Les médecins de Molière

Je suis stupéfait par le degré d’incompétence de nos élites économiques ou financières. Comme dans le poème du de Bellay sur les cardinaux à Rome, on les voit déambuler « d’un grave pas et d’un grave souci » répétant comme des Diafoirus « le foi, vous dis je, le foi « . Et de nous présenter le problème des pays Européens comme provenant d’un excès de dettes conduisant a des déficits budgétaires insoutenables et qui doivent être bien entendu corrigés par des hausses des impôts accompagnées d’une baisse du niveau de vie, hélas inéluctable…dont tout le monde souffrira, sauf eux bien entendu.
Si je peux me permettre, voici une faste foutaise de qualité conceptuelle équivalente au célèbre « pour réduire le chômage diminuons le temps de travail ».
La réalité est fort différente. Comme je n’ai cessé de l’expliquer dans ces chroniques, l’Euro est une machine à engendrer la stagnation dans les pays les moins compétitifs, c’est-à-dire tous ceux qui ont une productivité du travail inférieure a celle de l’Allemagne. Si la productivité monte de 3 % par an en Allemagne et de 0% en Italie, au bout d’un certain nombre d’années tous les producteurs Italiens sont en faillite si le taux de change est reste fixe entre les deux nations. La preuve en est que le taux de couverture des exportations par les importations (exportations/ importations) qui était de plus de 1 en l’an 2000 pour le commerce extérieur Italien (en excédent commercial donc) est tombé brutalement a 0.85 en 10 ans, la même évolution se produisant en France. Une détérioration aussi ample que celle la, alors même qu’il y a eu une croissance très faible du PNB Italien sur la même période (0.5 % par an en volume) est un signe CERTAIN que l’économie Italienne n’est plus compétitive. Autrefois, l’Italie aurait dévalué un bon coup pour remettre les pendules à l’heure, aujourd’hui c’est impossible…
A ce point du raisonnement le lecteur doit se poser la question : » mais qu’est qui va se passer ? » La réponse requiert un peu de réflexion économique et est heureusement a la portée d’une intelligence moyenne mais hélas incompréhensible pour les intelligences supérieures qui nous gouvernent.
Comme la croissance de la France, de l’Italie etc. …baissent structurellement pour les raisons évoquées plus haut, les rentrées fiscales sont plus faibles et les dépenses plus fortes que prévues. De ce fait les déficits budgétaires augmentent en même temps que les déficits extérieurs. Fort logiquement la dette explose. Arrive toujours un moment, et nous y sommes (pour plus de détail voir l’Etat est mort vive l’état. Bourin éditeur, par l’auteur) ou les marchés obligataires commencent à prendre peur et ou les taux d’intérêt commencent à intégrer la probabilité d’un non remboursement de la dette étatique.
A ce moment la les taux d’intérêt se mettent a monter au dessus du taux de croissance de l’économie et le pays entre dans ce que Keynes appelait une « trappe a dettes » qui se caractérise par une réalité toute simple : si vous empruntez a un coût de 5% et que vous investissez avec une rentabilité de 2 % et que ca dure suffisamment longtemps, la question n’est pas de savoir si vous allez faire faillite mais QUAND vous allez passer a la trappe. C’est la ou en sont le Portugal, l’Italie, La Grèce, l’Espagne et bientôt la France
La crise actuelle n’est donc absolument pas une « crise de la dette » mais une crise due à la sous compétitivité d’une partie importante de l’Europe vis-à-vis du reste du monde en général et du reste de l’Europe en particulier.
La crise actuelle est donc une conséquence INELUCTABLE de l’Euro.
Il ne pouvait pas en être autrement.
Les solutions proposées, toujours mises au point par des comptables qui ne comprennent rien a cette dynamique visent a réduire le déficit budgétaire en augmentant les impôts (sur les plus riches, cela va sans dire) Comme une hausse de l’impôt entraine une baisse de l’épargne et comme sur le long terme l’épargne est égal a l’investissement, l’investissement- qui est la seule façon de rendre l’économie a nouveau compétitive- baisse également et le pays devient encore moins compétitif.
La fin logique du processus est simple : en fait, l’euro a remplacé la possibilité d’une dévaluation de la Lire par la CERTITUDE d’une faillite de l’Etat Italien.
Je ne suis pas sur que ce soit un grand progrès. A dire vrai, je suis sur du contraire
L’alternative est bien sur que le créditeur prenne le contrôle du débiteur, c’est-à-dire que l’Allemagne envoie ses fonctionnaires donner des ordres Bercy par exemple. C’est ce qu’il est convenu d’appeler pudiquement « la solution fédérale » D’une vieille famille Alsacienne ayant quitté l’Alsace en 1870 pour rester français, je ne suis pas sur que cela m’enthousiasme non plus.
Continuer à éviter tout ce qui de prés ou de loin touche à l’Etat, ou a besoin de l’Etat, ou fait une grande partie de son chiffre d’affaires avec ce monstre obèse a été et reste ma stratégie. Aucune raison d’en changer.

