Economie, la Finance, les Sciences , la Littérature ou la politique. Sans tenter de professer un catéchisme ni d’influer politiquement, L'institut des Libertés se propose comme une plateforme de parole alternative ou tout un chacun serait libre de venir contribuer institutdeslibertes@gmail.com. Redonner enfin au libéralisme son vrai visage; non pas celui d’une finance sans foi ni loi mais bien celui du siècle des lumières, profondément humaniste et fervent défenseur des libertés individuelles.
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70 commentaires pour Quand les politiques s’en mêlent ou s’emmêlent?

  1. BO dit :

    Sans Liberté de Blâmer, Point d’Eloge Flatteur
    Je vais donc vous porter un peu de contradiction pour que mes éloges flatteurs prennent toutes leurs valeurs 🙂

    Vous dites que le problème vient de nos hommes politiques qui veulent laisser leur nom dans l’histoire, je pense que c’est strictement le contraire …
    Vous citez De Gaulle et le « Machin » , De Gaulle a laisser son nom dans l’histoire quelles traces laisseront ces successeurs …
    Je pense que le problème est justement du au fait que nos leader politiques n’ont plus envie de laisser réellement leur nom dans l’histoire mais préfèrent une place de salarié de luxe si vous voyez ce que je veux dire.

    Vous vous battez contre « le plus froid des monstres froid », l’état et c’est l’essence même du libéralisme les pionners américains vrai libéraux s’il en était avaient complété cela
    « Contre l’état et la banque »

    « Qui paye commande » et nos politiques ne commandent plus rien d’essentiels depuis déjà pas mal de temps
    La Fed, la BCE sont-elles privées ou publiques ?
    Le poids financier de l’état croit à peu prés aussi vite que sont pouvoir politique fond, simple compensation financière.
    Le placard est souvent doré ça aide à l’accepter :)))

    « Donnez-moi le pouvoir de créer la monnaie et je me moque de qui fait les lois ! ».
    Amshel Rothschild.

    Bien amicalement

    • Cher Monsieur
      De Gaulle ne voulait pas laisser son nom dans l histoire
      I’ll voulait servir son pays ce qui n est pas la meme chose
      Amicalement
      Cg

      • BO dit :

        Cher Mr Gave
        On peu très bien vouloir servir son pays et ne pas être contre laisser son nom dans l’histoire.
        De toute façon quand un président est patriote, stratège et dévoué il laisse naturellement son nom dans l’histoire de son pays
        La réciproque étant vrai vous comprendrez que nos élites actuelles ne laisseront aucunes traces à part des ardoises …
        Les ardoises des uns étant la richesse des autres …
        Encore merci pour vos articles et le temps que vous accordez au débat d’idée

        cdlt

  2. Je dirais que tous ces politocards (terminologie H16) ont été formés à l’école de la page blanche qui renvoie à une création ex-nihilo du monde et appel de ce fait un dieu créateur. Ils revendiquent donc également cette position adossée à leur création style Euro, création ne supportant pas l’épreuve des faits mais faits qu’ils veulent ignorer pour toujours (ne sont-ils pas des dieux ? dieux qui nous emm…).
    Les entrepreneurs sont plutôt, eux, formés à la dure école de la vie faite de destruction-transformatrice.
    Il m’est apparu que le concept de Schumpeter de la destruction-créatrice était quelque peu vicié car amalgamant deux conceptions du monde ce que j’ai exprimé dans ce post Sur le caractère biaisé du concept Shumpitérien de la destruction-créatrice .

  3. El oso dit :

    Cher Monsieur,
    Je suis souvent d’accord avec vos analyses mais je bute sur certaines d’entre elles..
    Tout d’abord le yuan. Vous dîtes qu’il est sous-évalué. Sur quelle base, vu qu’il n’est pas convertible? Le yuan a été longtemps arrimé au dollar, dont il a donc suivi l’évolution. Depuis qu’il ne l’est plus, il s’est apprécié et continuera à le faire, au rythme que les Autorités chinoises jugeront bon. Elles n’ont pas oublié la mésaventure du yen, dont la réévaluation a provoqué la crise que vous savez, dont le Japon n’est toujours pas sorti. Si les produits chinois envahissent le monde, ce n’est pas parce que le yuan est sous-évalué mais parce que les salaires chinois et le coût de leur vie y est plus bas qu’ailleurs…
    Ensuite, l’Allemagne. Condamnée par vous pour mercantilisme…Je n’arrive pas à m’y faire. Pour moi, l’Allemagne est un exemple. Des entreprises sérieuses, des citoyens sérieux, des politiques sérieux. Des banques un peu moins sérieuses, certes. Mais les banques sont privées…
    Enfin, l’euro. Ce machin, comme vous dîtes, est une belle idée, quand même. L’Europe est la première puissance économique mondiale, et l’eurozone son fer de lance. Elle mérite sa propre monnaie. Des disparités entre états? Certes. Des différences de productivité? Certes. Mais est-ce une raison suffisante pour saborder les efforts consentis jusqu’à ce jour? Les canards boîteux devront tôt ou tard restructurer leur dette, certes. Et après?
    Il faudra faire ce que la Suède et le Canada ont fait, on sait que c’est faisable. Le problème, plus que l’euro, n’est-il pas l’incapacité de nos politiques à faire les réformes nécessaires? M. Juncker disait  » les politiques savent exactement ce qu’il faut faire pour ne pas être réélus »…

