Je suis triste

Je suis triste

Une monnaie a deux prix, un prix extérieur (le taux de change) et un prix intérieur (le taux d’intérêt). Si le pouvoir politique bloque le taux de change avec un deuxième pays « plus productif », alors le commerce extérieur du pays le moins productif va commencer à se dégrader avec le temps et l’on assistera a une chute de ce qu’il est convenu d’appeler le taux de couverture des importations par les exportations. Dans une situation « normale » ou le premier pays aura conservé sa souveraineté monétaire, on assiste a chaque fois a une lente montée des taux d’intérêts dans le pays le moins efficace, cette hausse du taux de l’argent anticipant en quelque sorte l’inévitable dévaluation qui clôt le processus et remet les pendules a l’heure.

Rien de tout cela n’est possible dans l’Euro. Ce qui se passe est très différent. Le pays le moins efficace voit son activité ralentir structurellement, mais ne peut rien faire pour corriger les déséquilibres. Activité en baisse veut dire déficit budgétaire en hausse (plus de dépenses, moins de rentrées, conséquences inéluctables de la perte de compétitivité). Ces déficits toujours croissants se financent sans difficultés, au moins au début, sur les marchés financiers. Malheureusement, les déficits accumulés se transforment petit a petit en dettes, et il arrive toujours un moment ou les marchés commencent a prendre peur sur la capacité de l’Etat du pays faible a rembourser sa dette dans ce qui est en fait la monnaie du pays fort. De ce fait, l’ajustement nécessaire ne se fait plus par la dévaluation, mais plus brutalement par la faillite de l’Etat qui a collé son système économique dans une situation d’infériorité. En économie, comme le disait Bastiat, le meilleur économiste que la France ait eu, il y a ce que vous voyez, la possibilité de se balader en Europe et de payer partout avec les mêmes billets, et ce que vous ne voyez pas, l’inéluctable faillite des Etats Italiens, Espagnols, Portugais que cette possibilité entraine.

L’étape suivante est tres facile à décrire. Tout le monde va s e rendre compte qu’un Euro dans une banque Espagnole ne vaut pas un Euro dans une banque Allemande et tout un chacun va se précipiter pour transférer tous ses Euros des banques Espagnoles vers les banques Allemandes. En termes techniques, cela s’appelle une crise bancaire ou en Anglais, un « run on the banks » Ce mouvement est marqué par une chute rapide des dépôts bancaires dans les pays faibles et bien entendu par une hausse extravagante des taux d’intérêts dans ces mêmes pays faibles, l’argent devenant rare devient fort normalement hors de prix

L’Euro est donc un Frankenstein financier qui ne peut pas fonctionner dans sa structure actuelle, ce que je ne cesse de répéter depuis des années. Hélas, trois fois hélas, tout se passe comme dans une tragédie Grecque, ou tout le monde sait ce qui va se passer et ou personne ne peut rien faire pour empêcher un dénouement dont tout le monde se doute qu’il sera tragique.

Je suis donc profondément triste parce que je sais la masse des souffrances que l’explosion inéluctable de ce monstre va créer. Une partie importante de l’épargne Européenne va être détruite, des établissements financiers de renom vont se trouver en difficultés et leurs actionnaires seront ruinés alors même que les dirigeants n’ont fait que suivre les directives et les réglementations qui leur étaient imposées par les pouvoirs politiques à l’ origine de cette monstruosité économique, le chômage va exploser…. Tout cela était parfaitement évitable et n’est le résultat que de l’incompétence mâtinée d’arrogance d’une certaine classe politique ou administrative que j’ai appelé les « ignoramus » et à qui le désastre ne coutera rien mais qui voulait voir son pouvoir s’accroitre, un peu comme les généraux pendant la guerre de 14 qui envoyaient les poilus se faire tuer a Verdun pour « entretenir le moral des troupes ».

Je répète donc encore une fois ce que je dis depuis deux ans

· N’ayez aucune obligation d’Etat, sauf peut être le Bund et des obligations Suédoises

· N’ayez aucune valeur financière, dans la mesure où elles sont certainement bourrées de ces mêmes obligations.

· Evitez tout ce qui en Europe dépend de la demande ou de la consommation locales. Une grande partie de cette dépense n’a pas été « gagnée » mais a été « empruntée », elle va donc disparaitre.

· Diversifiez au maximum votre portefeuille dans des actifs non Européens, soit directement, soit par l’intermédiaire de sociétés Européennes qui ont déjà fait le boulot pour vous.

· Vendez les actions allemandes. Si le DM renait de ses cendres, la rentabilité anormalement élevée des affaires allemandes, conséquence directe de l’Euro, va s’effondrer.