NDLR
Desolé,les legendes ont disparu
Il s’agit en fait du taux de couverture des importations par les exportations, un substitut de la balance commerciale
Les echelles vont de 1.15 (exportations superieures aux importations de 15 % à 85 (importations superieures aux exportations de 15%)
La France et l’Italie ont perdu 10 points chacune et l’Allemagne en a gagné 10.
D’ou les tensions actuelles.
AMICALEMENT
CG

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A propos IDLibertés

L ‘Institut des Libertés est un think tank indépendant. Constitué sous la forme d’un fonds de dotation (loi du 4 août 2008), l’Institut des Libertés est enregistré auprès de la préfecture de Paris. Notre souhait aujourd’hui au travers de l’Institut des Libertés est de tenter de proposer des pistes de réflexions libérales, sur des sujets aussi vaste que l’Economie, la Finance, les Sciences , la Littérature ou la politique. Sans tenter de professer un catéchisme ni d’influer politiquement, L'institut des Libertés se propose comme une plateforme de parole alternative ou tout un chacun serait libre de venir contribuer institutdeslibertes@gmail.com. Redonner enfin au libéralisme son vrai visage; non pas celui d’une finance sans foi ni loi mais bien celui du siècle des lumières, profondément humaniste et fervent défenseur des libertés individuelles.
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145 commentaires pour Les médecins de Molière

  1. Michel dit :

    Bonjour,
    Ce que je constate au sujet de l’euro, c’est que pour une monnaie qui ne va pas bien, ,celle-ci résiste bien, voire même très bien en pleine tourmente, face aux différentes devises étrangères, notamment vos préférées M. Gave : dollar us, dollar Singapour, couronne Suédoise…

    Comment m’expliquez-vous M. Gave?
    Cordialement.

    • A ce propos J. P. Chevallier dit ceci :
      « Pour l’instant, cet euro système ne survit que grâce au maintien d’un euro fort par rapport au dollar faible.
      Cet exploit est rendu possible, non pas par l’intervention de la BCE et de la communauté financière euro-zonarde comme je le pensais auparavant, mais par les Américains eux-mêmes qui multiplient les annonces anxiogènes sur le niveau de la dette publique qui dépasse les limites normales. »

    • Anonyme dit :

      La BCE acheté massivement des bonds européens .

    • PETRONE dit :

      Pardon mais il me semble que sur le long terme, Mr GAVE a raison. Bien sur quand on regarde maintenant l’Euro fait impression. Cependant, Structurellement ses fragilités le mine à petit feu. voyons dans quatre ou cinq ans (l’horizon de tout bon investisseur)

    • Gilles Hector dit :

      @Michel

      Sur quel horizon ?
      Sur 2 ans contre l’euro, la couronne suedoise s’apprécie de 28% et sur 3 ans le $ Singapour de 25%. Le dollar US seulemnt de 10% en 2 ans.

  2. El oso dit :

    @ M. Gave
    Quelles seront à votre avis les conséquences de la dégradation de la note des Etats-Unis par S&P?

  3. Gilles Hector dit :

    @josik d’esprit agricole

    Je me souviens d’un autre prédécesseur non pas sur les ponctionnaires mais sur les « nantis » par un certain Raymond Barre. J’étais trop jeune à l’époque pour comprendre toute la portée de ce mot. Mais malgré la propagande familiale et mon manque de maturité politique (fils et petit fils de fonctionnaire tant du côté paternel que maternel, ça vous étrangle un homme libre !), je me souviens avoir été perturbé par cette vérité qui pour moi n’en était pas encore une

  4. Robert Marchenoir dit :

    Je ne comprends pas. Vous dites qu’il ne s’agit pas d’une crise de la dette, mais d’une crise de l’euro. Je veux bien admettre votre analyse sur l’euro. Mais seriez-vous en train de nous dire que le niveau d’endettement et de dépense publique existant aujourd’hui en Occident est soutenable ?

