J’enrage!

J’enrage. Tout va de mieux en mieux. En Italie et en Grèce, des Gauleiters  bruxellois viennent de remplacer les élus du peuple sous les applaudissements frénétiques de tous ceux qui chez nous haïssent et la Démocratie et son pendant, la souveraineté Nationale. (Attali,  Minc, Duhamel etc.…).

Parallèlement les grondements des révolutions populaires  se font de plus en plus entendre tant ce coup d’Etat rampant et masqué perpétré par nos « ELITES » Bruxelloises exaspère les peuples.

Dans notre monde, la légitimité ne veut plus dire grand chose et pourtant, chez un homme comme de Gaulle, elle était indispensable à l’exercice du pouvoir.

D’où peut  venir cette fameuse légitimité?

  • Du fait que ceux qui ont le pouvoir commandent aux tanks Le scenario le plus commun historiquement, voir Syrie, Myanmar etc. Légitimité douteuse a tout le moins.
  • De la naissance et nous nous trouvons  dans des systèmes aristocratiques (Venise au Moyen Age)  ou Monarchique (France de l’Ancien Régime). Cette forme de légitimité n’est plus guère acceptée de nos jours, si ce n’est dans certains pays à la pointe du progrès du style Arabie Saoudite. Légitimité historique.
  • De la Religion . Dans ce cas, nous nous trouvons dans le cas d’une théocratie très en vogue en ce moment du coté de l’Iran et bientôt de la Tunisie et de la Lybie Légitimité en dehors de ce monde mais réelle pour les croyants.
  • De la compétence technique  de ceux qui exercent le pouvoir. Ce fut le cas de la défunte Union Soviétique ou les élites combinaient si bien la capacité technique sans pareil  des membres du parti au fait que ces mêmes membres étaient les seuls a même d’interpréter pour le menu peuple les textes sacrés tels que les évangiles selon Saint Marx. Cette légitimité la disparait  des que les résultats techniques deviennent décevants, ce qui nous amène soit a une Révolution cherchant une autre source de légitimité,  soit a la solution numéro un, les tanks dans la rue et les pelotons d’exécution ou l’exil pour ceux qui ne sont pas d’accord.
  • Du  Vote Libre exerce par une majorité .  c’est ce qu’il est convenu d’appeler la Démocratie, le pire de tous les régimes, si l’on exclut tous les autres comme le disait Churchill. La souveraineté appartient au peuple qui la délègue à ses Représentants ou mieux encore l’exerce directement au travers de referendums. C’est dans ce système que la plupart des pays d’Europe ont choisi de vivre. Depuis un certain nombre d’années cependant croit a l’intérieur même du système politique un cancer a évolution lente ou des métastases   profondément antidémocratiques et technocratiques se répandent sous le couvert du nécessaire « approfondissement »de l’unité Européenne. Ces métastases mettent  en question la nature même de nos systèmes et amènent a se poser une question et une seule : En Europe, sommes-nous toujours en Démocratie ou avons-nous déjà bascule vers la technocratie ? la réponse devient hélas de plus en plus évidente…

Ainsi nous venons de voir de jouer sous nos yeux l’un des plus beaux coups d’Etat contre la Démocratie que j’ai vu depuis l’invasion de Prague en 1968 : Deux premiers ministres, Papandreou et Berlusconi, parfaitement légaux ont  été débarqués sans autre forme de procès pour être remplacés par des personnalités Bruxelloises qui n’avaient jamais été élus a quoique ce soit auparavant, au seul prétexte qu’elles étaient compétentes et favorables a l’Europe non Démocratique.

Ce pronunciamiento ne s’est pas fait en envoyant des tanks, mais en menaçant de couper les crédits  à ceux qui vivaient dans le péché, paniquant de ce fait tous les fonctionnaires dont les prébendes dépendent de ces versements et les amenant a supporter ces coup d’Etat.

Sous jacent a ces coup d’état il y a deux PRE  SUPPOSES LOGIQUES qu’il faut être aveugles pour ne pas voir.