Pour terminer comme toujours sur une note d’optimisme : des occasions d’achat invraisemblables vont apparaitre sur les plus belles valeurs Européennes d’ici quelques temps.

En ce moment, j’ai tres peur. Mais je n’ai jamais gagné d’argent dans les marchés financiers qu’en étant mort de peur, donc je me tiens a l’affut. Les canards volant bas, tres bas vont apparaitre tres bientôt.

Le jour ou il faudra acheter, c’est le jour ou les télévisions ne se donneront même plus la peine de retransmettre la conférence de presse du Gouverneur de la banque centrale européenne tant il aura perdu toute crédibilité.

Nous n’en sommes pas loin.

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A propos IDLibertés

L ‘Institut des Libertés est un think tank indépendant. Constitué sous la forme d’un fonds de dotation (loi du 4 août 2008), l’Institut des Libertés est enregistré auprès de la préfecture de Paris. Notre souhait aujourd’hui au travers de l’Institut des Libertés est de tenter de proposer des pistes de réflexions libérales, sur des sujets aussi vaste que l’Economie, la Finance, les Sciences , la Littérature ou la politique. Sans tenter de professer un catéchisme ni d’influer politiquement, L'institut des Libertés se propose comme une plateforme de parole alternative ou tout un chacun serait libre de venir contribuer institutdeslibertes@gmail.com. Redonner enfin au libéralisme son vrai visage; non pas celui d’une finance sans foi ni loi mais bien celui du siècle des lumières, profondément humaniste et fervent défenseur des libertés individuelles.
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128 commentaires pour Je suis triste

  1. PETRONE dit :

    Il me semble que le club grossit a vue d’oeil….

    Personnelement je suis Mr GAVE depuis 2009…. et je m’en trouve trés bien. Je ne suis pas millionaire (pas de vidéoconférence 😉 mais je comprends mieux le monde dans lequel je vis grace à lui (et d’autres …. lisez Mr VENNER Dominique dans un registre plus hitorique…)

    Il y a énorméement de qualité dans ce que nous lisons tous. c’est bien la preuve que nous sommes quand même dan sun pays ou des têtes bien pleine (de bons sens) existent. C’est cela qui me rend, personnelement, si optimiste pour l’avenir. Il y aura pleins d’opportunités a celui qui ne sera pas faignéant.

    Bonne lectures à tous.

  2. RONGIER GILLES dit :

    Bonsoir,
    Tout à fait d’accord avec vous mais je crois que de tout temps il y a pleins d ‘opportunités pour les courageux, audacieux et travailleurs !!!
    Cordialement.

  3. Anonyme dit :

    c’est vrai que le monde marche sur la « tête » et du moment que j’ai mon petit confort….heureusement je ne suis pas né »chinois » avec 120e/mois pour fabriquer plein de mini-confort pour nous occidentaux,on ne se choisi pas son pays,comme le disait la chanson… courageux mais pas téméraire,audacieux dans mes choix ah oui du sony ou rien,travailleurs à 35h/semaine(là-bas=3 jours/ 6 jours=70h).bref,profitons,bientôt le temps des cerises est finie!

    • RONGIER GILLES dit :

      « Mais il reviendra le temps des cerises »
      Dommage que vous n’ayez pas compris mon message. Je peux gagner beaucoup, mais je peux tout perdre !
      Alors 120 euros/mois, c’est peu et beaucoup !
      35 h/70h ….
      3j/6j/7 jours par semaine, 1 mois/12 mois…
      Certes, il y a des malheureux sur cette terre et je me dis que j’ai beaucoup de chance même lorsque je perds !!!
      Je vis, Monsieur, je crée, j’entreprends mais vite, la vie est courte, le temps n’a de repère que pour les peureux ! les inactifs !!!
      La période, Monsieur, est passionnante intense et risquée ! Exceptionnelle !!!

  4. JM dit :

    Bonsoir Mr Gave.
    Je ne partage pas votre vision, mais votre perception de l’avenir.
    D’expérience quand un dirigeant a tort il se refuse a l’admettre et fera tout (même des choses stupides) pour faire en sorte d’avoir raison. Ceci aurait tendance a vous rejoindre au niveau de la politique du pire.
    Toutefois, je reste persuadé que le médical, l’éducation et l’ordre (entendez la police et la justice), sont du ressort régalien. Et ne peuvent de ce fait avoir une balance des dépenses équilibrée. Va-t-on vous demander votre carte bleue si vous avez une appendicite ?
    L’état doit pour moi garder certaines prérogatives. Et celles ci sont par nature déficitaires. Je vois mal le privé avoir a s’occuper de la santé de nos concitoyens si ceux ci ne sont pas solvables. Je reste un doux rêveur.