  5. Gilles dit :

    Cher M. Gave,
    M. Minc économiste, dans une interview au JDD, en réponse à la question:
    « Croyez-vous au risque de contagion? », dit ceci:

    « Ce risque qui fait sombrer les marchés a un immense mérite : pousser les pays de la zone euro à faire un pas de plus vers l’intégration économique. L’Allemagne ne peut pas se permettre un accident italien. La Péninsule est un partenaire indispensable. Si l’Italie saute, l’Allemagne saute, l’Europe aussi et le monde enfin. Donc l’Italie ne sautera pas ! Nous allons à marche forcée vers la gouvernance économique européenne voulue par la France, en échange des critères de bonne gestion imposés par l’Allemagne. »
    Je partage ce sentiment de marche forcée vers la gouvernance économique européenne, tout simplement parce que nous n’avons pas le choix!
    Qu’en pensez-vous? Et si tel était le cas, qu’elles en seraient alors les répercussions selon vous?

  6. El oso dit :

    C’est bien…
    Je constate que de plus en plus de lecteurs poussent M.Gave dans ses derniers retranchements…
    C’est bien…
    Même si M.Gave a raison, il ne faut pas tourner à la secte qui a perdu tout esprit critique.
    Ce que je déplorais dans un post antérieur…
    Pour ma part, j’adore jouer l’avocat du diable…

  7. Jean-Luc dit :

    Bonjour

    A mon humble avis, mettre un Etat sur la paille, c’est l’obliger à vendre les bijoux de famille, qui seront récupérés par des intérêts privés, au détriment de la population, qui a financé les lourds investissements avec ses impôts, et qui doit payer pour l’eau, l’électricité, les telecoms, dont les profits vont aux actionnaires et aux « élites » économiques et financières.
    Je pense donc que les « élites » sont tout à fait compétentes, simplement elles travaillent pour leurs intérêts privés et pas pour le peuple

  8. Quand malgré tout le privé double l’Etat :
    (…..) aux Etats-Unis quatre compagnies disposent d’une note de crédit AAA : il s’agit de Exxon Mobile, Johnson and Johnson, Automatic Data Processing et… Microsoft !
    Le géant des logiciels dispose donc d’une note de crédit supérieure à l’état américain, comme le rapporte Business Insider. Vraisemblablement, S&P ne compte pas dégrader la note des quatre compagnies précitées malgré sa politique qui veut que les compagnies ne puissent avoir une note de crédit supérieure à celle de leur état souverain.

  9. PETRONE dit :

    Personnellement je ne comprends pas qu’ APPLE ne fasse pas partie de cette liste (76 Milliard en cash dans ses caisses… plus que le trésor américain…)

  10. El oso dit :

    S&P s’extasie sur la France, réforme des retraites « intelligente », …
    Politique budgétaire « bien conçue »…
    Man Dieu, man Dieu, man Dieu…

  11. Guy dit :

    Bonjour à tous,
    Question peut-être naïve:
    J’ai essayé de trouver sur internet des renseignements sur le fonctionnement de la BCE, à savoir son financement, son budget, et comment fait-elle pour injecter des liquidités ou acheter de la dette d’états, avec de l’argent qui semble sortir de son chapeau, comme par magie!
    Si quelqu’un à un lien ou une explication claire je suis preneur.
    Merci
    Guy

  12. Yann G dit :

    @ Petrone Apple ne fait pas partie de la liste; comme d’autres entreprises US qui ont des tonnes de cash, tout simplement parce qu’elles n’ont pas de dettes LT. La notation est demandée lorsque l’entreprise cotée fait appel au marché. CQFD

  13. PETRONE dit :

    Merci pour l’info…. du coup j’apprends que Microsoft a donc besoin de s’endetter (j’avoue que je ne suis plus cette ligne depuis longtemps).

    J’avais ma préférence pour la pomme croquée de toute manière.