  1. Les élus du peuple sont incompétents. Ce qui est  parfaitement possible, mais la seule façon de s’en débarrasser en démocratie est de voter pour quelqu’un d’autre, lors d’élections tenus de façon légale
  2. Les technocrates sont compétents parce qu’ils ne sont pas sous la pression des élections. La foutaise ultime comme l’ont montré les exemples de Mussolini,  de Staline ou plus récemment de tous nos braves technocrates Français ou Italiens (Prodi, Trichet, Delors) qui nous ont créé cette merveille de la technocratie qu’est l’Euro, en train de faire capoter l’Europe. Et c’est  a ces gars la que l’on donne le pouvoir ?

C’est un peu comme si les alliés avaient confié le commandement du débarquement en Normandie à Gamelin, le General qui commandait les armées Françaises et Anglaises en 1940 et qui reçut la raclée que l’on sait. On imagine le moral des troupes en juin 1944 dans leurs péniches de débarquements…

La démocratie est en train d’être assassinée et tout le monde s’en fout.

J’enrage.

Et je ne suis pas le seul.

http://www.youtube.com/watch?v=nNXd0qbpln0

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A propos IDLibertés

L ‘Institut des Libertés est un think tank indépendant. Constitué sous la forme d’un fonds de dotation (loi du 4 août 2008), l’Institut des Libertés est enregistré auprès de la préfecture de Paris. Notre souhait aujourd’hui au travers de l’Institut des Libertés est de tenter de proposer des pistes de réflexions libérales, sur des sujets aussi vaste que l’Economie, la Finance, les Sciences , la Littérature ou la politique. Sans tenter de professer un catéchisme ni d’influer politiquement, L'institut des Libertés se propose comme une plateforme de parole alternative ou tout un chacun serait libre de venir contribuer institutdeslibertes@gmail.com. Redonner enfin au libéralisme son vrai visage; non pas celui d’une finance sans foi ni loi mais bien celui du siècle des lumières, profondément humaniste et fervent défenseur des libertés individuelles.
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107 commentaires pour J’enrage!

  1. . « Est-on au bord du gouffre ? », lui demande-t-on. La réponse fuse, toute brutale : « Oui ». Et plus tard : « A ce rythme-là, à Noël c’est plié » si on n’a pas trouvé de solution…
    Quant à la France ? Le problème de la France est « que la moitié est au-dessus de la Loire, la moitié en dessous, et on ne sait pas qui va gagner ! ». Sur le fond, « comment voulez-vous qu’un pays qui est en déficit depuis trente ans, ne sait pas quoi faire de son argent public sinon des ronds-points, soit crédible ? « . Et de poursuivre : « Notre pays est au pied du mur, mais ce sera difficile : nous avons une période libérale de 15 ans tous les deux siècles, il faudrait une nouvelle équipe Rueff-Armand « …
    http://blogs.lesechos.fr/dominique-seux/confidences-de-banquier-a7586.html
    Signé le banquier inconnu !

  2. CharlesM dit :

    Bonjour monsieur Gave,

    Vous nous aviez fait part d’une consultation d avocats qui confirmaient que les états remboursent en principe dans leur monnaie en vigueur à l’échéance. La même règle s’applique t’elle pour les obligations de Fiat ou de Siemens? Merci

  3. Gilles Hector dit :

    Cette nuit, j’ai fait un rêve merveilleux qui s’est fini en cauchemar atroce.

    Il commençait bien mon rêve : l’euroland venait d’exploser, le gouvernement et les 2 assemblées dans un sursaut de dignité décidaient de restaurer notre monnaie nationale reniant au passage le credo sur l’europe et le « ensemble nous serons plus forts ».
    Le paradis, quoi, nous allions enfin pouvoir nous attaquer à notre problème de compétitivité.
    Tout allait donc pour le mieux, je trouvais notre nouveau président Sarkhollande à moins que ce soit Hollandozy presque sincère et prêt à traiter les vrais problèmes.
    Et tout à coup, le rêve vire au cauchemar. Nos élus s’aperçoivent qu’en dévaluant notre monnaie, ils allaient pouvoir repousser à plus tard les sombres coupes dans le budget de l’état.
    Bref, nous étions ruinés avec toujours autant de fonctionnaires et de dépenses publiques.

    Rassurez moi, ils ne pourraient pas s’en sortir avec une dévaluation … ?