    Ma perception est que nous vivons un monde de transitions, un basculement de l’économie de l’ouest vers l’est. Ajoutez a cela le règne de l’image (TV, internet) qui font que ce que l’on montre est la réalité (et non pas ce que l’on est) et vous arrivez dans le monde dans lequel nous sommes. Bien malin celui qui pourra prédire de quoi sera fait après demain.
    De mon point de vue, les équilibres sont instables et le resterons une bonne paire d’année.
    Nous ne sortirons de ce chaos que par un chaos bien plus grand encore.
    Investissez dans ce que vous voulez, m’est avis que les survivants se moquerons bien de leur portefeuilles en CHF ou en USD. Je ne parle pas des autres par évidente logique.
    Vous voulez un bon investissement ? Agrandissez le potager, faites des réserves de boites de conserves et priez (je ne suis pas croyant, mais ça ne peut pas faire de mal).

    Ces choses dites, merci en tout cas pour votre prose. Et merci pour votre blog qu’un collègue m’a fait découvrir.

    JM

    • Bastiat dit :

      Vos propos et vos raisonnements sur le droit régalien sont choquants pour des ultra-libéraux.
      Une police qui ne relèverait pas du pouvoir régalien s’appelle une milice, une commune insurrectionnelle ; la justice deviendrait un tribunal révolutionnaire et rendrait des arrêts de « purge » à partir de ce pré jugement « qu’on le juge et qu’on le pende ! » – le sourd qui n’entend pas les griefs annoncés pourra lire dans son jugement « qu’il a conspiré sourdement ! » – un républicain peut se lancer dans l’humour sans inconvénient.
      L’éducation nationale, personnellement j’y ajoute « socialiste »: L’éducation appartient aux parents, l’instruction à des professionnels que l’on surveille pour éviter d’en faire des Cohn.
      (Vous pouvez vous reporter au baccalauréat de Frédérique Bastiat – site Gallica)
      Nous en arrivons à la « santé », qui relèverait du pouvoir régalien pour le bonheur de tous, qui nous permettrait de finir nos vies en pétant le feu dans un kolkhoze fleuri !
      Alors là vous me courroucez ! ayant eu des fonctions à la mutualité relevant de la Loubianka de la rue de Vaugirard, j’en connais les rouages et les roueries, j’ai pu analyser ce système qui est mafieux et de plus illégal. Avez-vous entendu qu’un professionnel de santé ait été traîné devant les tribunaux régaliens pour escroquerie ?
      Ils ont leurs « propres » tribunaux, le conseil de l’ordre qui rend des sentences. « Cher confrère, attendu que 150 consultations par jour c’est un peu trop, on vous demande de travailler un peu moins au bonheur du peuple. »
      Vous argumentez « Va-t-on vous demander votre carte bleue si vous avez une appendicite ? » Pas besoin, vous avez été gravement « siphonné » en amont !
      (Vous pouvez utilement vous reporter à la dérive des caisses mutuelles de Bastiat que l’on trouve facilement sur le net – notons qu’il n’envisageait pas la dérive des professionnels).
      Je vous laisse le soin de découvrir pourquoi le système est illégal, illégalité couverte par le pouvoir régalien, et Bruxelles, un comble !
      Il y a danger pour les citoyens lorsque les pouvoirs régaliens sont défaillants ou usurpés et il y a également grand danger à y faire rentrer ce qui ne doit pas.
      Les doux rêveurs de 1789 ont perdu la tête pour n’avoir pas su la garder sur les épaules.
      Nos commentaires commencent à dériver sur « le temps des cerises », il fallait bien que cela arrive grâce à la perception diffuse des problèmes à venir ce qui me donne l’idée de rechercher dans mes archives mes notes sur la révolution car je suis un grand fan de cette période, pour la critiquer bien sûr et mettre en lumière ce que l’éducation nationale socialiste cache. À bientôt

      • JM dit :

        Bonsoir Mr Bastiat.
        En premier lieu, navré de vous avoir courroucé. Mon post était caricatural je l’admet.
        J’ai péché par fainéantise.
        Mais vous, par excès de zèle. Du coup, je me perd un peu. Je ne sais si vous êtes pour ou contre la police et la justice régalienne :-).