    • El oso dit :

      Je voudrais également vous faire part de mes doutes sur le dollar.
      Il est désormais clair que la crise a été provoquée par une politique monétaire erratique et par des décisions politiques erronées (affaire des subprimes). La croissance américaine a été artificielle, alimentée par une consommation débridée due au crédit et à l’effet de richesse boursier puis immobilier.
      Maintenant, les consommateurs sont prudents, chômage, précarité et surtout endettement global supérieur à un an de PIB. L’immobilier ne cesse de baisser et la bourse commence à s’essouffler. La fin du QE2 va se faire sentir. Dans ces conditions, je ne vois pas comment l’économie américaine pourrait repartir, sans parler du fait que les émergents vont développer leurs propres réseaux de manière à court-circuiter le dollar.
      Il y a certes de beaux restes, des entreprises compétitives, de belles universités, des positions-clé dans nombre de domaines technologiques, et…une puissance militaire sans équivalent.
      Mais le moteur de la croissance a des ratés, et cela ne va pas changer dans un avenir prévisible.
      Au total, je comprends mal votre engouement pour le dollar…

    • BO dit :

      L’euro et l’Europe sont à la nation ce que la copropriété est à la maison individuelle …
      Une belle idée sur le papier et un enfer au quotidien !
      La maxime européenne pourrait être
      « Comment résoudre a plusieurs les problèmes que nous n’aurions pas seul » :)))

      Comme dans toute copropriété importante le seul qui y trouve son compte est le syndic qui tond régulièrement les propriétaires enchaînés au règlement interne qu’ils ont eux même voté…
      A vous de voir qui est ce syndic de l’Europe 😉

      Cdlt

      • Nam dit :

        La copropriété parait un enfer pour ceux qui ont font partie, mais il ne faut jamais oublier que pour tous les autres qui n’en font pas partie, la copropriété est un paradi!

        Par exemple les propriétaires immobiliers en France ne sont vraiment pas à plaindre, et pourtant ils se pleignent tout le temps (je parle d’expérience en tant que président de conseil syndical d’une grosse copro).

        Rien n’est ingérable, il faut juste un peu d’intelligence politique et de rationnalité !!

        Mais bon, la rationnalité dans l’offre politique actuelle en France… c’est un vilain mot (limite synonyme de « pingre »).

  4. El oso dit :

    On reproche à l’euro d’avoir eu tendance à favoriser l’emprunt à bon prix. Faut-il accuser l’euro ou le laxisme des gouvernants?

  5. Desmeuzes dit :

    Je pense en effet que pour l’investissement il faut attendre la phase panique de baisse qui comme vous l’avez dit « 15 jours de baisse et 15 ans de hausse » dans un autre article.

    Amicalement.
    Marc

  6. M.H. dit :

    El oso,

    L’Allemagne fait mieux que ses voisins en partie grâce à la politique inflationniste des pays voisins, qui s’amusent à inflater la masse monétaire, en particulier, les PIGS. Leurs prix et salaires augmentent plus (et plus vite) qu’en Allemagne, ce qui provoque une perte de compétitivité, un surplus d’importations sur les exportations (les PIGS ont un gros déficit de balance commerciale), et une tendance vers la dépréciation monétaire. L’Allemagne est un exemple précisément parce qu’elle est plus prudente.
    Pour ce qui est de la Chine, il est vrai que leur compétitivité s’explique essentiellement par une abondante main-d’oeuvre bon marché. Mais en alignant sa monnaie sur le dollar, la Chine empêche les prix américains de tomber. Si un énorme afflux de capitaux américains pénètre sur le sol chinois, les prix aux USA vont baisser, ce qui va automatiquement accroitre la consommation des produits américains par les américains et les chinois (puisqu’ils reçoivent la monnaie américaine, ou alors le yuan s’apprécie en vertu du marché des changes, ce qui revient au même) ce qui implique immédiatement une chute des exportations chinoises, devenues plus coûteuses. La logique du change fixe appliqué au Yuan est précisément de « subventionner » l’exportation, et de maintenir des prix toujours aussi bas. Le consommateur américain est donc subventionné, mais parce que le gouvernement US rachète sa propre monnaie en émettant des Bons du Trésor. C’est comme consommer à crédit.