    • Homo-Orcus dit :

      Gilles,
      il faut oser pour associer « rêve » avec Sarkhollande ou encore pire, Hollandozy.
      c’est du cauchemar systématique.

      • Marc-Aurèle dit :

        « Le cauchemar est réel… »: Simone Wapler dans la chronique Agora annonce la réalité de la dette de la France (voir ci-dessous), je cite:

        « LA DETTE EST DEUX FOIS PLUS GRANDE QUE VOUS NE LE PENSEZ

        Même les medias grand public sont maintenant sensibilisés aux problèmes de la dette souveraine — ce que nous avons appelé la crise du crédit souverain subprime.

        Avec la crise qui secoue l’Europe, on trouve chaque jour une avalanche d’articles qui traitent des questions de dette / PIB (ou richesse nationale) et des déficits. Cependant, il reste aux medias beaucoup de chemin à parcourir pour bien prendre la dimension du problème et conclure à la faillite publique.

        La dette publique de la France selon les critères de Masstricht est aujourd’hui de 1 692,7 milliards d’euros. Selon mes estimations, basées sur des données publiques accessibles, elle a déjà atteint quasiment le DOUBLE de ce montant.

        En effet, ils sont peu à comprendre — et admirer — la créativité comptable de l’Etat, qui lui permet de cacher la taille réelle de la dette officielle. C’est ce que l’économiste Bernard Marois de HEC a surnommé « l’économie Shadok » : on bouche des trous pour en recreuser d’autres ailleurs.

        Encore une fois, j’ai fait des recherches fouillées pour comprendre ce qui est enfoui. Malgré tout, je ne prétends pas à l’exhaustivité. Dieu sait ce que l’on nous cache encore !

        De nombreux organismes ont été créés pour dégonfler les chiffres de la dette française. Autrement dit, au vu et yeux de tous, le gouvernement fait ce que les virtuoses de la finance appellent du hors bilan.

        Quelques exemples : selon un rapport d’information du Sénat sur la gestion de la dette de l’Etat dans le contexte européen, nos dirigeants oublient d’ajouter au bilan les dettes de 8,7 milliards d’euros de la SAAD (Service annexe d’amortissement de la dette, une structure fantôme créée pour la SNCF) ou bien encore les 27,8 milliards d’euros de la RFF (Réseau ferré de France, le gestionnaire des voies de la SNCF).

        On pourrait aussi mentionner le passif de 77 milliards de dollars de la SFEF — Société de financement de l’économie française, créée en 2008 pour financer le plan d’aide aux banques.

        Ajoutons à cela les quelque 21 milliards d’euros de dettes de la CADES (Caisse d’amortissement de la dette sociale), créée en 1996 pour la Sécu, en contrepartie d’un impôt spécifique, le CRDS. L’organisme était censé disparaître à l’écoulement de la dette de la Sécu — en janvier 2009, selon les prévisions. A l’heure où je vous écris, l’échéance est repoussée en 2021.

        Comme le souligne le magistrat Jean de Maillard pour Rue 89 en 2010, « hélas, on n’a cessé de lui redonner des dettes à recycler : 134,5 milliards depuis 1996, dont 27 milliards l’année dernière. Là-dessus, elle en a remboursé 41,5 milliards. Restent les 93 milliards, qui seraient bien embarrassants s’ils apparaissaient dans les comptes publics. […] C’est comme cela que son déficit n’apparaît pas dans la dette officielle. C’est simple, il suffisait d’y penser ».

        La CADES n’est pas seule à prendre en charge la dette de la Sécu. Il existe aussi l’ACOSS dont les besoins en trésorerie s’élevaient à 30 milliards d’euros en 2010. Il n’est bien sûr pas question de réunir ces deux organismes jumeaux. « La dernière loi de financement de la Sécurité sociale a trouvé la martingale », continue Jean de Maillard, « elle a autorisé l’ACOSS à émettre à son tour des billets de trésorerie pour un montant de 65 milliards d’euros, un niveau historique jamais atteint. […] Cela ne lui fera jamais que 91 milliards de déficit, qui s’ajoutent aux 93 milliards de la Cades ».