        Je conteste en revanche votre position sur la santé. Certes une trop grande implication de l’état est néfaste quand elle veut contrôler votre bonne santé, ou rendre performant tel ou tel hôpital (plutôt tel d’ailleurs). Pour ce point, la dernière lubie sur la prime a la performance me semble plus relevé de la pitrerie électoraliste que de la proposition concrète et sérieuse. Du moins je l’espère. La performance n’est pas et ne dois pas être introduite dans la santé, pas plus que dans l’éducation nationale « socialiste ». Je suis pour qu’un docteur soit payé a la hauteur de ses compétences, je suis contre que l’on les mette dans une espèce de compétition morbide qui ne peut que dégénérer et conduire a une santé a deux vitesses. Ce qui en même temps et déjà le cas avec les cliniques et les hôpitaux. Mais pousser plus avant ce système est criminel.
        Mais je m’égare. Ce n’est pas parce que le système est pourri vous semblez en savoir plus long que moi sur ce sujet) qu’il faut pour autant jeter le bébé avec l’eau du bain. Le système de répartition de la santé me semble juste et équitable, surtout avec le vieillissement des populations. Tout le monde n’ayant pas eu l’opportunité d’exercer une profession lui permettant d’avoir une retraite décente (on peut penser aux ouvriers du bâtiments, mais aussi aux artisans qui n’ont pas eu forcément foule de clients, ou qui ont du payer fort cher leurs assurances) .

        Idem pour l’éducation. Elle ne doit pas être confiée au privé. Pour la simple et bonne raison que l’égalité des chances, chère a n’importe quel libéral se traduit par une égalité d’éducation. Et surtout, cela préserve de l’esprit de clan des anciens de suptruc qui placent les fils des copains. Nous avons actuellement un exemple politique très visible, a droite comme a gauche, au centre et ailleurs.

        Tout celà n’est pas pour vous convaincre mais juste étayer d’avantage des propos désordonnés et un peu rapide.

        Bonne soirée, et merci de votre intervention.

        JM

    • Bastiat dit :

      @JM
      Je prends le risque de me faire tancer par M. Gave ou par les intervenants mais, selon mon opinion, l’ultra-libéral a besoin d’un état fort, très fort, mais modeste et non-oppressant. Bien sûr que le libéral prône l’égalité comme un bienfait mais face aux pouvoirs régaliens, seulement et exclusivement. Toute recherche d’une autre forme d’égalité est une utopie dangereuse. En voulant faire de la société un paradis, l’homme en fait un enfer. La révolution française est la matrice de deux utopies criminelles, le nationalisme et le communisme, qui vont ravager l’humanité du XXe siècle. Les jacobins ont abattu la monarchie pour la remplacer par un féodalisme socialiste dont l’un des châteaux est la « santé ».
      Le souverain constitutionnel s’octroie les pouvoirs régaliens dont les attributs sont la Loi, la Monnaie et l’Impôt. Toute la « violence » du pouvoir ne peut s’exprimer qu’à travers la loi, sinon nous serions soumis au fait du prince qui pourrait imposer la subjectivité des préférences de certains.
      Son pouvoir doit-être incontestable et respecté, il doit être efficace et non usurpé. Il doit être modeste, c’est à dire ne pas devenir omniscient et omnipotent. Une fois ce cadre juridique stable qui traite de l’intérêt collectif, il laisse l’intérêt personnel s’exprimer pour l’intérêt général.
      Cette organisation politique et juridique stable permet de garantir la Liberté d’entreprendre, de se financer, de se couvrir des risques ; un droit de propriété reconnu et protégé, La sécurité des transactions, la libre concurrence. Ces paramètres de réussite existent-ils en France ? oui, mais systématiquement très entravés !
      Que vient faire la « santé » comme pouvoir régalien dans ce système vertueux ?
      Ce système qui faire dire aux professionnels concernés, sans rougir et sans rire, « Vous n’avez rien à payer ! »
      La santé est un bien de consommation comme un autre qui doit être en concurrence pour évoluer en qualité et en baisse de prix. Notre choix imposé ne peut qu’être en dérive financière.
      On va m’opposer le sort des démunis, des défavorisés… dont le nombre grandi à cause des théories magico-économiques de la gôche. Il suffit de rouvrir les dispensaires – On ne peut concilier économiquement des soins de qualité étasunienne avec la chère gratuité soviétique.

      « L’économie est comme l’intérêt personnel, ce sont deux mobiles vulgaires, mais ils développent des principes plus nobles qu’eux-mêmes. » – Bastiat – Paix & Liberté. Et oui paradoxalement, l’égoïsme de l’homme profite à la société ! Vous n’aurez jamais assez de votre vie pour rembourser tout ce qui est mis à votre disposition par l’égoïsme de vos ancêtres.
      « L’effort naturel de tout individu pour améliorer sa condition, quand il s’exerce librement et dans la sécurité, est un facteur si puissant qu’il peut, seul et sans aucune assistance, assurer à la société la richesse et la prospérité ». Alan Greenspan – « Le temps des turbulences ». (p.340)
      « Je prédis un bonheur futur aux Américains s’ils peuvent empêcher le gouvernement de gaspiller le fruit du labeur des gens sous prétexte de prendre soin d’eux. » Barack n’a pas lu Jefferson !
      Père fondateur – Thomas Jefferson

      L’inconvénient avec le socialisme est que l’on ne perçoit d’abord que le comique des choses ; ce n’est qu’à la réflexion que le tragique apparaît.