    Encore merci

    • Besoin ? Pas plutôt choix ? Et là non pas comme pour les états, pour consommer… et/ou – toujours pour les états- pour soi disant faire des investissements « d’avenir » comme si pouvait délibérément investir autrement !

    • DrStefool dit :

      Microsoft a des tonnes de cash. Une entreprise n’utilise pas forcement son « equity » surtout (1) si l’ensemble est bien place sur les marches (2) si un gros investissment est a venir

      mais peut tout a fait aller se financer sur les macrhes si elle peut beneficier de taux tres avantageux. Microsoft a lance une emission obligataire en 2009, $3.8 Mds a 5 ans (2.95%) 10 an (4.2%) et 30 ans (5.2%).

      http://www.smartmoney.com/invest/bonds/what-s-behind-microsoft-s-bond-offering/

      I hope it helps.
      Regards
      Stef

  14. Gilles Hector dit :

    CAC a 3000 points, les canards sont brutalement descendus et commencent à voler bien bas.
    La cacophonie du fédéralisme européen reprend de plus belle.
    Ne pourrait-on créer un fond d’investissement dans la mise à niveau des compétences économiques de nos élites ? Le fond serait affecté à la formation permanente de ces cancres. Il suffirait de leur envoyer les ouvrages de Charles Gave et de leur faire passer un QCM.
    A l’issue de cette première étape, nous aurions une 1ère évaluation du niveau de compétences économiques de Baroin, Pécresse et Lagarde.

  15. pat-mail dit :

    Les canards US paraissent voler30% plus haut.Mais c’est parce que l’altitude est indiquée en pied$…
    Concernant notre fédération à venir, la gauche comme la droite semblent aquises à cette cause.Et comme nous, petit peuple, sommes trop bêtes pour comprendre , il ne serait absolument pas judicieux de nous demander notre avis. YAKA faire une nouveau traité, NA !
    Ainsi, nous pourrons continuer notre partie de MONOPLY , pationnante il est vrai , avec l’Allemagne.La partie devient intéressante car quatres joueurs sont déjà ruinés.Trois autres vous l’être très bientôt.

    • DrStefool dit :

      Si ca continue a ce rythme il va y’avoir des occasions en or. A prix casse. . Rappellons que malgre la faible croissance, un certain nombre d;’entreprises US affichent des resultats records et un futur enviable.

  16. Aurel dit :

    @Bastiat
    Bonjour, il m’a semblé voir un commentaire sur les pouvoirs régaliens et notamment la santé…
    je ne le retouve pas. Ne l’ayant point copié, pourrais-tu me retransmettre la citation de Jefferson et la source. cordialement

  17. pat-mail dit :

    @DrStefool :
    Les canards que l’on va ramasser ne pourront peut être pas re-voler avant un bon moment.
    Les bénéfices passés ne garantissent pas ceux à venir.C’est probablement pourquoi Monsieur Marché re-calcule le prix des actions avec une remise de 20 … 30% !
    On est reparti comme en mars 2009, mais avec une pente probablement moins raide !

    Sauf quelques bolides bien triés, que je ne sais pas reconnaitre…

  18. Sainthomas dit :

    Il est quand même pas très présent pour animer son blog mr Gave …. !

  19. Anonyme dit :

    Bonjour Cher Charles,

    un petit lien : http://www.youtube.com/watch?v=XPm8iFb-x8Q&feature=youtu.be

    J’apprecie votre savoir pour le confronter à mes opinions, mais souvenez vous de nos mails/ discussions il y a 1 an ?
    Une fois qu’on a compris que les elites n’en sont plus ( ce sont des imposteurs ) , gold et silver n’ont pas de ceiling……
    merci bce/fed de pratiquer la fuite en avant …..j’en etais sur.

    soit reset et gold à 10000 $ et silver vers 500 $ et new monnaie partiellement backupée ou lente erosion de toutes les fiats currencies ( CHF resistera car vraie democratie et pas des imposteurs ) et la gold et silver monteront lentement….until bank run total et hype
    c’est un probleme mathematique, donc simple
    Amicalement
    le Mormon polynesien…