        N’oublions pas non plus l’endettement des hôpitaux à hauteur de 20 milliards d’euros selon la banque Dexia… l’emprunt de quatre milliards d’euros de 2010 pour financer les allocations chômage… ou l’annulation de la dette du Cameroun en 2009 de 1,2 milliard d’euros.

        On peut aussi se demander pourquoi la retraite des fonctionnaires n’est pas provisionnée. Certes « il ne s’agit pas d’une dette stricto sensu (il n’y a pas de bons du Trésor émis sur cette dépense) mais d’un engagement que l’Etat a envers ses agents et qu’il doit (comme toute entreprise) évaluer et provisionner », déclare Philippe Herlin dans son ouvrage France, la faillite ? »[Or], dans ses ‘Résultats et gestion budgétaire de l’Etat, exercice 2009’, la Cour des Comptes estime en mai 2010 les ‘engagements de retraite des fonctionnaires et des militaires’ à 60% du PIB, soit 1 200 milliards d’euros. Pour l’instant, Bruxelles n’a pas demandé à la France des les intégrer dans sa dette publique »…

        Maintenant que nous avons toutes ces données, refaisons les comptes… ou plutôt, voyons ce qui n’y figure PAS :

        8,7 milliards d’euros (SAAD)
        + 27,8 milliards d’euros (RFF)
        + 55 milliards d’euros (conversion des 77 milliards de dollars SFEF)
        + 93 milliards d’euros (CADES)
        + 91 milliards d’euros (ACOSS)
        + 20 milliards d’euros (hôpitaux)
        + 4 milliards d’euros (allocations chômage)
        + 1,2 milliard d’euros (dette du Cameroun)
        + 1 200 milliards d’euros (retraites fonctionnaires)

        = 1 500,7 milliards d’euros

        A cela s’ajoutent les montants des taux d’intérêts, l’accumulation de la dette et tout ce qui nous est encore dissimulé. On nous dit que la dette publique de la France est de 1 692,7 milliards d’euros. Selon les calculs ci-dessus, elle est quasiment double, soit plus de 3 193,4 milliards d’euros !

        VOYEZ-VOUS, LES FONCTIONNAIRES DEPENSENT D’UNE FACON TRES DIFFICILE A CONTROLER… OU MEME A COMPRENDRE

        Je ne suis pas la seule à dénoncer cet état de fait. C’est ce que souligne le rapport Pébereau : « l’augmentation de la dette ne résulte pas d’un effort spécifique pour la croissance mais, pour l’essentiel, d’une gestion peu rigoureuse ».

        Dans un article du Monde, daté du 27 avril 2010, Denis Dessus, vice-président de l’ordre des architectes, dénonce ces manoeuvres grossières de nos politiques pour nous cacher l’ampleur du désastre. Selon lui, « ces Etats se conduisent comme des ménages surendettés qui trichent sur leurs déclarations pour continuer à emprunter ».

        Que lui fait dire cela ? Les PPP, les Partenariats Public Privé, soutenus par le cadre de plan de relance en 2010. Ces contrats de partenariat représentent en fait un stratagème pour masquer de la dette publique. En effectuant « des versements plutôt qu’un emprunt pour l’Etat, l’avantage est évident : sa dette n’augmente pas », dénonce Philippe Herlin dans France, la faillite ? « L’Etat cautionne ainsi le financement du groupement privé, fabriquant un étonnant produit financier ‘pourri’ au bénéfice des majors, dont tout le coût et les risques sont portés in fine par les contribuables ! »

        Dès 2008, Philippe Séguin, alors Premier président de la Cour des Comptes, expliquait que « les PPP visent en fait surtout à faire face à l’insuffisance de crédits immédiatement disponibles et engendrent des surcoûts très importants pour l’Etat ».

        De la même façon, Philippe Herlin mentionne les manipulations sur les ODAC (Organismes divers d’administration centrale). « Une entreprise publique est formellement un ODAC si l’Etat représente plus de 50% de ses ressources, ce qui incite l’Etat à rester sous ce seuil (quitte à ce que l’entreprise s’endette encore plus pour boucler son budget) pour ne pas avoir à comptabiliser sa dette dans la sienne ».

        Autrement dit, l’Etat est le premier à nous dissimuler les chiffres. A partir de là, on peut commencer à douter de sa crédibilité lorsqu’il annonce ne jamais pouvoir faire faillite ».