  5. Gilles Hector dit :

    Pour reprendre la phrase de Charles Gave sur les fous :  » essayer d’integrer dans un argument rationnel ce que pensent les fous dans un asile  » me rappelle une nouvelle de Milan Kundera dans laquelle un de ses personnages disait quelque chose comme ça (de mémoire).
    Si tu rencontres un fou qui te dit que nous sommes tous des poissons, vas tu te déshabiller pour lui montrer que tu n’as pas de nageoire ?

    Milan Kundera pour avoir vécu dans un pays communiste savait de quoi il parlait en matière de folie.

    Nous sommes gouvernés par des fous qui ont convaincu la plupart des citoyens qu’ils étaient des poissons. RIen ne sert de se déshabiller devant nos concitoyens, c’est peine perdue.

    Il nous reste le combat. les sains d’esprit peuvent le gagner.

  6. AAA dit :

    Merci pour cette analyse lucide et sans concessions.
    Une solution: l’or physique ! Mon conseil est de le détenir directement sans intermédiaires, sous forme de lingots & pièces, et d’éviter l’or « papier » ou « virtuel »…

  7. Anonyme dit :

    @Gilles
    Merci pour votre retour d’expérience
    Je suis moi-même très interessés par ces conseils pratiques, n’ayant jamais vécu de dévaluationni de « bank-run », je ne sais pas vraiement comment cela se passe.
    Quels sont les prix qui montent, ceux qui restent identique, etc…
    Et si une banque fait faillite, quels sont les comptes perdus et ceux qui sont conservés (cela non plus je ne sais pas comment on les « conserve »)

    Bref, pour en revenir à votre sujet, savez-vous si vos compte en devises étrangèses sont perdus en cas de faillite de votre banque ? (je présume que oui…)

  8. calliope64 dit :

    Bonsoir ; en tant que néophyte je vais peut être poser une question stupide mais tant pis !!
    au vu de la tournure que prennent les choses si l’on prend l’hypothèse de la faillite d’une banque et de la perte possible des avoirs et placements ; que deviennent les prêts ou emprunts que vous pourriez avoir dans cette banque : si la banque disparait comme c’est déjà arrivé dans d’autres pays ; à qui rembourse on ????

    • chancerel dit :

      Pas si stupide que cela à mon avis!
      j’ai d’ailleurs posé la question à ma banque par écrit récemment et éxigé une réponse par écrit…
      j’ai bien peur qu’un avoir dans une banque puisse se perdre mais pas une dette!?

      • clement dit :

        Bonjour,

        le liquidateur a le droit de demander le remboursement immédiat de toutes les créances.
        En d’autres termes, votre emprunt immobilier./consommation doit etre remboursé sur le champ !

  9. calliope64 dit :

    oui mais moi je parle d’une banque Française genre S.G ; C.A. ; C.E ….. etc etc parce que si on réfléchit ; si les débiteurs continuent à rembourser les emprunts et quelqu’un encaisser au nom de la banque , celle ci à ce moment là doit aussi payer les avoirs à ces mêmes débiteurs puisque elle existe pour encaisser elle ne peut normalement pas ne pas exister pour payer
    c’est l’histoire du chien que tourne en rond pour se mordre le bout de la queue !!!

    • Bastiat dit :

      En cas de faillite un liquidateur sera nommé et réalisera les créances de la banque, remboursement des prêts en cours, hypothécaires ou non. Il invoquera immédiatement la déchéance du terme au moindre incident.

      • Gilles Hector dit :

        Remboursement des prêts en cours, ça veut dire que le liquidateur peut exiger le remboursement d’un prêt immobilier avant son terme ?
        si c’est ça, ça pourrait être drôle, façon de parler.

      • Bastiat dit :

        @Gilles
        Exigibilité avant le terme ! je ne pense pas pour des raisons évidentes de droit du contrat. Mais il ne faut pas envisager d’en profiter pour se désengager de ses obligations de remboursement du fait de la faillite. Pour les banques mutualistes, les parts détenues sont perdues, et les banques en actions… je vous laisse deviner.