    • M.H. dit :

      Petite correction :
      « Leurs salaires nominaux augmentent plus vite qu’en Allemagne, ce qui provoque une perte de compétitivité »

    • Cher Monsieur
      C est rigolo de voir a quels point meme les lecteurs de mon blog sont mercantlistes
      Qui preferiez vous etre
      Le Grec qui a emprunte a une banque allemande pour acheter sa Mercedes ou la banque allemande?
      Les banques allemandes (ou francaises qui ont brilllament finance les exportations allemandes) ont 1500 milliards de papier pourri contre meme pas la moitie en fonds propres
      Si les banques cessent de preter au Grec I’ll cesse d acheter et declare sa faillite tout en gardant bien sur sa chere Mercedes
      L ouvrier allemand se retrouve au chomage avec les employes de la banque qui ferme ses portes
      De fait tout le secteur financier allemand est en faillite (banques compagnies d assurance caisses de retraite_
      La faillite de l europe du sud=faillite des banques au nord ( et au sud d ailleurs)
      Et vous trouvez ca de bonne gestion?
      Meme chose pour la Chine
      Amicalement

      • Clement dit :

        Cher monsieur,
        pourtant, que se passera t il lorsque le grec ayant ruiné la banque allemande par ses depenses exhuberantes se représentera sur le marché ? Personne ne pretera, sauf peut etre à des taux pour le coup exhuberant.
        Faire faillite est une solution à court terme mais tres risquee à long terme.

        Cdt
        Clement

      • Cher Monsieur
        Bien sur
        Mais les marches ont la memoire courte
        Aujourd’hui, l’Islande qui a fait faillite se presente a nouveau sur les marches et ses obligations sont souscrites sans probleme
        Il est moins dangereux de souscrire apres une devaluation et une faillite qu’avant…
        Amicalement
        cg

      • Cher Clement,
        A dire vrai, je n’ai jamais ete doue pour le jeu des chaises musicales
        Quand un pays fait faillite, cela prend toujours plus de temps que ce q quoi un esprit raisonnable pouvait attendre
        Comme le disait Oscar Wilde quand on lui posait la question : ‘COMMENT AVEZ VOUS FAIT FAILLITE »
        La reponse etait, au debut, tout doucement, apres, a toute vitesse
        Amicalement
        cg

  7. M.H. dit :

    Charles Gave,

    « Les banques allemandes (ou francaises qui ont brilllament finance les exportations allemandes) ont 1500 milliards de papier pourri contre meme pas la moitie en fonds propres »

    Je crois que vous m’avez mal compris. Le problème c’est la monnaie commune, qui consiste à subventionner les pays inflationnistes et de surcroit peu productifs (les PIGS) en achetant des produits allemands via de gigantesques pyramides de crédits. L’Allemagne ne se retrouverait pas avec tous ces problèmes sur le dos s’il n’y avait pas l’euro. Il y a fort à parier que la demande intérieure allemande serait plus forte, sans l’euro, de même qu’il y a fort à parier que le déficit des PIGS n’aurait pas été celui qu’il est actuellement ,sans l’euro.
    Ce que vous ne semblez pas comprendre, c’est que l’Allemagne, plus prudente que ces voisins, a vu ses salaires nominaux augmenter moins vite. Ce détail important contribué à accroitre la compétitivité de l’Allemagne, au détriment de sa consommation, et au profit de la consommation des PIGS (entre autre). On en revient au même problème : la monnaie commune.

  8. THIBAUDIER dit :

    Monsieur GAVE

    Ainsi que j’ai déjà eu l’occasion de vous le dire, je vous trouve diablement optimiste! Certes la fin de l’état providence est une excellente chose, mais dans l’intervalle les choses ne sont guère réjouissantes.
    Les états vont faire faillite et n’auront d’autre choix que de se réformer. Par contre dans leur faillite, ils vont entrainer les banques. Lors de la précèdente crise des subprimes, ce sont les banques qui ont du faire face à des impayés. Les états les ont renfloués en creusant encore un peu plus leurs déficits. Dans le cas qui nous occupe, ce sont les états qui ont « refilé » leurs obligations aux banques. Cette fois ci, ils vont avoir du mal à les renflouer puisque d’une part ils sont à l’origine des impayés des banques et d’autre part, leurs finances ne le leur permettent plus.
    Or si les banques font faillite ou à minima n’ont plus assez de fonds propres pour préter, cela va géner les entrepreneurs. Confère votre cours (l’état est mort, vive l’état) où vous expliquez que les banques servent d’intermédiaires entre les entrepreneurs (qui prennent tous les risques) et les rentiers (qui ne veulent surtout pas en prendre). Or si les entrepreneurs ne trouvent plus à se financer, nous aurons un problème. Seules les entreprises avec un cash flow récurrent passeront entre les gouttes.
    Par ailleurs, dans l’aventure, les rentiers (c’est à dire tous les français qui auront pris des assurances vie ou des obligations) vont être « euthanasiés » (c’est votre expression). C’est à dire qu’ils vont perdre une bonne partie de leurs économies. Vous ne me ferait pas croire que cela sera sans incidence sur la consommation et sur l’économie en général. Nos chers entrepreneurs vont avoir beaucoup moins de clients ou des clients qui vont vivre chichement. En langage économique, cela s’appelle une récession. Pour noircir le tableau la bête (c’est à dire les états) ne va pas se rendre sans combattre. C’est à dire qu’ils (les états) vont laisser filer l’inflation (ça aide à soulager l’endettement) ou carrément pratiquer la spoliation avec des taxes diverses et variées.
    Dans ces conditions et dans l’attente d’un effondrement des cours de la bourse propice à des rachats à bon compte, je ne vois que l’or (ou à la rigueur la couronne norvégienne) pour guarantir le peu que j’ai gagné jusqu’ici!