      • Homo-Orcus dit :

        @Marc-Aurèle
        super article – Il est vrai que si on marie Charles et Simone, nous avons de bonnes infos.

  4. pat-mail dit :

    Ich habe eine frage, pardon, j’ai une question :
    Que se passerait-il si les Allemands s’obstinent et que la BCE ne rachete pas nos AOTs ni celles des italiens ?
    Aurions nous un méga-krack pour noël ?
    Passerions nous la St Valentin à poil ?

    ………………….
    Instead Of Relenting To Demands To Let ECB Print, Germany Is Preparing To Kick Countries Out Of Eurozone
    It’s official – Germany has become just like China (or, rather, has always been like it): the more it is pushed to do something (let ECB print), the more it will do the opposite
    http://www.zerohedge.com/news/instead-relenting-demands-let-ecb-print-germany-preparing-kick-countries-out-eurozone
    J’ai une idée : que Niko dise à Angelle qu’elle a totalement raison et qu’elle ne doit surtout pas monaitiser !

    …………………….
    « Confidences de banquier
    « Est-on au bord du gouffre ? » « Oui »… et à ce rythme-là, à Noël c’est plié » si on n’a pas trouvé de solution… Ainsi s’est exprimé cette semaine un grand banquier français devant un public restreint. »
    http://blogs.lesechos.fr/dominique-seux/confidences-de-banquier-a7586.html