  10. Boustouller Adrien dit :

    Mon rêve est de travailler entre la France et l’Allemagne. Je me destine à un master en coopération franco-allemande à l’université de Strasbourg. Je me sens profondément européen, ainsi que breton et français. Je suis triste et affligé de voir ce « machin » comme dirait de Gaulle à propos de l’ONU qu’est le parlement européen qui préfère légiférer sur la banane au lieu de créer un consensus européen, une fédération européenne. La chancelière allemande tiraillée de toute part n’a pas la posture d’un Kohl. En France on ne fait mieux. Chacun dans son bunker jette des sceaux d’eau sur l’incendie comme il peut. Nous sommes non pas dans une politique d’action (concertée) mais de réactions… Il nous manque des hommes forts aujourd’hui et malheureusement je ne peux qu’être d’accord avec votre brillante analyse.
    Depuis 3 ans déjà je sillonne le monde, hier en Allemagne et au Canada, aujourd’hui en Australie et demain en Autriche. L’écart est flagrant! De nombreux amis très «  »haut » placé avec de cela l’intelligence du cœur et celle de l’esprit s’attendent au pire et me le disent depuis deux ans déjà. Je ne suis pas un défaitiste, je ne suis pas un pessimiste, juste un observateur. Votre analyse est juste, et je diversifie déjà mon portefeuille entre l’Australie et l’Allemagne.
    Je suis triste pour l’euro, je suis triste pour l’Europe.

  11. Mark Hitti dit :

    Bonjour Monsieur,
    Pourquoi n’appliquez-vous pas votre analyse a celle de l’économie américaine? Apres tout, l’économie florissante de la Californie (qui n’est plus) ou de la ville de New York (grâce a Wall Street) n’a rien a voir avec celle du Dakota ou du Vermont…la différence est le niveau des salaires incomparables aux Etats-Unis entre un etat et un autre et entre un secteur d’activité et un autre.
    Les pays européens les moins avancés et les plus endettés devront accepter des baisses de salaires et une diminution des allocations publiques. C’est une chose tout a fait réaliste. Douloureuse mais loin d’être impossible.

    Ensuite, la BCE est dogmatique et la FED réaliste. Il n’empêche que la dépréciation du dollar a travers les QE successifs va entraîner une inflation violente quand la peur de la déflation sera trop forte.

    Au final, il est inutile d’opposer des systèmes économiques en période de forte dépression puisque tous cumulent des inconvénients gigantesques. Néanmoins, la faillite de la Grèce ou du Portugal n’aura pas le même impact que celui des USA et de la Grande-Bretagne. Ces deux pays ne sont pourtant pas des constructions ex nihilo comme l’UE…

    Je vous propose de sortir de l’analyse purement theorique des modeles économiques pour rentrer dans l’analyse de puissance entre les Etats. Nous sommes dans un paradigme de guerre economique ou les modeles conventionnels de l’economie ne s’appliquent pas.

    • Cher Monsieur
      Une chose doit etre comprise: nous ne sommes pas en crise economique ou en depression, nous sommes en train de traverser une crise etatique, les copains et les coquins ayant pris le controle de certains etats et le trayant a leur profit exclusif, un peu comme le parti communiste en URSS il ya a peu
      il faut reformer nos etats et envoyer toutes ces crapules en prison ou a la retraite et le reste suivra
      Il n’y a pas de guerre economique entre nations. Il y a une guerre entre d’un cote les fonctionnaires associes aux banquiers et de l’autre le reste de la population, ce qui n’est pas du tout la meme chose
      Amicalement
      cg

  12. Bastiat dit :

    http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k56744460.r=bastiat.langFR
    (Paix et Liberté – Bastiat)
    Pour une fois, je n’adhère pas à tout, seulement sur les références historiques qui me semblent contestables, mais pour le raisonnement économique…
    Démonstration malheureusement encore d’actualité ce qui tend à prouver que la France ne peut se réformer sans révolution qui est louable à l’origine mais qui tourne au coup d’état par les assoifés d’or puis de sang avec l’inévitable terreur qui s’ensuit.

  13. Phaceo dit :

    Je suis triste et j’ai peur. Merci pour vos conseils, je vais ouvrir un compte à la HSBC, elle serait solide. Peut-être même une seconde en suisse pour séparer le risque, la BCV???

    Ensuite je suis les conseils des derniers Papier de MR Gave :
    – Je place mon cash en couronne Suédoise, danoise et Dollar de Singapour.
    – j’achète des obligations Suédoises, Allemande, Singapour, Korée. Lors d’émission , ou au second marché? indéxé? court terme? Je dois prendre de l’info…
    – Pas de placement immobilier, ni or. Trop haut.

    Ma question : Vu la volatilité des taux de change (pour les obligations), en cas de crise que fera l’Euros ? J’espere avoir une réponse ce week-end dans le livre de de CG.