    Cordialement

  9. Politicien dit :

    France: la note sous pression vers 2020

    avec Reuters
    10/06/2011 | Mise à jour : 13:52 | Réactions (2)

    L’agence de notation Standard and Poor’s pourrait remettre en cause la note « triple A » de la France à l’horizon 2020 si celle-ci n’amplifie pas la réduction de ses déficits et ne mène pas de nouvelles réformes de la Sécurité sociale.

    Dans une étude sur le vieillissement de la population publiée vendredi, S&P souligne en revanche que le AAA pourrait être maintenu jusqu’en 2050 si la France parvient à équilibrer ses comptes publics en 2016, toutes choses égales par ailleurs.

    La note AAA accordée à la France par les trois principales agences de notation internationales lui permet d’emprunter à des taux avantageux sur les marchés financiers pour couvrir ses déficits et refinancer sa dette publique.

    « Si les autorités françaises ne poursuivent pas la réforme du système de retraites, ne continuent pas de modifier le système de Sécurité sociale et ne consolident pas la situation budgétaire face à la hausse des dépenses de santé et de retraites, il est peu probable que Standard and Poor’s maintienne sa note AAA », lit-on dans cette étude.

    Les auteurs jugent toutefois peu probable que les facteurs démographiques et le vieillissement affectent la note de la France dans les trois à cinq prochaines années.
    Ils expliquent que sa démographie assure à la France une situation relativement favorable par rapport à d’autres pays et que la récente réforme des retraites devrait contribuer à alléger le fardeau budgétaire à court terme.

    Mais en l’absence de progrès supplémentaires, la situation des finances publiques de la France serait plus proche de celle d’un pays noté AA en 2020, d’un A en 2025, d’un BBB en 2030 et d’un pays noté en catégorie spéculative avant 2040, dit l’étude.
    Les auteurs pensent que le gouvernement français poursuivra dans la voie de la réduction du déficit public, qu’il prévoit pour l’instant de réduire à 5,7% du produit intérieur brut fin 2011, 4,6% fin 2012, 3,0% fin 2013 et 2,0% fin 2014.

    « Si la France équilibrait son budget en 2016, l’amélioration de l’endettement net du pays serait suffisante pour que nous maintenions notre note AAA presque jusqu’à 2050 (toutes choses égales par ailleurs) », écrivent-ils.

    Le gouvernement français prévoit que le rapport dette publique/PIB commencera à baisser à partir de 2013. Ce ratio atteindrait selon lui 84,6% du PIB en 2011, 86,0% en 2012, 85,6% en 2013 et 84,1% en 2014.

    Si rien n’est fait, S&P estime que la dette gonflerait au contraire pour atteindre près de 370% du PIB en 2050.

    Tu en penses quoi Cher Charles ?

    • El oso dit :

      Si S&P voit juste, nous avons amplement le temps de conserver nos euros…;-)

    • Bastiat dit :

      Si S&P envisage 2020, c’est pour 2012 car cette agence ne prend pas en compte la spirale infernale de l’échec, toujours exponentielle. Par exemple, la Grèce Boum ! puis Boum, Boum ! partout. Je ne partage pas l’optimiste de Charles Gave mais il ne veut pas être à l’origine de défenestrations ! On peut le comprendre.

    • Bastiat dit :

      les difficultés sont programmées
      reprise de mes notes 2010
      …Notre ministre Lagarde a fait passer un décret d’apparence anodine mais grave de conséquences.
      Les assureurs vie pourront refuser de satisfaire aux demandes de rachat sans se justifier…
      …Les organismes, assureur et banque, ne sont pas tenus de générer des fonds propres s’ils investissent dans des fonds souverains (obligation d’Etat) – décrets août 2010

      reprise de mes notes 2005
      « La France en « junk bond » dans 35 ans ? » La Tribune – Mardi 22 mars 2005 – page 26
      suite à une alerte de S&P qui envisage de graves problèmes en 2040 (seulement)
      2005.vers.2040
      2011.vers.2020
      la spirale est bien exponentielle

  10. El oso dit :

    Et la faillite de l’état sera pour nos petits-enfants…

  11. non seuelement les (« ultra »)- libéraux sont des capitalistes donc proches du mal absolu sur Terre, mais en plus, dans la bouche des journalistes bobos français, ils sont aussi asssimilés à des violeurs http://leparisienliberal.blogspot.com/2011/06/accuse-de-viol-de-droite-ultra-liberal.html

  12. danmaru@wanadoo.fr dit :

    je n’ achète rien
    je ne vends rien
    j’ ai de l’or
    je retourne me coucher
    bonne nuit

  13. Saku dit :

    « Si S&P voit juste, nous avons amplement le temps de conserver nos euros…;-) »

    Si l’on voit dans la note AAA non pas un indicateur de bonne santé économique, mais la capacité d’un gouvernement à lever des impôts, cela veut dire que S&P considère que le gouvernement français peut continuer à tenir le rythme de vie actuel en renflouant par des augmentations d’impots encore pendant une bonne dizaine d’année. +1% par ci, + 1 % par là, taxe des plus values sur les ventes d’appart, … hier j’entendais parlé de taxes sur les oeuvres d’art. Quand on réfléchit bien il y a encore pas mal de sujets à taxer, jusqu’à l’étouffement.
    Cela n’a absolument rien de réjouissant.