  20. CANDIDE dit :

    Bonjour Monsieur GAVE
    Je vous soumets ainsi qu’aux participants à votre blog la présente vidéo :
    http://blip.tv/les-ernest-de-lens/daniel-cohen-de-lehman-brothers-a-la-gr%C3%A8ce-4201645
    qui, à mon humble avis, apporte un éclairage particulier sur la crise que nous vivons aujourd’hui car, si les mesures que s’apprêtent à prendre les pays européens rongés par les déficits abyssaux, étaient appliquées, il semble alors que nous allions vers un « BIS REPETITAS mais certainement pas PLACENT  » de la crise post-1929. Je doute que ce soit la seule solution, sinon nous allons vers des jours extrêmement sombres. (Tiens, c’est ce que disait justement Monsieur BAYROU, alors candidat à la dernière présidentielle….)
    Il y a une chose que je ne comprends pas : Pourquoi l’Europe ne décide-t-elle d’apporter les réformes nécessaires à l’Euro permettant ainsi sa dévaluation et est-ce seulement possible techniquement, sinon politiquement ? L’Allemagne pays d’exportation n’y verrait-elle pas, pour une fois, que des avantages face aux pays émergents ?

  21. Gilles dit :

    A force d’avoir la tête dans le guidon, on en oublie les autres coureurs et la course!
    En effet, il y a aussi un (léger) détail que l’on a peut-être tendance à oublier. Comme le dis M. Gave (voir ses livres), il n’y a pas une mais des causes à cette crise ou ces crises.
    L’une d’entre elles et non des moindres ne se trouve pas à Bruxelle, ni Athènes…mais du côté de Pékin!!
    Le pays de Mao, avec sa politique mercantiliste due à un taux de change vérrouillé et une devise sous-évaluée, nous inonde de ses produits.
    Résultat: Un commerce extérieur florissant, des tonnes de cash à ne plus savoir qu’en faire…qu’ils s’empressent surtout de ne pas utiliser au développement de leur propre pays, par peur de l’inflation et idéologiquement par peur de ne plus maitriser son peuple.
    Mais alors, que faire de cet argent?
    Acheter de la dette US ou euro, afin de permettre à ces pigeons d’occidentaux, dans un premier temps, de ne pas tomber du manège et dans un second, de leur distribuer des tours gratuits ou presque, en leur permettant de continuer à s’endetter pour acheter… du « made in china ». Eh oui car s’il n’y a plus de clients, le petit manège s’arrête et le forain n’a plus qu’à manger le ponpon!
    La chine se retrouve dans le rôle de l’organisme de crédits, qui a fait une multitude de prêts à plusieurs familles (usa, europe), qui n’ont rien vu ou voulu voir venir, et qui se retrouvent surendettées et dans l’incapacité de rembourser!
    Que va faire l’organisme de crédit?
    En attendant, le résultat est simple:
    -Des pays occidentaux qui se sont endettés à bon compte sans réforme et se retrouvent surendettés.
    – Un euro maintenu artificiellement haut, ce qui, au passage fait (encore) les affaires du pays de Mao!
    Et si la troisième guerre mondiale avait déjà commencé?…du moins économique pour le moment…

  22. Anonyme dit :

    Cherchant à comprendre l’économie simplement par curiosité et n’ayant pas la ceinture noire d’économiste 10e dan de Mr Gave et de certains bloggeurs, j’apprecie réellement la lecture de ces différents point de vue. (Ca change des stupidités qu’on peut lire ailleurs)

    Je me pose souvent les questions suivantes:
    « Pourquoi en France, l’esprit d’entreprise à disparu?
    Pourquoi la majeure partie de la population est devenue comme Mr Gave le décrit si bien adepte du social clientèlisme? »
    Attention je parle ici de l’esprit et non de la raison pourquoi nous n’en avons plus,
    Mr Gave nous l’a très bien expliqué, mieux vaut être rentier qu’entrepreneur…
    Evidemment beaucoup d’arguments sur l’incompétence de nos élites et erreurs passés sont ici de mises.
    Mais je n’y crois, j’expliquerai un peu plus tard pkoi.