  14. Guy dit :

    Je suis triste…
    Ce jeudi 21/07…une fois de plus, la dimension politique l’a emportée sur la dimension économique!
    Il est des jours où l’on se dit à quoi bon essayer de comprendre l’économie. Ses principes ne sont beaux que sur le papier, avec certes une logique implacable, mais in fine c’est la logique politicienne qui l’emporte, toujours.
    L’Europe vient de s’endetter encore « un peu » plus pour faire bonne figure et essayer de prouver que l’euro est viable coute que coute. Il ne faut pas décevoir ces messieurs au pouvoir qui savent ce qui est bon pour nous, quitte à endetter nos enfants, petits enfants, voire arrière petits enfants…Peu importe, les absents ont toujours tort, et ces derniers n’étant pas nés n’ont pas leurs mots à dire. Les autres, trop jeunes pour comprendre maintenant, se réveilleront dans quelques années avec la gueule de bois, en s’apercevant ce que nos « élites » leur ont concoctés et que nous avons laissé faire!
    Il faut croire que cela plait, puisque même les marchés ont salué cet accord européen.
    Alors oui, M. Gave, je suis triste mais pas pour les mêmes raisons que vous.
    Guy

  15. danmaru touvabien dit :

    amha , il n’y aura pas de tir au canard
    les références habituelles sont sans valeur actuellement
    la planche à billet maintiendra le marché en lévitation
    d’ ailleurs le marché n’existe plus pour les petits épargnants
    ils l’ont quitté et ne reviendront pas, laissant les algorithmes
    se battre entre eux. Plus de petits porteurs, plus de canards.
    cordialement

  16. pat-mail dit :

    Il y a encore bien des assurances vies farcies en SICAV actions.Les portefeuilles ont étés allégés certes.Mais il y a de la marge pour la baisse…
    Par contre, je ne « shorterais  » jamais l’€ . Naguère, SOROS aurait dit craindre le faire car les politiques mettraient tout les moyens nécessaires pour le défendre (quitte à nous ruiner ! ).
    Le CAC pourrait revisiter les 3000.L’€/$ pourrait fleurter avec la parité …
    Trichet (ou son successeur italien ) devrait alors faire « péter » une 2ème bombe thermonucléaire de 1T$.

  17. Gilles Hector dit :

    Ils nous ruinent, les politiques nous ruinent déjà. Les copains et les coquins nous endettent un peu plus, 15 Md € de plus pour les français, et aucun média ne moufte si ce n’est pour pousser un soupir de soulagement. Après tout 1000 € de dette de plus par foyer, qu’est ce que c’est ? Une goutte d’eau 1 à 0,5% de la dette globale.
    c’est tellement énorme, c’est tellement gros … La grenouille est en train de cuire et elle ne saute pas de la marmite.
    cela dit je suis assez d’accord avec pat-mail. Les politiques feront tout pour sauver leur fesses et leurs copains. Trop risqué de shorter l’€ meme si cette monnaie finira par aller au tapis : le problème c’est quand ? du coup, je n’ai pas acheté de put eur / dollar. Mais je préfère investir en dollar qu’en euro.

  18. Gilles Hector dit :

    J’oubliais : sans compter ce que les banques françaises vont devoir rajouter au pot avec notre argent. Nos coquins de banquiers ne peuvent rien refuser à leurs copains de fonctionnaires avec qui ils ont travaillé tant d’années. On ne donnera pas de nom pour que M Gave n’ait pas d’ennui. mais regardez donc le cursus des directeurs de la BNP, de la Sogé, etc … et où ils ont passé leurs premières années.
    Ils profiteront des taux pour se payer grassement et faire exploser leur bonus et quand tout pètera, qui paiera, devinez ?

  19. El oso dit :

    Ce n’est plus de la tristesse, cela tourne au mur des lamentations…
    J’espère que la secte ne va pas aller jusqu’au suicide collectif… 😉
    Allons un petit sourire…

  20. El oso dit :

    Pour information, l’euro/dollar est à 1,4371…malgré le défaut partiel de la Grèce…

  21. El oso dit :

    Et si c’étaient les States, les vrais malades?
    Le monde en a assez de l’hégémonie américaine…

  22. pat-mail dit :

    On parle trop peu des dérivés de crédits, la vraie bombe.La grèce n’est que le pétard qui va la mettre à feu, l’amorce en somme…Et là ne parlons 1000€ par gaulois. Cà pourrait être un peu plus cher…
    Qui à vendu des cds ? Qui ?
    Car il va falloir passer à la caisse, appels de marges gigantesques !

  23. Gilles Hector dit :

    Normal, dans la pêche à l’explosif, les petits poissons remontent d’abord à la surface, puis les gros suivent, les baleines en dernier. Pour l’instant, on n’a eu qu’un petit poisson grec qui nous coûte une main.
    Quant à Valérie Pécresse, elle compare Sarkozy à Obama. Génial. En une comparaison la ministre du budget de la France annonce la couleur (sans jeu de mot) : plus d’impôt et un simulacre de baisse des dépenses publiques. Tartuffe socialiste, malhonnête et incompétente.