  14. BC dit :

    Monsieur,

    Si on suit votre stratégie d’investissement et en particulier placer des ordres d’achat à seuil de déclenchement bas voir très bas, cela suppose d’avoir du cash à investir à ce moment là. Comment placer ce cash en attendant que les ordres d’achats se déclenche ? Je me souviens d’un précédent post où vous parliez de bond du trésor suédois mais comment diversifier davantage ? Gold ?

    Outre les sociétés à cash flow positif et récurrent des pays peu endettés, que pensez-vous des sociétés avec bcp d’asset dans leur bilan / producteur de commodities?

    Merci,

    BC

    • Cher Monsieur
      D’apres ce que je peux savoir, beaucoup de gens ont emprunte enormement de dollars pour acheter des producteurs de matieres premieres et des matieres premieres. Les USA ont aujourd’hui un excedent exterieur hors petrole et Chine et le dollar est deux ecrats types sous evalue
      Si le dollar se mettait a monter, ce serait tres vite un bain de sang
      personnellemnt, je garde mon cash en dollar US
      Pour l’instant, j’ai eu tort
      C’est la vie
      Amicalement
      cg

  15. petitrader dit :

    ça ne s’arrange pas…

    L’agence de notation Standard & Poors a abaissé lundi de trois crans la note de la dette à long terme de la Grèce, de « B » à « CCC », et l’a assortie d’une perspective négative, considérant que le pays présente un risque « encore plus élevé » de défaut, dans un communiqué.
    « La perspective sur le long terme est négative. La dégradation reflète notre opinion qu’il y a un risque encore plus élevé d’un ou de plusieurs défauts », soulige l’agence.
    S&P rappelle notamment que la Grèce ne pourra pas aller sur les marchés financiers en 2012 et « probablement après », comme il était convenu dans le cadre du plan d’urgence de soutien de l’UE et du FMI pour le pays.
    Le 9 mai, l’agence avait déjà dégradé la note de la Grèce de deux crans la note du pays, à « B » contre « BB- », dans la catégorie des emprunteurs peu fiables.

  16. Bastiat dit :

    Analyse – Mercredi15 juin 2011 – « Nouveau raccommodage de l’euro en attendant le suivant » – Par Emmanuel Garessus (excellent)
    http://www.letemps.ch/Page/Uuid/ae9fc040-96c4-11e0-bd41-a65d24664961/Nouveau_raccommodage_de_leuro_en_attendant_le_suivant

  17. Pascale dit :

    Lu aujourd’hui sur Le Point :
    http://www.lepoint.fr/economie/le-grand-retour-des-protectionnistes-14-06-2011-1341754_28.php
    Ce qui confirme ma conviction que vous êtes un grand optimiste M. Gave. À ce jour, aucun homme politique français ne s’aventurerait à défendre et à promouvoir le libéralisme. Je les vois plutôt, tous autant qu’ils sont, continuer à s’agripper à toujours plus de réglementations. Et même si l’État meurt, ils continueront à prétendre que c’est le libéralisme la cause de tous les maux. Le libéralisme est diabolisé partout, il suffit d’aller visiter les blogs dits de gauche comme ceux de droite. Comme je l’ai déjà dit le système est bien verrouillé et il se verrouille chaque jour un peu plus par ceux qui le contrôlent.
    Personnellement je trouve cela assez terrifiant. Mais peut être est-ce moi qui suis une grande pessimiste …

    • Gilles Hector dit :

      Je ne pense pas que le gouvernement grec soit libéral et pourtant il prévoit une vague de privatisations.
      Le pire n’est jamais sûr.
      Et quand la plupart des investisseurs pensent que tout est foutu, quelques uns se préparent à faire des affaires. c’est un peu l’impression générale qui ressort de ce fil. : La plupart sont pessimistes, un seul est optimiste. Bien sûr il y aura du sang peut être et des larmes surement.