    Je m’interresse à ce que les anglais appelle la « root cause ».
    Je veux dire dans les faits qu’est ce qui explique cette mentalité?
    Je suis moi même confronté de par mon travail avec différentes mentalités (Suisse, Allemand, Anglais) et je constate qu’il n’y a que chez nous en France qu’on est à ce point « social client ».
    Impossible par ex de proposer au peuple français d’accepter un effort pendant un certain temps avec dans l’idee de desserrer les vannes ben quand ca ira mieux…

    Est ce du à l’incompétence de nos élites?
    C’est sur ce serait pratique. Pourtant, regardons ce qui s’est passé en Suisse, il y a quelques années, suite au passage au 35h chez nous, une votation a été proposé pour adopter la semaine de 36 heures en Suisse…
    Résultat, le peuple (et non pas les élites) a voté contre…
    Pas parce qu’il ne l’a pas compris, mais par conscience que ce serait préjudiciable à l’économie Suisse… (Imaginez cela en France!!..)

    Je doute qu’il s’agisse d’un problème de religion, puisque nous avons à peu près les mêmes bases que nos voisins.

    Est ce une question d’éducation?
    C’est vers là que penche mon avis… Plus précisement sur une spécificité du système français.
    Je m’explique. La France est l’un des seul si ce n’est le seul pays européen qui possède dans son système l’école maternelle…
    (J’en vois qui sourit, laissez moi terminer, je suis très sérieux)
    Nos chères enfants sont dès leur plus jeune age pris en charge par l’état… Au final nous quittons les seins de nos chères mamans pour nous accrocher à ceux de l’état…
    Dès lors je me demande s’il n’y a pas une espèce de relation « maternelle » qui se met en place
    et qu’au final en grandissant (pas trop quand même), nous attendions toujours de « maman » qu’elle « s’occupe » de nous…

    En plus, d’un point de vue historique ca colle relativement bien:
    – Siècle des lumières (1670 – 1820) : Période ou la France était un pays des plus créatifs et entreprenant
    – 1848 : apparition de l’école maternelle.

    Cette mentalité me désespère parce que malheureusement j’aime ce pays même si j’ai décidé de vendre mes services aux financiers suisses.
    Quoiqu’il en soit, serait curieux d’avoir d’autres avis là dessus.

    • clement dit :

      Bonjour,
      votre question est très pertinente.
      Je vous propose deux autres interprétations.

      La première vient de la pensée égalitaire excessive. En 1789, les hommes ont été décrétés égaux (ce qui en soit est une bonne chose), toute distinction (intelligence, talent, culture, épargne…) se voit comme injuste et à combattre; en 1848, le droit au travail a été décrété. La société est devenue « fautive » si une personne n’a pas de travail, et doit impérativement lui venir en aide (à savoir le subventionner).
      Ces deux révolutions ont marqué profondément le peuple. Il est devenu normal que la communauté subvienne aux non talentueux.

      La deuxième vient de la faiblesse des politiciens, qui au lieu de dire la réalité au peuple, les bercent dans des chimères. Les rêves font des élections, les retours à la réalité des efforts. Pourquoi faire des efforts quand on peut jouer la montre, et faire payer aux autres (les enfants et petits enfants) ? Et puis, il suffit de bloquer le pays sur ses moyens stratégiques par une large minorité, pour faire croire qu’ils sont représentatifs.

      Rappellons-nous aussi que ceux qui nous représentent décident de leur rémunération, de leurs privilèges…

      • Bastiat dit :

        @aurel – du 9 aout
        Bonjour,
        Effectivement, il semble que des commentaires disparaissent !
        Comme par hasard, sur les régaliens alors que c’est la base même de la résolution des problèmes
        en répondant valablement aux questions sur l’état, quel est son rôle ? les limites de son rôle ? sa surveillance ? les sanctions (pas seulement électorales) à ses dérives ? etc.
        Pour une analyse forte et subtile de la situation post-révolutionnaire : Hyppolite Taine
        (Pas d’ouvrages en particulier, il faut tout lire)
        les commentaires « anonyme et Clément » sont intéressants car ils démontrent bien les raisonnements induits de la propagande républicaine et soboulienne.
        La révolution de 1789 est une bonne chose, menée par une assemblée, la Constituante, composée à 75% de l’élite française mais aussi 25% d’agitateurs opportunistes et assoifés d’or, affidés du duc d’Orléans et stipendiés par l’or anglais (Robespierre). Louis XV a tenté des réformes et devant les résistances, abandonne par le fameux « après nous le déluge ! » – Louis XVI, peut-être le plus intélligent des Bourbons, était partisan de réformer mais il pensait avoir le droit de négocier pour protéger son exécutif. Les 25% de la Constituante sont devenus 100% sous la légistaltive, radicalisés par la tournure des événements qui ne leur convenaient pas (Fête de la Fédération). Et ainsi comme d’habitude, en passant par une révolution, coup d’état, Terreur, dictateur et bain de sang, famine, misère et autres joyeusetés pour nous laisser comme héritage le nationalisme et le communisme.
        Jamais un peuple n’est tombé aussi rapidement et systématiquement dans la barbarie.
        La France se termine donc à Verdun, dernière bataille gagnée par ses propres moyens et quelques années avant pour sa crédibilité internationale, 1870, siège de Paris, ville « défendue » par Trochu, socialiste. Les Prussiens sont rentrés pauvres, ils sont repartis Allemands et milliardaires. C’est ainsi que Victor Hugo l’orléaniste a pu dire : « Trochu, participe passé du verbe trop choir ».
        Bonne journée et pensez à Taine, du nectar !