  5. Pierre LAGIER dit :

    Afin de camoufler le plus longtemps possible l’horreur de la situation le gouvernement fait une rétention généralisée de ses chiffres les plus catastrophiques, même et surtout quand ils sont parfaitement établis et forcément bien connus de certains fonctionnaires, lesquels ne doivent la pérennité de leur emploi qu’à l’omerta absolue qu’ils sont dressés à pratiquer.
    Le plus étonnant est qu’aucun pouvoir médiatique ne voie le moindre intérêt à se lancer dans une campagne de transparence et d’exigence de la divulgation de tous les chiffres. Il y a donc à la fois hold-up flagrant sur l’appareil de l’Etat et complicité évidente de hold-up. La plus grosse victime est le seul français multi-milliardaire aux poches ultra-profondes, celui qui a pu démontrer sa capacité à lever le capital astronomique de 3 trillions d’Euros: le contribuable. Voici ce qu’en dit l’iFRAP.
    Agnès Verdier-Molinié, directrice de l’iFRAP, est intervenue lors des 2èmes Assises de l’évaluation des politiques publiques. Le thème général de ces Assises était : « Quelle politique pour les données publiques ? » La Fondation iFRAP a dressé la liste (non exhaustive) de toutes ces données qui devraient être publiques mais ne sont, en réalité, jamais publiées.
    La France a besoin d’une politique d’Open Government, c’est-à-dire une politique de gouvernement ouvert qui communique spontanément ses données publiques. L’Open Data doit devenir un des fondements de notre démocratie d’autant plus que les données publiques appartiennent à la société civile avant d’être la propriété d’une administration. La gratuité doit être la règle pour la réutilisation des données publiques.
    D’après notre classement international « Open Government et Open Data », la France se place 21ème des pays de l’OCDE en 2011. En effet, malgré les efforts du gouvernement de François Fillon et la mise en place de la mission Etalab, la France ne s’est pas encore dotée d’une législation véritablement contraignante pour inciter les entités publiques à diffuser les données publiques, notamment en ne réformant pas la loi de 1978 qui exclut de la publication un grand nombre de données.
    Liste des données essentielles et abusivement non publiées, dont la Fondation iFRAP a besoin pour mener ses études :
    État et pouvoir central
    Le nombre de personnels par ambassade
    Les salaires des hauts-fonctionnaires
    Le nombre de personnels mis à disposition par les ministères
    Les détenteurs de la dette française (70% étrangers)
    Le taux d’absentéisme des enseignants et des autres fonctionnaires
    Les rapports d’activité des préfectures (il n’y en a pas pour le moment)
    Le coût de la CMU de base
    Le montant de l’argent du paritarisme qui va chaque année aux syndicats
    Le résultat des élèves français aux évaluations nationales, établissement par établissement, afin de permettre aux parents de choisir l’école la plus performante pour leurs enfants
    Le nombre de jours de grève chaque année dans les trois fonctions publiques
    Le traitement de chacun des ministres, primes et indemnités incluses
    Le nombre de m² détenus par l’État, les administrations
    La levée partielle sur le secret des délibérations du Conseil des ministres (cf. Estonie) et la libération des archives
    Nous voudrions aussi avoir accès aux archives des données publiques, et ne pas découvrir un beau matin qu’elles ont disparu du site Internet du Ministère, comme cela a été le cas depuis cet été pour les Repères et références statistiques de l’Éducation nationale
    Données concernant les niches fiscales et sociales publiques par administration, régie, entreprise publique, coopérative : par exemple : exonérations de taxe professionnelle, de taxe foncière, de redevance d’occupation du domaine public…
    Les montants rétrocédés aux administrations, en contrepartie de leurs efforts : vente, non remplacement des fonctionnaires, achats publics, …
    Collectivités territoriales
    Les subventions des collectivités territoriales pour différentes associations, et les noms de ces associations (ainsi que la surface et le montant de la valorisation des locaux mis à disposition à titre gratuit et des personnels dédiés)
    Le patrimoine des élus, avant et après leur élection
    Les comptes des communes françaises, qu’elles soient petites ou grandes
    Le nombre de m² détenus par les collectivités locales, et ne pas devoir attendre de lire dans la presse que tel département vend un château ou une station de ski
    Les efforts des collectivités dans le champ de l’économie solidaire et sociale (allocations, prestations sociales complémentaires prises en charge, réinsertion etc.)
    Les statistiques locales de la criminalité (zonage)
    Parlement
    Le taux de présence des députés et sénateurs dans l’hémicycle
    Les rapports d’audit de la Cour sur les Assemblées parlementaires. Le pouvoir exécutif est plus transparent en France que le pouvoir législatif !
    Les règlements intérieurs de l’Assemblée nationale et du Sénat (on ne dispose que des règlements). Or ce sont ceux qui portent sur l’organisation des services, la rémunération des fonctionnaires, leur vitesse d’avancement, et leurs conditions de retraite
    Le vote nominatif des parlementaires, y compris aux votes qui ne sont pas publics (propositions de lois, amendements,…)
    Administrations diverses et opérateurs, entreprises publiques
    Les Crous et Cnous : quels sont les personnels qui y travaillent, sous quel statut, avec combien de subventions
    Les rapports d’activité complets des entreprises et des administrations publiques, sans coupure, et surtout sans censure
    Le taux d’infections nosocomiales dans les hôpitaux, par hôpital
    Les archives des notes d’exécution budgétaire de la Cour des comptes, mais aussi les notes de la Cour sur la Française des jeux ou encore la Caisse des dépôts
    Les observations des commissaires du gouvernement et de leurs homologues au Conseil d’État et à la Cour de Cassation, restent considérées comme des documents privés qui appartiennent à leur auteur, qui peuvent cependant les publier dans des revues spécialisées, contre rémunération bien sûr. Or cela permet de connaître le raisonnement juridique qui crée une jurisprudence !
    Sur Légifrance, il faudrait qu’il y ait un recoupement systématique entre les articles de lois et la jurisprudence. C’est la DILA (Direction de l’Information législative et administrative) ainsi que le Conseil d’État qui refusent, alors que l’accès au Droit est un droit fondamental du citoyen français.
    Données précises sur l’utilisation des logements publics (type HLM, logements loyers libres, logements possédés par des administrions ou des entreprises publiques ou des organismes sociaux) : nombre par commune, par décile de revenu, montant des loyers hors charges, montant de l’APL, taille des ménages et taille du logement, durée d’occupation, écarts avec les loyers du privé )
    Rapports d’exécution budgétaire des opérateurs de l’ État
    • Et aussi un effort sur le mode de publication des données publiques : éviter les pdf au format image, dans lesquels il est difficile de faire des recherches par mot-clé. Et pour tout ce qui comporte des tableaux, notamment budgétaires, pourquoi ne pas joindre des tableurs Excel, plus faciles à exploiter qu’un pdf ?
    Conclusion
    La publication de certaines de ces données de l’État pourrait, selon nos informations, être effective lors de la mise en ligne du site http://www.data.gouv.fr en décembre 2011. Mais l’open data ne doit pas s’arrêter aux données centrales, les données des collectivités, des HLM, de la Sécurité sociale et des hôpitaux doivent être rendues publiques, il en va de la vérité des débats publics. Un pas dans cette direction semble avoir été franchi avec la proposition faite par la ministre de l’Ecologie et des transports, Nathalie Kosciusko-Morizet concernant la mise en place d’une transparence des données publiques au niveau local [1]. Souhaitons que cela soit un pas décisif vers la mise en place d’une vraie politique d’Open Data et d’Open Government en France.