    • Cher Monsieur
      Comme le dit le poete c ‘ est dans les heures noires de la nuit qu I’ll est beau de croire a l aurore
      Nous avons ete dans l obscurite depuis tellement longtemps que plus personne ne croit a la lumiere
      Et pourtant la verite l emportera toujours sur le mensonge comme le disait jean paul II
      Amicalement

      Cg

    • El oso dit :

      Monsieur Gave a une revanche à prendre sur la France, qu’il a quittée lorsqu’elle « est passée de l’ombre à la lumière », comme il dit ironiquement…
      Je souscris à son analyse sur les finances publiques françaises mais je ne puis arriver à le faire lorsqu’il s’agit de l’avenir de l’euro. Ni quand il recommande le dollar.
      Quant à son espoir de voir un jour prochain une France libérale, il est malheureusement vain. La France est marquée par 66 ans d’état providentiel et l’ensemble de la classe politique est résolument étatiste. Ce qui signifie que la quasi totalité de l’électorat attend tout de l’état. Que la majorité des professeurs d’économie en France sont keynésiens.
      Le libéralisme en France est un combat perdu d’avance, hélas…

      • Gilles dit :

        Les vrais combats ne se mènent-ils pas lorsque tout paraît perdu et que personne n’y croit plus?
        C’est peut-être justement dans ces moments de grandes turbulences et instabilités qu’il faut jeter ses forces dans la bataille pour oser changer les choses!
        Il n’y a de fatalité que de fatalistes!
        Cordialement,
        Gilles

      • Cher Monsieur
        J’ai rencontre beaucoup de pessimistes dans ma carriere, et pour ainsi dire aucun qui se soit enrichi
        Comme le disait Sacha Guitry , je crois, ‘ la difference entre un optimiste et un pessimiste est que les optimistes sont en general heureux et de bonne humeur »
        Je suis trop vieux pour etre grognon
        Amicalement
        CG

  18. Ping : Le Bourbier Européen : Nouveau raccommodage de l’euro en attendant le suivant… « le blog a lupus…un regard hagard sur l'écocomics et ses finances….

  19. PETRONE dit :

    Et puis: il arrive à l’optimiste et au pessimiste d’avoir tort ou raison… mais, des deux, ce sera toujours l’optimiste le plus heureux.

    Pour le reste, il me semble bien que c’est dans le creux des vagues que l’on commence à prendre son inertie pour un grand surf non?

  20. Gilles dit :

    Cher M.Gave,
    Est-il trop tard pour changer ses euros en devises étrangères. Si non, quelle monnaie privilégier selon vous?
    Couronne suédoise, dollar canadien, dollar US, franc suisse,…???
    Et, quel est le type de support idéal pour éviter les frais de changes très importants pratiqués par les banques?
    Merci,
    cordialement,
    Gilles

    • El oso dit :

      Tout le monde n’est pas aussi pessimiste que Monsieur Gave sur l’avenir de l’euro.
      Attention à ne pas faire de contresens.
      Lire à ce sujet:
      http://www.lecho.be/nieuws/archief/David_Murrin-_-Ne_plus_investir_en_dollar–.9070473-1802.art
      Il ne faut pas mettre toutes ses sources dans le même panier, si j’ose dire…

      • Gilles dit :

        Merci « el oso », de nous faire partager cet article très intéressant.
        Avis contre avis: difficile de se faire une opinion claire.
        On ne sait plus à quel sein (ou plutôt devise) se vouer!!
        Mais en même temps M. Gave a tellement dit de vérités jusqu’à présent et surtout depuis si longtemps (voir ses livres), que j’ai tendance à lui accorder une grande confiance d’analyse. A tort ou à raison l’avenir nous le dira…
        Gilles

      • prime dit :

        l’article ne pose que des affirmations. et sans liens les unes avec les autres. aucune argumentation, donc aucune crédibilité…. rien à voir avec les démonstrations de Charles.

  21. petitrader dit :

    « Ce qui m’inquiète au plus haut point » par le suisse Olivier Crottaz :

    http://blog.crottaz-finance.ch/?p=7609

    Amicalement.
    Marc

  22. Bastiat dit :

    Les mots changent, les maux restent.

    Le plan d’action national n’est pas du keynésianisme, alors késaco ?
    Tenez-vous bien, c’est une aide (indirecte) aux compagnies prétrolières accordée par Eric Besson.
    Les pétroliers ont quatre secteurs d’activités : recherche-exploitation / Transport / Raffinage / Distribution.
    Le raffinage pose un problème de rentabilité car il faudrait investir massivement dans la réhabilitation des raffineries pour produire du produit fini de qualité. L’entrepreneur pétrolier qui est un idiot, pense qu’importer le produit fini coûte moins cher ! Eric ne l’entend pas de cette oreille et à défaut de pouvoir tancer l’entrepreneur, se charge de cette activité pour lui.
    D’ailleurs ses arguments ne sont pas très raffinés : « Eris Besson a annoncé le lancement d’un plan d’action national sur le raffinage, pour assurer la sécurité d’approvisionnement de la France, favoriser la compétitivité de la filière raffinage (sic), en anticipant les reconversions et les restructurations à mener. »
    Cette mesure a été approuvée par le premier ministre ; les pétroliers ont vraiment trouver le bon fillon pour faire passer insidieusement des charges sur le contribuable. on est encore loin de sortir la tête du puits.

    • Cher Bastiat
      Ils n’apprendront jamais
      Entre les deputes qui veulent forcer Air France a acheter des AIRBUS et Besson qui veut proteger » la filiere de raffinage francaise, rien ne nous sera epargne
      La seule chance c’est que l’etat fasse faillite, comme ca ils n’auront plus d’argent pour faire n’importe quoi et serons obliges d’aller le gagner a la place de nous le voler
      On peut toujours rever
      Amicalement
      CG

      • Dex dit :

        Bonjour,

        En même temps, concernant les Airbus, (je précise que sur le fond, je suis d’accord avec vous) peut-être qu’il est important de faire passer un message aux USA qui nous l’ont quand même joué à l’envers avec le contrat des avions ravitailleurs.