    • Un de mes posts en écho :
      http://amourpiegale3.blogspot.com/2011/08/demandez-et-vous-recevrez-un-cerveau.html
      et aussi cette remarque : « On peut donc supprimer les aides sociales, chacun comptant alors sur son cerveau pour trouver des solutions.
      En fait, ce truc d’aide sociale est un truc des politiques pour empêcher les cerveaux de fonctionner. Et cela réussit parfaitement. La preuve, ils se font réélire. »
      Et donc aussi d’éloigner le plus possible et le plus tôt possible la jeunesse de l’ambiance laborieuse familiale, de ces familles qui doivent se creuser les méninges pour trouver des solutions à leurs survies.

  23. Ping : 01 set 11 – Euro, a máquina de engendrar estagnação | Atama Moriya

  24. surmely alain dit :

    Contrairement à une idée reçue ce n’est pas l’inflation galopante qui a précipité l’Allemagne dans le nazisme mais le nationalisme principalement (c’est une évidence) ainsi que la politique économique désastreuse menée par le Ministre des Finances d’alors,un certain Heinrich Brüning.La politique déflationniste menée par ce leader du Zentrum(parti catholique conservateur de centre droit)visait à baisser et les salaires et les prix.Les conséquences immédiates d’une telle politique ont été l’effondrement de l’économie allemande(forte baisse de l’activité,faillites en cascades,chômage > 30%,brutale contraction du marché intérieur,misère endémique)ce qui a accéléré la montée en puissance du NSDAP d’Adolf Hitler.L’économie n’est pas un gadget de l’Histoire.Son rôle est important et son impact sur la vie politique ne peut pas être négligé.Or l’Histoire a tendance à être instrumentalisée à des fins politiciennes ou idéologiques ce qui est évidemment inacceptable.Aujourd’hui l’inflation est rendue rétrospectivement responsable de l’avènement du nazisme-ce qui est tout simplement faux et stupide-car il convient de justifier les politiques économiques restrictives menées en Europe qui ont pour objectif de limiter l’inflation.Le recours à l’argument de l’inflation est donc strictement idéologique.La fameuse loi de 1973 a été justifiée officiellement par la volonté de limiter les risques d’inflation.Cette loi,ruineuse pour l’économie française,comme les dispositions européennes(interdisant à la BCE de prêter directement aux banques centrales nationales)ont été inspirées,en réalité,à la fois par le néolibéralisme(soumission de l’Etat à des intérêts privés)et la méconnaissance de l’Histoire.D’ailleurs la loi de 1973 a été inflationniste puisque l’inflation a parfois dépassé allègrement les 10% au cours de la deuxième moitié des années 1970 !Cette question de la dette révèle,au fond,de manifestes erreurs d’interprétation comme,à l’évidence,une redoutable incompétence en sciences économiques.Rappelons que la charge de la dette(les seuls intérêts de celle-ci c’est-à-dire hors capital remboursé)en France ce n’est pas moins de 50 milliards d’euros en 2012 versés à des intérêts privés(essentiellement des établissements bancaires ou de très riches financiers étrangers)soit un des premiers postes du budget national.Quant à la dépense publique,rendue à tort responsable de cette situation en France,elle a sensiblement baissé passant de 25,8% du PIB en 1993 à moins de 20% du PIB en 2008 !Achevons cette mise au point en rappelant que le Dr Diafoirus pratiquait une médecine dont l’efficacité n’a toujours pas été démontrée !

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