  24. Gilles Hector dit :

    Mon banquier ne jure que par les produits structurés. Est ce que monsieur Gave pourrait donner son avis sur ces véhicules ? Et qu’ est ce que nos experts en pensent ?
    Bien sûr il y a les produits avec banque et sans banque en sous-jacent. ceux avec banques sont beaucoup plus attractifs (tiens c’est curieux …).

  25. El oso dit :

    Le banquier n’est plus ce qu’il était, le conseiller familial qui vous suivait pendant des années, vous donnait des conseils de bon père de famille, et ne voyait que votre inrérêt.
    Maintenant, c’est une personne sur un siège éjectable chargée de vendre les produits maison. Et qui ne connaît pas grand chose en dehors de son pensum.
    Les produits structurés? Vous y comprenez quelque chose? Même les agences de notation dont c’est pourtant le job n’y comprenaient rien.
    Comme dit Warren Buffett, n’achetez que ce que vous comprenez…

  26. El oso dit :

    …intérêt…pas inrérêt…

  27. Anonyme dit :

    Pour les produits « structurés », vulgairement parlant : ce sont des pièges à C…s !
    Prétextes à commissions !
    En gros , c’est un sandwitch de produits sans risques ( bonds d’états ) et de dérivés ( la plupart du temps, des dérivés d’indices actions genre cac 40 ou eurostock 50). L’idée est que les intérêts de la partie sans risque paye à terme ( 5 …8 ans ) la partie que l’on va jouer au casino boursier.Comme les taux sont bas, et qu’on assure le capital à terme, cette partie est congrue.De plus, elle ne peut être négative.Donc , en cas de bouillon comme en 2008, vous perdez la partie action.Il vous reste la partie obligataire.A terme, si tout va bien (la bourse a bien monté) , vous récoltez 4%.Sinon, vous récupérez votre mise initiale , mais emputée des frais .Bilan global, en comptant l’inflatioon sur 8 ans, -30% !!!!
    Si vous voulez une tranche action, assumez. Prenez 10…20% de tracker, sicav ou actions.Mais laissez ces structurés.

    Les « conseillers » insistent, car il sont commissionnés et on des objectifs de ventes fermes …

  28. Gilles Hector dit :

    Merci pour vos commentaires. J’ai revu la termsheet. En fait, les intérêts servis si tout va bien sont versés par quarter et vont de 13 à 20% par an.
    Si ca se passe mal avec un marché brutalement baissier par exemple, en dessous de 70% de la valeur d’un seul des sous jacent, conversion du produit en actions du sous jacent.
    Donc dans le pire des cas, cela revient à avoir investi en totalité en action sur le sous-jacent low performer.
    Si j’évite les banques et que je choisis bien mes sous-jacents, comme je le ferai si j’investissai en actions, alors je sais où je mets les pieds.
    Vous me direz pourquoi ne pas investir en actions alors ? Et bien mon calcul est que ce marché ne sait pas où il va (hausse / baisse / hausse …) et que ce produit permet d’obternir un rendement attirant.
    Clairement les conseillers sont commisssionnés …

  29. José dit :

    Monsieur Gave,
    ENCORE MERCI. Très bien vu votre article.
    Je me pose tout de même une question : Pourquoi êtes-vous plus pessimiste sur l’Europe que sur les US? Je comprends que l’euro soit un « Frankenstein » mais le dollar c’est également une catastrophe à terme vu l’énorme dette des US qui augmente exponentiellement..et visiblement ce n’est pas près de s’arrêter car ils vont ressortir probablement de leurs chapeau le QE3 …
    José

  30. Faillitedeletat dit :

    Cher Monsieur
    Simple
    Si je vous dis que les depenses de l’Etat representent moins de 30 % du PNB aux USA et plus de 55% en France, serez vous convaincu?
    D’un cote nous avons un pays (encore) capialiste, mais certainement pas grace a monsieur Obama que la pensee unique en France aime tant et de l’autre un vrai pays communiste
    que choississez vous?
    Amicalement
    cg

  31. José dit :

    Monsieur,
    J’ai quand même l’impression que les US sont devenus de vrais communistes également.
    Le nombre de fonctionnaires est en constante augmentation.
    De plus, les pertes des banques, assurances et autres (Fredie Mac,….) sont nationalisés (cf 2008 et 2009). Ensuite on met les taux à 0 pour que les banques puissent faire des gains facilement et verser des bonus records aux banquiers US.
    Les gains sont donc privatisés et les pertes nationalisées, c’est tout sauf du capitalisme…..c’est du communisme pour les voleurs de Wall Street et les fonctionnaires (profiteurs) de Washington…
    Je n’ai pas l’impression qu’il y a une volonté politique de changer les choses aux US et surtout qu’il n’y a personne pour incarner ce changement!!! Et certainement pas Obama. Avec lui, c’est tout sauf le changement…..

    José

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