        Donc tout le monde sait bien où mène le protectionisme, mais il faut que ça marche dans les deux sens, ce qui n’est déjà plus le cas.

    • Anonyme dit :

      Monsieur Charles Gave,
      Allons-nous assister à un procès du keynésianisme ?
      http://www.batiactu.com/edito/photovoltaique—l-etat-et-erdf-assignes-en-justic-29368.php
      bien cordialement

    • Bastiat dit :

      Désolé, mon dernier message est passé en « anonyme » – terme dont j’ai horreur.

  23. Nitsch dit :

    Cher Monsieur,
    Je suis bien souvent d’accord avec le diagnostic que vous établissez, mais il me semble buter sur la métaphore du Titanic: La meilleure stratégie était bien entendu de ne pas monter dessus, mais quand on y est et que l’on a pas fui en barque avec les premières classes, quelle est la bonne stratégie pour survivre?

    A mon sens, il faut faire un pari sur l’issue de la crise de la dette. Comment celle ci sera t-elle gérée

    Or la situation que vous décrivez me rappelle fortement celle que la finance internationale a connu entre 1986 et 1990 avec la dette du tiers monde: après plusieurs accords de refinancements internationaux, alliant étalement de remboursements et crédits nouveaux pour payer les intérêts, il a bien fallu constater en 1989 que personne ne pourrait rembourser l’intégralité. Cela s’est soldé par un abandon de 35% des créances, avec un solde garanti par des obligations à 20 ans du trésor américain. Cela s’est appelé le plan Brady. Pourquoi 35% ? parce que cela correspondait à ce qu’avaient pu provisionner le système bancaire sans faire faillite. Les possibilités de comptabilisation permises par le calcul actuariel et la baisse des taux d’intérêts ont sauvé la situation par la suite.

    Avec des taux déja bas, cette technique sera difficile à mettre en oeuvre. Cependant, comme me le mentionnait le vice président de la banque Paribas, l’essentiel était que cela ne s’arrête pas. Dans le mode de pensée de la finance, on fonctionne à perpétuité ou en perpétuités. Il n’y a pas pire situation qu’un remboursement des créances, car alors tout le système se contracte.

    Notre problème est aujourd’hui de savoir comment les « pouvoirs » publics vont gérer la faillite, quand objectivement la dette est devenue impayable: Il n’y a techniquement que trois solutions:

    1. Restructurer les dépenses de l’Etat et devenir vertueux: Nous observons personne ne l’a fait en France et personne n’est plus crédible lorsqu’il annonce qu’il va le faire. Lorsqu’il le fait, il y a de tels troubles qu’aucun homme politique ne persévère.
    2 Déclarer la faillite et ne pas rembourser plan Brady; blocage des comptes en banque; conversions de dettes en obligations à 30 ans sans intérêts… . Cette méthode a généré des gouvernants comme M. Chavez
    3. Faire de l’inflation. Cette dernière solution est sans conteste celle qui va prévaloir:
    – Le remboursement des dettes pourra intervenir avec l’apparence du respect des contrats, mais en monnaie qui ne vaut plus rien
    – La baisse du pouvoir d’achat se fera sans négociation difficile, car l’inflation est quotidienne et les augmentations de salaires annuelles
    – La dévaluation compétitive se fera par la force des marchés
    – Les hommes politiques pourront clamer leur « indignation » sans risque
    – Les impôts monteront tout seuls, car les amortissements des actifs se feront à la valeur « historique », ce qui gonflera le résultat avant impôt des entreprises
    – Le tout, sans faillite des banques
    En m’autorisant un mauvais jeu de mot, l’inflation est la solution de ceux qui ont perdu toute valeur.

    Ma prochaine question sera donc, où et sur quels actifs investir des actifs monétaires tant qu’ils valent quelque chose ou qu’ils ne nous sont pas confisqués par les taxes(donc jusqu’au 31 / 12 / 2011)

    Bien cordialement
    N. Nitsch

  24. Gilles dit :

    M. Gave,
    Quelque chose m’échappe!
    Ne peux t-on pas imaginer, tout simplement, que la Grèce soit en défaut de paiement et que les banques qui ont souscrit des obligations d’Etats, en l’occurrence Grecs, subissent leurs pertes, comme n’importe quel petit épargnant qui n’a pas misé sur le bon cheval?
    Pourquoi faut-il donc que les états (et donc les contribuables) viennent à leur secours?
    Quel seraient les effets d’un tel scénario sur les marchés financiers, à savoir laisser les banques se dépatouiller?
    Cordialement,
    Gilles

    • Malheureusement les banques vont menacé de se mettre en faillite ce qui fait peur a tout le monde depuis Lehman et le contribuable paiera à cause de la lacheté de nos politiques qui n’ont pas su maîtriser nos financiers.