    [1] Présentation d’ADN, club de réflexion de Nathalie Kosciusko-Morizet le 17 novembre 2011, avec proposition d’un « antidote numérique » de transparence relatif à la gestion des collectivités locales.

    • Pascale dit :

      Ces données ne sont jamais publiées mais le Français lambda y aurait-il accès s’il le désirait et le demandait ?

  6. vivelafrance dit :

    C’est un très bon orateur, d’ailleurs cette citation est parfaitement appropriée:
    « on peut dire d’un orateur qu’il joint la force de raisonnement à l’energie des expressions ».
    C’est assez jouissif de suivre toutes ses interventions!!!! On ne s’en lasse jamais, en plus il a beaucoup d’humour.

    • Pareto dit :

      C’est le seul qui m’a donné envie de visionner quelques débats des parlementaires.

      Il y a cette vidéo de Vladimir Bukovsky membre du même parti que Farage :

      On en prend bien le chemin…

      Pour les interventions de Farage, elles sont regroupées là :
      http://www.youtube.com/europarl

      Quand je vois Cohn-Bendit, Joseph DAUL dénigrer les interventions de Farage, s’esclaffant en ne le prenant pas au sérieux, j’ai vraiment honte de nos parlementaires français.

  7. goufio dit :

    Merci d’enrager et non pas de vous indigner.

    Depuis quelques années avec mes clients chefs d’entreprises et autres travailleurs, nous enrageons de cette prise d’otage de la démocratie, de l’opinion publique et des dérives gigantesques en matière de finances publiques et maintenant d’un placement des « dirigeants qui vont bien » après avoir renié l’opinion des peuples hollandais, irlandais et français, avisés d’avoir votés non à la Constition européenne? Qu’elle est cette europe qui va ressembler à celle décrite par Nigel Farage.
    Nous avons décidés entere nous du bulletin de vote suivant

    QU’ILS S’EN AILLENT TOUS
    MELENCHON COMPRIS

    Le Conseil constitutionnel conserve tous les bulletins exprimés même ceux avec des dessins très peu « politiquement correct »
    Il me semble que lors des dépouillements si un nombre important de votes de même nature étaient comptabilisés il pourrait y avoir un schisme politique bien venu.
    C’est un moyen pacifique de remrpendre la main sur cette gabegie

    qu’en pensez-vous?

    • Gilles Hector dit :

      Moi qui vais voter blanc, j’aime bien l’idée du bulletin blanc porteur d’un message commun.
      Mais pourquoi Melechon compris ? Joly aussi ? Les anti-démocrates sont nombreux dans cce pays

  8. aviseurinternational dit :

    Attention : http://aviseurinternational.wordpress.com/2011/11/17/la-une-de-keg-des-unes-du-17112011-a-j-171-av-sarkozy-la-censure-rapprochee/

    C’est ce qui attend celui qui oublie ses « Laudes ».

    Cordialement

    Aviseur

  9. Dans le sens de cet article http://stephanemontabert.blog.24heures.ch/archive/2011/11/19/europe-dure-sera-la-chute.html
    via Frank Boizard, merci Frank.
    « Ils réagissent tous comme s’ils n’avaient pas conscience du danger. La plupart regardent bêtement vers un avenir qui n’existe pour aucun d’entre eux. »

  10. barthet dit :

    Cher monsieur,
    pourriez vous nous faire partager votre avis sur le formidable livre de jjc michea.
    Merci et croyez en ma plus admiration.

  11. lg dit :

    en lien, pardon !

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