  25. Kun dit :

    Bonjour,
    Imaginons un français ayant divers comptes « type livret A » en France et ayant compris les problèmes qui se profilent pour son epargne.S’il plaçait cet argent dans des comptes tout aussi classique mais cette fois dans des pays bien gérés.Ferait il une grossière erreur?

    Salutations

  26. Kun dit :

    Pardon petit complément du message ci dessus.
    Un pays comme la suisse par exemple.

  27. spicko dit :

    Faire la politique c’est devenu faire de l’argent

  28. ERIC dit :

    Cher Charles GAVE
    Juste pour nous détendre un peu
    Que pense le boucher de Meribel de tout ça?

  29. Bastiat dit :

    http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k56730180.r=bastiat.langFR
    Cet ouvrage de 1849 illustre parfaitement l’article de monsieur Gave.
    Attention, ce monsieur Bastiat est dangereux car en 150 pages il risque de vous faire découvrir que nos soi-disant économistes qui causent dans le poste, sont des guignols.

  30. que pensez vous de la solution évoquée ce jour pour sortir la grèce de la crise :

    *******************************
    AFP le 27/06/2011 à 17:11
    Banques et assureurs français ont conçu avec le Trésor une solution de principe pour contribuer au nouveau plan d’aide à la Grèce, qui se traduirait par un renouvellement sur 30 ans de la moitié des engagements des créanciers privés, laissant du temps au pays pour se redresser.

    Concrètement, les établissements français réinvestiraient, chaque fois qu’une obligation grecque arriverait à échéance et serait remboursée au cours des trois prochaines années, 70% de la somme qui leur serait restituée.

    Sur ces 70%, 50% seulement iraient directement dans des obligations à 30 ans de l’Etat grec et les 20% restants seraient mis en réserve pour constituer une sorte de garantie sur cette nouvelle dette grecque.

    Le taux des nouvelles obligations grecques serait proche de ceux obtenus par le Fonds de stabilité européen (FESF), qui bénéficie d’une notation « AAA, » la meilleure possible.

    Environ 76,5 milliards d’euros d’obligations grecques doivent arriver à échéance d’ici fin 2014, selon des chiffres de l’Agence de gestion de la dette publique grecque.

    « Ce n’est pas un plan français, c’est une initiative des banques privées », sans soutien, de garantie publique, a souligné une source gouvernementale.

    Le président français Nicolas Sarkozy a estimé lundi qu' »il y avait là un système que chaque pays pourrait sans doute trouver intéressant », ajoutant qu’il « espérait » que ce plan soit adopté par l’Union européenne.

    Il devait être présenté lundi à Rome lors d’une réunion entre l’Institut de la finance internationale (IIF), le lobby des grandes banques internationales, et des responsables gouvernementaux européens, dont Vittorio Grilli, président du Comité Economique et Financier européen.

    « L’idée, c’est qu’on ne soit pas tous seuls à y aller », a expliqué un banquier français sous couvert d’anonymat.

    Le ministère des Finances allemand a salué lundi l’initiative des créanciers français, par la voix d’un porte-parole.

    Peter Chatwell, stratégiste de Crédit Agricole CIB, a souligné que la réaction des marchés à ces annonces a été plutôt modérée lundi, signe que le schéma est plutôt bien perçu.

    Pour Gilles Moec, économiste de Deutsche Bank, cette formule présente l’avantage d’offrir à la Grèce un délai raisonnable pour redresser ses finances.

    Cet allongement de maturité permettrait « que le marché n’ait pas le sentiment que, dans quelque temps, (la Grèce) va se retrouver dans une situation identique » à celle qu’elle connaît aujourd’hui, a acquiescé la directrice générale de la Fédération bancaire française (FBF), Ariane Obolensky.

    Autre qualité essentielle de ce plan, il « éviterait probablement de déclencher un événement de crédit » et ne serait pas considérée par les agences de notation comme un défaut, selon M. Moec, évitant ainsi à la Grèce et à l’Europe les deux principales menaces susceptibles d’affoler les marchés.

    Pour autant, si la formule semble fonctionner, « c’est une concession supplémentaire faite aux banques », juge Cyril Regnat, stratégiste obligataire de la banque Natixis, car leur engagement direct vis-à-vis de la Grèce serait réduit de moitié.

    Pour lui, « le problème, c’est qu’on ne couvre que 50% » des engagements et que le reste pourrait prendre la forme d' »une aide supplémentaire qui viendrait des pays de la zone euro ».

    Une source gouvernementale française évoquait, pour remédier à ce « trou » de 50%, la possibilité « d’élargir le champ » à d’autres créanciers privés, comme les fonds de pension, et obtenir d’eux l’engagement d’un maintien total ou partiel de leur exposition à la Grèce.

  31. Aldri dit :

    Cher Monsieur,

    Ne pensez-vous pas que L’euro soit en fait une bombe à hydrogène financière, dont l’explosion aura non seulement des conséquences pour l’Europe et ses habitants, mais aussi pour l’ensemble de la planète ?
    Cordialement.

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